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 Stop crying, mia bella, it won't lead to anything {Ella // Cath'}

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MessageSujet: Stop crying, mia bella, it won't lead to anything {Ella // Cath'}   Mer 17 Mar - 3:17

Pleure : les larmes sont les pétales du coeur
Paul Eluard


Cath'

Ellanna



    Les yeux pleins de larmes et les joues rougies sous le coup de l’émotion, le coeur battant au rythme de sa colère, Ellanna sortit du bâtiment de Lettres et Philosophie de l’Université la Sapienza en claquant la porte violemment. Elle bouscula sans ménagement un jeune étudiant allemand rêveur de son cours de littérature de la Renaissance, qui avait le malheur de se trouver sur son chemin. La jeune femme ne prit pas la peine de s’excuser et reprit son chemin en trombe. Ses cheveux bruns voletant dans le vent et les yeux rivés au sol, elle n’avait qu’une envie: prendre un taxi et rentrer chez elle sans tarder. Malheureusement pour elle, Ellanna ne pouvait se permettre d’oublier que le train de vie qu’elle menait - achat de livres presque illimité, consommation de CDs et de petits goûters pris dans une trattoria peu négligeable, sans compter les commandes répétitives chez le Grec de la rue (son péché mignon, elle adorait ça) et l’abonnement au vidéoclub - rendait impossible la dépense de 10 euros pour dix minutes de voiture (à Rome, ce sont les kilomètres qui comptent, mais aussi le temps passé dans les embouteillages du soir, interminables). Idiot, quand on sait qu’en vingt minutes à pied elle serait chez elle, dans son petit appart minuscule mais chaleureux.

    Ella s’en voulait d’être aussi influençable par une simple réprimande. Mais c’était plus fort qu’elle: un prof qui haussait la voix, et elle se sentait retomber en enfance, quand son père la grondait d’une voix tonitruante et lui assénait la fessée tant redoutée. Elle avait cru qu’avec l’université, ce serait fini, tout ce cirque. Apparemment oui, pour tout le monde, sauf pour elle. Pour M. Pennaccino, son professeur de littérature anglo-saxonne, il n’avait pas à se mêler du travail de ses élèves, mais dans son cas, il se sentait obligé d’intervenir.

    «Vous êtes une excellente élève, Ellanna, avait-il cru bon de rappeler quand il l’avait interceptée. J’ai une haute estime de vous. Au premier trimestre, vous étiez sérieuse, brillante, appliquée. Je suis persuadé que vous ferez ce que vous voulez faire. C’est pourquoi je me sens obligé de vous faire part de mon inquiétude. Vous n’avez rien dit dans mon cours depuis trois semaines, et la raison en est évidente: vous ne savez pas de quoi nous parlons. Vous n’avez pas l’air d’avoir lu l’analyse de l’Utopie de More que je vous avais indiqué. Vous n’avez pas non plus le minimum de références nécessaires dans votre dernier papier. Je dois vous mentionner un relâchement certain au niveau du travail. Reprenez vous, sinon vous ne passerez pas l’année

    Ellanna Mariani avait beaucoup de mal à encaisser un critique - même justifiée comme celle-ci. Colère et tristesse l’accablaient toujours et pour le moment, elle ne voulait que pleurer.

    Mardi soir... Cath rentrerait tard - c’était soirée 4 euros le film au cinéma de l’Esquilin.
    Ne sachant pas si elle devait se réjouir ou non de disposer de quelques heures seule devant elle, Ella sécha la larme qui perlait au coin de son oeil et s’engagea dans la Via Regina Elena à toute vitesse.
    «Trottoir usé par les regards baissés», disait Bruel ( :) ). Ella ne pouvait manquer de remarquer à quel point c’était vrai. Par rapport à beaucoup d’autres grandes villes, Roma la Grande était peut-être une de celles où on croisait le plus de gens encore très souriants - ouverts, chaleureux, optimistes, flâneurs....Mais Ellanna constatait que, comme dans beaucoup de villes, la grisaille s’emparait de plus en plus des gens ici. Elle rencontrait de moins en moins de mammas italianas adorables, de jeunes couples, ou même tout simplement de gens de tous âges et tous genres qui avaient l’air perpétuellement émerveillés par la ville et tout ce qu’elle recelait. Ella faisait partie de ces gens-là, et le fait de voir tout le monde les yeux fixés par terre, maugréant au téléphone ou avec une tête de suicidaires, l’exaspérait au plus au point. Elle était du type à claironner «Bonjour, Monsieur, Bonjouuuuur!» à quelqu’un qui ne la regardait même pas, pour lui afficher à lui aussi un sourire sur la figure.
    Mais pas aujourd'hui, pas aujourd’hui. Aujourd’hui elle n’en avait pas le coeur. Qu’ils soient mornes, de toute façon, elle était plus morne qu’eux.

    Via del Verano, elle tourna ostensiblement le dos en apercevant, attablés à la table d’un café, une bande de jeunes qu’elle connaissait bien. Elle ne voulait pas leur parler.
    Pour la première fois de l’année, elle n’eut aucun pincement de fierté en bifurquant dans le Vicolo del Verano - normalement, le fait d’habiter Impasse du Printemps ne laissait pas indifférente la romantique qu’elle était.

    Tournant les clés dans la serrure, elle sentit l’accablement la gagner.
    Deux heures plus tard, quand cette même porte se rouvrit, Cath eut devant ses yeux le spectacle d’Ellanna sanglotant au milieu d’une montagne de mouchoirs détrempés, de trois paquets de cookies finis et d’une bouteille de vodka déjà bien entamée.



(c) Collapsing Night
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MessageSujet: Re: Stop crying, mia bella, it won't lead to anything {Ella // Cath'}   Mer 12 Mai - 20:59

    [Vraiment, encore désolée pour le retard, j'espère ne pas trop t'avoir fait attendre ]

    Une journée de plus s’achevait. Ce n’était qu’alors que j’ouvris les deux portes en verres du cinéma de mes deux mains, et que je sentis l’air frais s’engouffrer dans mes poumons, que je pris conscience à quel point la journée avait pu être longue. Pour commencer, la sonnerie de mon téléphone m’avait réveillée beaucoup plus tôt que prévu : je n’avais pas prêté attention au jour que l’on était, et avait continué à dormir comme tous les jours (j’avais pris mes cours de façon à ne pas avoir à me lever avant huit heures), et ce n’était qu’au bout de la cinquième ou sixième sonnerie, après plus de dix minutes à continuer de croire que ce fichu appareil cesserait ce vacarme épouvantable, que je m’étais rendue compte que ce n’était pas mon réveil que j’avais oublié d’éteindre qui résonnait dans la petite chambre, mais bien l’appel d’une de mes amies de fac, à qui j’avais promis de l’aider à choisir de nouveaux vêtements. Evidemment (parce que c’était devenue une habitude), j’étais arrivée bien après l’heure que nous nous étions fixées, à pas de course et avec un pauvre biscuit dans l’estomac), et nous avions arpentées toutes les rues de Rome contenant quelques boutiques à la recherche de nouvelles merveilles. Après un déjeuner dans le fast-food du coin, nous avions rapidement filées à la fac pour nos cours de l’après-midi, et comme si ce n’était pas suffisant, j’avais promis à l’une de mes collègues de travail de la remplacer le soir au cinéma, une urgence-bébé m’avait-elle prétextée. Chose que je n’avais pas pu refuser, même si pour cela je devais sacrifier ma soirée « détente pour quatre euros », à passer la soirée au cinéma comme je le faisais pratiquement chaque mardi. Même si le lieu restait le même, la soirée s’annonçait beaucoup moins amusante. Je n’avais eu qu’une ou deux heures de libre avant mon service, que j’avais réservé pour étudier dans le café près de la fac où j’adorais passer la plupart de mon temps (avec la constante compagnie d’un milk-shake fraise vanille), avant de filer au boulot. Même après être restée devant la caisse pour attendre les retardataires, j’avais pu voir un morceau du film, un classique que j’adorais et que je regrettai de ne pas avoir pu le regarder entièrement. I mostri, un film des années 60, typiquement italien, dont on annonçait la date où il serait diffusé dans tout Rome depuis plus d’une semaine. Evidemment, la foule m’avait semblée interminable, ce qui avait eu le don de me rendre folle.

    Pourtant, je savais bien qu’à vingt ans on n’avait pas le droit de se sentir fatigué. Mais je ne pouvais pas m’en empêcher, j’étais littéralement exténuée. Comme me le répétait souvent ma grand-mère, « ma petite, tu auras tout le temps de te reposer une fois dans la tombe. Arrête de te plaindre, mia bella, et viens danser avec ta nonna ! » Dieu, ce que je pouvais adorer cette femme. Je ne connaissais pas plus énergique, plus boute-en-train que ma grand-mère. Pendant longtemps elle avait été mon seul modèle, et bien qu’aujourd’hui elle ne soit plus parmi nous, je crois que j’aurai toujours cette image d’elle, pétillante et rayonnante de bonheur. Et d’habitude, c’est toujours cette phrase qui me remontait le moral, mais aujourd’hui, elle semblait différente. Un peu comme si elle perdait tout son sens. Je n’étais pas seulement fatiguée de ma journée, j’étais également fatiguée des derniers évènements, et je m’horrifiai de constater à quel point cela ne me ressemblait pas. Ce n’était qu’après m’être assurée que le cinéma était fermée, que toutes les lumières étaient éteintes et qu’il ne restait personne dans le bâtiment que je sortis et marchais jusqu’à l’arrêt de bus le plus proche. Et oui, un des nombreux avantages de vivre en ville (qui plus est, une grande ville), c’était qu’on pouvait trouver des transports en communs à peu près n’importe où et n’importe quand. Et contrairement à ce que l’on pouvait croire, même tard le soir, les bus étaient pleins à craquer.

    Quelques vingt minutes plus tard, j’arpentais les escaliers de la résidence dans laquelle je vivais (un autre avantage, en plus de se trouver à quelques mètres de l’arrêt de bus, elle était juste en face du campus) en dormant à moitié, ne rêvant plus que d’une bonne douche chaude et un lit bien confortable. Mon Dieu, était-ce la vieillesse ? La Cath’ que nous connaissions ne se hâtait jamais d’aller au lit de si bonne heure ! Celle dont nous avions l’habitude allumait le poste radio, augmentait le volume au maximum, ouvrait les fenêtres et chantait d’une voix extrêmement fausse aux quelques rares passants nocturnes ses airs de chansons préférées. En soupirant, j’ouvris la porte et fus bien surprise de trouver mon appartement sans dessus-dessous, des boîtes de gâteaux et de mouchoirs vides plein la table, et aussi… Non, serait-ce une bouteille de vodka ? Pratiquement vide, qui plus est ?

    « Wow… Appartement Mariani/Metcalfe, c’est pourtant bien ici, non ? » lançais-je, un léger sourire au lèvre tout en pensant qu’Ellanna n’était pas du tout du genre à foutre un bordel monstre, à vider à la fois mouchoirs, cookies et vodka. Pas de réponse. Oh, mais attendez ! Quelque chose clochait. Oui, c’était forcément, ça. Quelque chose n’allait pas. Je refermais la porte, jetant au passage les clefs sur un meuble proche, me fichant bien du désordre qui régnait dans la globalité de la pièce, auquel je contribuais par ce simple geste. « Hé, Ellanna, est-ce que tout va bien ? » Encore une fois, pas de réponse. Je me tournais alors face à la pièce, afin de m’avancer vers la silhouette de la jeune femme qui me tournait le dos. Ce n’est que lorsque je la découvris, la tête entre les mains, les joues trempées, et qui plus est à moitié soûle, que je me sentis plus idiote que jamais. Sans réfléchir je me jetais sur la place vacante du sofa, jetant au sol mon sac auparavant, pris la brunette dans mes bras avant de venir blottir sa tête sous mon menton, alors que mes bras enserrait son corps dans une étreinte tandis que j’essayais de la calmer. « Ella’… Tu es soûle ? Que se passe-t-il ? »
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MessageSujet: Re: Stop crying, mia bella, it won't lead to anything {Ella // Cath'}   Sam 5 Juin - 4:39

Maaaais non! Regarde, moi aussi j'ai tardé de toute façon... :Boum:

    La contemplation d’un fond de bouteille de vodka peut s’avérer fascinante. Fascinante par défaut d’abord, parce qu’Ellanna n’avait rien de mieux à faire, sinon de s’apitoyer sur son propre sort. Regarder les volutes qui se forment dans le liquide viscéralement fort, presque toxique pour l’organisme à cause de ce manque de goût immonde qui rend son ingestion semblable à une désinfection de tout le système digestif - elle pouvait le sentir passer, oesophage estomac intestin, liquéfier tout ce qui se trouvait sur son passage avec des picotements désagréables. Bref, aucun plaisir, aucun goût, aucune saveur, rien que ce mélange entre acidité et amertume, rien que cette cette capacité étonnante à mettre rapidement dans un état d’ébriété second. Parfait pour les soirées de dépression solitaire.
    Solitaires... vraiment? Le bruit si caractéristique des bruits de talons hauts clinquant sur les escaliers - rien qu’à la démarche chancelante, Ella sentait que Cath était crevée, elle aussi -, puis l’arrêt devant la porte, le sac posé par terre, la jeune femme qui s’agenouille pour farfouiller devant, extirper un trousseau de clés avachi par le temps, avec des breloques qui s'amoncellent (oh, tiens, un porte-clés Mickey, et un coeur, et un signe d’anarchie. Yeaaah.), l’hésitation - c’est quelle clé déjà? -, puis la serrure qui cliquète. Le grincement de la porte sur ses gonds, si fort à cause de l’état du mobilier dans leur petit appartement d’étudiantes, qui retentit dans la tête éméchée d’Ellanna. Sa coloc’ était là.
    Et les pensées affluèrent dans le cerveau d’Ellanna. Il lui semblait qu’elles se succédaient à une vitesse surhumaine, sans qu’elle puisse avoir une seule seconde pour réfléchir vraiment, comme quand un sursaut d’adrénaline vous secoue. Mais vu son état et la lenteur de chacun de ses actes - bouger un orteil lui prenait une bonne minute, minimum - elle n’alignait sûrement pas ses réflexions plus vite qu’un escargot qui va à l’aéroport. Les pensées, donc, l’envahirent. Elle ne voulait pas que Cath’ la voie dans cet état. Pourquoi, déjà? Y avait-il d’autre vodka ou cette bouteille était la dernière? Ah, oui, le discours du prof. Comment s’appelait-il, cet élève qu’elle avait bousculé ? Comment Cath’ réagirait-elle dans très exactement... deux secondes?
    Ella’ attendit. Puisque l’orage, ou bien les tentatives de consolation qu’elle ne voulait pas subir (ou qu’elle ne pensait pas vouloir subir), surgiraient dans très peu de temps, elle se laissa faire, passive. Sans savoir pourquoi, elle pensa au paradoxe de Zénon, qui l’avait profondément marquée quand elle l’avait étudié, en classe de quatrième. Très simple et pourtant très complexe: selon ce paradoxe, quand quelqu’un ou quelque chose doit parcourir une distance d’un point A à un point B, il ne peut y arriver sans parcourir d’abord la moitié de cette distance - jusqu’au point C. Il ne peut arriver de C à B qu’en effectuant d’abord la moitié de ce trajet - jusqu’à D. Pour aller de D à B, il faut encore une fois qu’il parcoure la moitié du trajet - jusqu’à F, et ainsi de suite, indéfiniment. Pour finir, aussi courte que puisse être la distance de A à B, elle est infranchissable.
    Cela s’appliquait aussi pour les durées; pensait Ellanna. Deux secondes avant que Cath ne lui tombe dessus, mais avant cela une seconde devait s’écouler. Puis trente secondes. Puis quinze. Puis sept virgule cinq. Éternellement. C’était simple: Cath ne lui parlerait jamais. Sur ce, aussi vite que son cerveau était rentré en ébullition, Ellanna perdit conscience du temps, s’endormit à moitié, tout cela durant les quelques secondes qui la séparaient du moment où Cath interviendrait.
    Elle émergea moins d’une minute plus tard, pour découvrir sa coloc’ se penchant sur elle pour la prendre dans ses bras. Vaguement consciente du fait que Cath lui avait dit quelque chose mais incapable de se souvenir de quoi il s’agissait, Ellanna répondit à l’étreinte de son amie, instinctivement.
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