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 even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.

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MessageSujet: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Lun 5 Avr - 21:48


    © credits to livejournal, gotfame@livejournal & rag doll @ bazzart.

    The naked truth is always better than the best dressed lie
      Ann Landers



    Les marches de l’escalier disparaissaient sous ses ballerines noires. Elle fuyait un ennemi invisible, sa vie toute entière qui la poursuivait, et n’allait pas tarder à la rattraper. La pluie commençait à tomber, s’écoulant sur ses vêtements et sur sa peau douce, la glaçant jusqu’aux os, et redoublant de violence à chaque seconde. Elle ne pouvait pas s’abriter, la route était désespérément déserte, rien aux alentours, ni personne pour lui venir en aide. Une main se posa sur son épaule nue, une main glacée, un visage sombre recouvert d’une capuche obstrua sa vision quelques secondes. Un hurlement s’échappa d’entre ses lèvres, tandis que la main continuait à la secouer brutalement, comme si elle voulait lui arracher l’épaule. Ses yeux s’ouvrirent alors, sa bouche asséchée resta bée quelques secondes, tandis que ses pupilles claires regardaient autour d’elle d’un air choquée. Merde. Il était 18 heures 52, 120 paires d’yeux la fixaient, un sourire au coin des lèvres, d’autres compatissants, plus une paire d’yeux qui la fusillaient du regard. Il était 18 heures 52, en direct de l’un des nombreux amphithéâtres de l’université, et Romy Milazzo s’était endormie en plein cours. Remarque, elle avait une bonne excuse, la nuit dernière avait été plutôt mouvementée au boulot, et elle ne s’était pas couchée avant… eh bien, elle ne s’était pas couchée du tout, car, à l’instant où sa tête était entrée en contact avec le douillet oreiller de sa chambre, les chiffres digitaux de son réveil lui avaient signalé, moqueurs, qu’il était 7 heures, que son premier cours était une heure plus tard ; et, vu le temps qu’elle mettait à se préparer, elle ne pouvait pas se payer le luxe d’une seconde de sommeil.

    Difficilement, la jeune femme ravala sa salive et essaya de se re-concentrer, ignorant les regards toujours fixés sur elle. Mais le professeur ne semblait pas motivé à continuer, en même temps qui le serait en voyant qu’il réussit à endormir les personnes auxquelles il parle ? Bref, c’est donc sur une remarque acide du professeur que le cours s’acheva, et les élèves se bousculèrent pour gagner la sorte, comme toujours. Romy chercha ses affaires, d’ordinaire éparpillées sur la table, afin de les ranger, mais constata qu’elles n’étaient même pas sorties. Pas étonnant que ce prof la déteste. Peut lui importait, il ne savait pas quelles étaient les raisons pour lesquelles ses yeux étaient si lourds de sommeil, ni les horribles cauchemars qui la hantaient. Il ne savait rien de sa vie, peut-être que si elle lui faisait un exposé sur ce bordel qu’était sa vie, il la comprendrait.

    La fumée pénétra dans ses poumons, et, comme d’habitude, elle s’étouffa à moitié avec la première bouffée. Elle se détestait, elle avait une sainte horreur de ce truc qu’elle portait à sa bouche toute les deux secondes pour ensuite laisser s’échapper une trainée de fumée de sa bouche, s’évanouissant dans celle des autres fumeurs du campus. Jamais elle n’avait fumé de sa vie, du moins avant quelques jours. Un gars qu’elle connaissait à peine lui avait proposé une cigarette, et, alors qu’elle s’apprêtait à dire qu’elle ne fumait pas, les mots avaient buté contre la barrière de ses lèvres, et elle s’était contenté d’acquiescer. Pourquoi pas, après tout ? Elle avait la bouche pâteuse, les doigts qui puaient, et une drôle de sensation dans tout son corps, mais au moins, elle avait l’impression d’arriver à moins penser. Exactement ce qu’il lui fallait en ce moment précis.
    Une goutte tomba sur sa joue, s’écoula lentement, comme une larme qui venait de jaillir de son œil rougit. La pluie arrivait, comme dans son rêve. Le cœur battant, elle quitta le ‘squat des fumeurs’, écrasant sa cigarette sous sa ballerine, et partit en courant, la capuche sur les oreilles, telle une junkie de première catégorie. Comment la voir autrement, cette blonde, légère fumeuse depuis quelques temps, les yeux rougis par les pleurs et l’exténuation de ses longues nuits de travail et d’études, mais également par cette putain de vie qui n’en finissait pas de l’entrainer dans un tourbillon de conneries ? Son sac battant contre ses côtes, elle aperçut enfin, parmi la foule environnante, les lumières rassurantes du centre commercial. Nous étions vendredi soir, et le centre était ouvert jusqu’aux environs de minuit ; de plus, c’était la soirée la plus chargée au bar, d’ordinaire. Fort heureusement, après avoir prié longtemps son patron, la jeune femme avait réussi à avoir sa soirée. Un peu de repos, l’heure d’acheter un kilo de Ben&Jerry’s et de les engloutir devant un film d’amour bien niais.

    Se frayant un chemin parmi la foule de fumeurs stagnant devant le centre commercial, elle parvint à entrer. Les lumières étaient éblouissantes, après l’atmosphère sombre et humide de l’extérieur, et cela faisait vraiment du bien. S’étendant sur plusieurs étages, les nombreux clients avaient la possibilité de monter par les escaliers, escalators, ou ascenseurs. Romy opta pour ce dernier choix en apercevant l’ascenseur ouvert… à l’opposé d’où elle se trouvait. Entamant à nouveau une course folle, bousculant les personnes, le cœur battant contre ses côtes, laissant l’air frais du centre commercial entrer dans sa bouche toujours pâteuse, l’espoir commença à se faner. Jamais elle n’y arriverait. Comme dans son rêve, cet endroit qu’elle devait atteindre mais qu’elle ne voyait pas, caché par la pluie, par l’obscurité environnante. Elle devait se battre, elle devait y arriver. Ce n’était pas parce qu’il y avait 150 personnes qui stagnaient devant elle, lui bloquant le passage, qu’elle devait laisser tomber. Alors qu’elle continuait à avancer, la porte de l’ascenseur se referma, et les mots sortirent de sa bouche, perturbant le calme étrange qui régnait sur l’immense hall. « Retenez l’ascenseur ! » Miracle, ceux qui étaient à l’intérieur de cette cage montante l’entendirent, puisque la porte se bloqua. Enfin, elle parvint jusqu’à l’ascenseur, et s’y engouffra alors que la porte se débloquait, et allait se refermer. « Merci . » Dans un souffle, les remerciements étaient sortis. Mais elle ne voyait pas à qui elle s’adressait, sa vue était encore brouillée par sa course effrénée. Les mains sur les cuisses, elle reprit son souffle, avant de se redresser pour faire face aux occupants de l’ascenseur. En réalité, il n’y avait qu’une personne, et précisément celle que Romy redoutait. Les battements de son cœur redoublèrent de vitesse, tandis qu’une panique silencieuse s’empara de son corps, faisant légèrement trembler ses mains. La blonde qui se trouvait en face d’elle, sourire aux lèvres, contrastait bien avec l’humeur massacrante qui s’était emparé de Romy en la voyant. Tentant de contrôler ses émotions, elle prit une profonde inspiration, et laissa un faible sourire s’étirer sur ses lèvres. Calypso.
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Lun 12 Avr - 16:59

    Un, deux, trois, quatre... Caly ne comptait plus les paquets. Arpentant les allées marchandes du centre commercial depuis de longues heures, elle ne se lassait pas de cette petite séance de shopping en solitaire. Faire les boutiques seule était bien rare, mais c'était une sortie de dernière minute pour le coup. Ca ne lui faisait pas de mal, au contraire même ! Rien de mieux pour se détendre sans avoir à surveiller les alentours pour préserver ses amis et proches d'un éventuel photographe. A croire qu'un cliché de la blondinette rapportait beaucoup. Elle n'avait rien d'une star, zut ! Sa dernière virée en ville avec Raffaella avait entrainé de tels désagréments, au grand désespoir de la jeune femme. Là, elle s'en moquait, elle était seule ! Elle n'avait pas à se soucier de son entourage... Toutes les boutiques avaient dû y passer, et elle était plutôt contente d'elle et de ses trouvailles. Petites robes, t-shirts, jean's et même lingerie fine (a)... Bref, ses paquets contenaient de véritables merveilles, de quoi faire plaisir à son dressing. Calypso y avait tellement passé de temps qu'elle avait à peine vu l'heure tourner et les minutes défiler, si bien que la journée s'achevait sur un nouvel achat ; celui d'un sac à main cette fois-ci. (Elle avait la fièvre acheteuse la petite !).

    Installée sur un banc, la miss transvasait tout son petit bazar dans ce nouveau fourre-tout. Et c'est en s'emparant de son portable qu'elle remarqua le message envoyé par sa mère. Oup's ! Il datait d'un petit moment déjà, suffisamment longtemps pour que Stella se fasse du soucis en tout cas. Caly s'empressa de lui répondre, s'excusant pour son retard et annonçant alors son retour. Les Spinelli faisaient très attention à eux, mutuellement protecteur, ou presque... Bah ouais, Caly n'était pas prête de s'en faire pour son cousin ! Elle rassembla ses affaires et quitta son banc. Quelque peu rêveuse elle prit la direction de la sortie pour regagner le parking où elle avait laisser sa voiture. En passant devant une bijouterie, elle ne pu s'empêcher de jeter un coup d'oeil à la vitrine. De superbes montres et bijoux pour homme étaient exposés. Aussitôt elle eut une pensée pour Kenzo. L'envie d'y entrer et d'y faire des dépenses ne manquait pas. Légèrement, elle se mordit la lèvre inférieure, comme pour se ramener à la raison, à la réalité, et résister. Se ramener avec un cadeau, aussi insignifiant soit-il, allait s'en doute agacer Kenzo. Plus que de lui faire plaisir peut-être... Non pas qu'il ne serait pas touché par cette attention, mais simplement parce que la valeur d'un bijou frapperait instantanément son esprit, et qu'il lui reprocherait à Caly d'avoir mis tant d'argent là-dedans. Elle en avait l'habitude, c'était toujours ainsi que cela se passait. Elle devait lui assurer que tout ceci lui importait peu, qu'en fait elle s'en foutait royalement ! Ca le rassurait un temps, jusqu'à ce qu'il revienne à la charge en lui demandant de cesser ces cadeaux. Cela l'arrêtait-elle pour autant ? Même pas ! Et là... Elle avait vraiment envie d'y entrer... Arf ! Oh et puis zut ! Kenzo allait bouder mais ça n'allait pas durer, elle s'en faisait la promesse.

    20 minutes plus tard, après avoir fait péter un câble au vendeur, prenant un temps fou à se décider, elle finit par arrêter son choix, passant commande. Oui, oui, commande ! (a) Mais le temps s'écoulait, les minutes filaient, et il était vraiment temps qu'elle daigne se bouger les fesses pour quitter les lieux ! Elle prit l'ascenseur, appuyant sur le niveau du parking sous-terrain. Alors que les portes se refermaient doucement, un appel se fit entendre, demandant à ce qu'on les retienne. Caly s'exécuta, pouvant bien rendre un tel service ; et eu la surprise de voir Romy se glisser dans la cage de l'ascenseur. Elle la fixa, un peu surprise, et ne pu retenir un léger sourire en la voyant toute essoufflée par sa course. Toujours aussi polie la miss ! Même en ayant un mal fou à respirer elle trouvait le temps de la remercier.

    « Wow...! T'as couru le marathon ? » questionna-t-elle d'une voix amusée.
    Elle attendit que son amie relève la tête, et la voit enfin, avant de laisser échapper un léger rire. Ce dernier fut cependant très vite stopper, quand elle constata la manière avec laquelle Romy la regardait. Quoi ? Il y avait un soucis ? Elle demeurait étrangement silencieuse, faisant naître des interrogations dans la petite tête blonde de la jeune Spinelli. Pourquoi la fixait-elle ainsi ? Avec cet air presque apeuré ? Elle ne semblait vraiment pas dans son assiette, carrément pas à son aise. C'était elle qui était responsable de cela ? Visiblement non, puisqu'elle venait d'esquisser un très léger sourire.

    « Ca va Romy ? » -demanda-t-elle, un peu inquiète. Elle laissa ses paquets sur le sol et interrogea d'un regard la jeune femme, en lui désignant les étages.
    « Tu vas où ? »
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Jeu 15 Avr - 10:02

    A croire que sa vie n’était qu’une succession de circonstances malencontreuses. Sérieusement, il ne manquait plus que cela, rencontrer Calypso. Que faire, que dire ? Les mots se bousculaient mais ne sortaient pas, les possibilités étaient nombreuses avec les milliers de mots que contenait la langue italienne, mais rien ne franchissait la barrière de ses lèvres, elle se remettait à penser en anglais, comme à chaque fois qu’elle était nerveuse, devant une situation à laquelle elle ne s’attendait pas. Nerveusement, elle tenta un sourire, tout en ne pouvant s’empêcher de se mordre la lèvre, pour empêcher les mots affreux de sortir de sa bouche ; ces quelques mots qui pouvaient, en une fraction de seconde, bouleverser toute leur amitié. Une fraction de seconde, elle posa la main sur sa poitrine, dans laquelle son cœur s’emballait violemment, comme si elle avait peur qu’il ne parvienne à exploser. Quelle belle mort… dans le drame, comme elle l’avait toujours rêvé. Crise cardiaque dans un ascenseur avec l’une de ses amies ; qui ignorait qu’elle avait eu.. Disons des moments avec son petit ami. Au moins, si elle mourrait, Calypso ne pourrait découvrir la vérité. L’idée de se planter un couteau dans le cœur à cet instant précis lui traversa l’esprit, avant de repartir aussi vite. C’était ridicule, elle pouvait le faire. C’était un voyage de deux minutes dans un ascenseur, après elles finiraient chacune de leur côté à finir leurs courses. Romy ne put s’empêcher de baisser les yeux, angoissée à l’idée que Caly puisse tout lire sur son visage, tous ces mensonges qui s’accumulaient, et finiraient par ressurgir, écrits sur sa peau à l’encre noire.

    Act normal. Oui, parce que tout allait bien, tout était parfaitement normal. Il n’y avait pas de raisons de s’angoisser, Calypso était son amie. « Ca va ? » Elle s’inquiétait même pour elle. Et cette gentillesse la tuait, enfonçait un peu plus le couteau dans la plaie sans le savoir, parce que Romy la trahissait. Enfin, l’avait trahie. Un sourire naquit faiblement sur son visage tandis qu’elle s’adossait contre les miroirs collés contre la paroi de l’ascenseur. « Oui, ça va, épuisée par ma course. » Pathétique excuse, qui ne justifierait pas le regard noir qu’elle n’avait pas pu s’empêcher de lui lancer à son entrée dans l’ascenseur. Quel étage ? Avec tout ça, elle avait complètement oublié où elle désirait aller. Ah oui, la soirée Ben & Jerry’s. Elle prenait encore plus de sens après cette rencontre ; se consoler aux côtés des deux seuls hommes qui la voulaient en retour, et dont elle savait qu’ils l’aimaient aussi l’attendaient au rayon des surgelés. « Le 5 s’il te plait. » Avec le sourire, il n’y avait pas de raisons qu’elle soit méchante ; si elle l’était, Calypso se douterait encore plus que quelque chose se tramait. Heureusement, elle avait une foi sans limites envers son petit ami, et ne soupçonnerais jamais son amie blondie de tourner autour de son petit ami. Elle était dégueulasse. Vraiment horrible, une fille détestable, à laquelle on ne pouvait pas faire confiance. Cette impression que l’ascenseur se compressait au fur et à mesure de leur montée commençait à l’étouffer, lui faisant manquer de souffle de seconde en seconde. Un coup d’œil à Calypso, qui semblait plutôt heureuse, tellement heureuse… Say it, say it now. Sa conscience semblait bien faire en lui disant de tout avouer tant qu’elle en avait l’occasion, mais elle ne pouvait pas. Sa bouche s’entrouvrit, et l’autre blondinette se retourna vers elle, attendant sans doute qu’elle parle, mais rien, aucun son ne sortit, comme d’habitude. Calypso devait penser que ça l’amusait, de faire le poisson.

    Une petite secousse se produisit alors. Les yeux de la jeune femme se tournèrent vers l’autre occupante de l’ascenseur, mais elle semblait ne rien avoir remarqué, ou alors tentait de se convaincre elle-même que rien ne s’était passé. Le cœur de Romy s’emballa alors, et l’angoisse monta doucement, l’inondant et l’empêchant de respirer correctement. Quelques interminables secondes passèrent, secondes d’angoisse et de silence partagées par les jeunes femmes. Puis, une seconde secousse se produisit, plus violente. Cette fois, impossible que Calypso ne l’aie pas remarqué. Leurs regards se croisèrent alors, cette même lueur de panique les illuminant. Le cœur battant contre ses côtes, Romy se rapprocha légèrement de son amie, tentant de contrôler sa panique. C’était une simple secousse ‘passagère’, dans quelques secondes le numéro 5 s’allumerait en haut des portes métalliques, et elles retrouveraient la civilisation humaine, oubliant complètement cet incident. Si seulement…Oubliant son profond sentiment de dégout pour elle-même, et tout ce qui la persuadait de se tenir éloignée de Calypso, elle se rapprocha. Inquiétée par cette lueur dans ses yeux, elle posa une main sur ses épaules avant de la retirer presque aussitôt, brûlée par la pensée de sa trahison. Un sourire se dessina tout de même sur son visage, qui se voulait rassurant, tachant de la convaincre et de se convaincre elle-même que la lumière de l’étage 5 allait s’allumer dans quelques secondes. Mais la troisième secousse arriva, plus violente, si bien que les jeunes femmes furent projetés au sol. Les lumières de l’ascenseur clignotèrent, les aveuglant, puis s’éteignirent, les laissant dans le noir oppressant de cette boite d’allumettes.

    « Caly ? Tu vas bien ? » Le temps que ses yeux s’accoutument à l’obscurité, Romy avait bien compris que ce n’était plus la peine d’espérer. Elles étaient bel et bien coincées dans l’ascenseur, bloquées entre deux étages. Awesome. Ses yeux enfin accoutumés à la noirceur de l’endroit, elle repéra Calypso, allongée au sol à sa droite. Se déplaçant sur le sol désormais penché de l’ascenseur, elle posa à nouveau une main sur son épaule, puis trouva ses cheveux bouclés qu’elle avait toujours enviés, et enfin son visage. Sa main se retira alors, ayant senti quelque chose de liquide couler. L’odeur du sang. « Caly, Caly ! » La jeune femme commença enfin à bouger. Le cœur battant, Romy l’aida à se redresser, pour s’asseoir sur le sol instable de la cabine d’ascenseur. Calypso s’était juste cognée au sol, ce n’était rien.. N’est-ce pas ? Elle qui espérait que ce petit voyage allait vite se terminer, c’était raté.
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Ven 23 Avr - 17:28

    [J'en avais moins à dire que toi, désolée... :silent:]

    Etre épuisée, prétendait Romy en guise de réponse à sa question. En effet, elle en avait tout l'air... Certes ça n'expliquait pas vraiment les regards qu'elle lui lançait, qui se voulaient quelque peu gênés. Du moins c'est ce que Calypso croyait percevoir. Son amie adoptait un tel comportement depuis un petit moment, et la jeune Spinelli s'était résolue à penser qu'elle était ainsi, que cela faisait finalement partie de sa personnalité, de qui elle était, et qu'avant d'avoir remarqué cette attitude, elle n'avait pas dû suffisamment la connaître. On ne montre pas toujours la totalité de notre personnalité et ce au premier abord, non ? Calypso avait la tête ailleurs à vrai dire, et était bien loin de s'interroger au sujet de Romy. Elle, qui était pourtant du genre à chercher des problèmes là où il ne semblait pas y en avoir, passait au-dessus de tout ça, ne prêtant pas réellement attention aux réactions de la petite blonde. Cinquième étage ? Pas de soucis ! Elle enclencha le bouton en question et s'appuya à son tour contre la paroi de l'ascenseur, croisant ses bras sur sa poitrine. De temps à autre son regard se posait sur son amie. Elle la trouvait bien tendues, et ses sourires crispés ne suffisaient à le dissimuler. Avait-elle des soucis ? Elle se le demandait... Cependant elle préférait que cette dernière prenne la parole spontanément. En aucun cas elle ne désirait lui imposer un quelconque interrogatoire. Les amis servaient certes à se confier, mais ils ne devaient pas non plus faire pression pour soutirer la moindre information. De plus, Romy savait bien qu'en cas de problème, si elle avait besoin de parler, de se confier, elle était là pour elle. Alors si elle gardait le silence, c'est que dans un sens ça allait bien, non ? Calypso ne chercha pas plus loin. C'est quand on a les choses sous le nez qu'on ne les voit pas... L'héritière des Spinelli en faisait une belle démonstration. Elle aurait été sacrément futée, si ce n'est carrément dingue, si elle avait soupçonné un seul instant que son amie Romy avait eu une aventure avec son copain Kenzo, alors que les deux avaient feinté une première rencontre lorsqu'elle les avait présenté l'un à l'autre. Elle leur faisait confiance à tout les deux et était loin de se faire de tels films. Un brin jalouse et possessive ok, mais de là à pointer du doigts la première nana qui croiserait le regard de son petit ami, en hurlant qu'elle n'était qu'une trainée et qu'elle allait lui faire sa fête, non... Quand même pas !

    La première secousse ne fut en effet pas remarquée par la jeune femme. Trop plongée dans ses pensées, et cette dernière sans doute trop légère, elle passa inaperçue. Quand à la seconde ce fut autre chose. Calypso resserra l'étreinte de ses bras, les croisant avec un peu plus de force, comme pour chercher à évacuer ainsi le stress qui commençait à se faire sentir. Prendre l'ascenseur était en soit un vrai challenge pour elle. La blondinette étant claustrophobe, elle ne supportait pas les endroits confinés et elle se faisait violence pour entrer dans cette cage d'ascenseur. Mais si ce dernier ne fonctionnait pas normalement, cela pouvait rapidement la faire paniquer. Elle était mal. Elle avait soudainement l'impression de manquer d'air, mais s'efforçait de rester calme. Son regard avait croisé celui de Romy, et elle ne semblait pas plus rassurée qu'elle. Non, ça n'allait pas. Alors qu'elle allait en faire part à Romy, une troisième secousse se fit sentir si violente qu'elle projeta les deux miss contre les parois de l'ascenseur. Ne s'y étant pas attendue, la blondinette avait chuté et s'était même cognée contre le boitier de commande des différents étages. Un choc violent, de laquelle découla une sacrée blessure à la naissance de son cuire chevelu, sur le sommet de son front. « Caly ! Caly ! » La voix résonnait dans sa tête, qui la faisait horriblement souffrir. Elle mit un certain temps avant de faire signe à la belle qu'elle n'avait pas perdu connaissance. Du moins, pas encore. Son front la brûlait, lui arrachant quelques grimaces.

    « Ma tête... Oh... Romy ? »
    La jeune femme l'aida à se redresser, bien que Calypso avait l'impression qu'elle n'en aurait jamais la force. Sonnée, la blondinette reprenait peu à peu conscience de ce qui venait de sa passer. La peur allait bientôt refaire surface. Le sol penché et le manque de lumière allaient très vite avoir raison d'elle.
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Dim 25 Avr - 14:39

    C’est amusant, parfois, la tournure que peuvent prendre certains événements. Regardez là bas, cette fille qui jurait sur la tombe de ses parents que jamais au grand jamais elle ne fumerait une cigarette de sa vie, à leur mémoire ; on la retrouve aujourd’hui cette chose immonde coincée entre les doigts, la fumée sortant de sa bouche. C’était exactement la même chose qu’il se passait, quelques mètres plus loin, dans l’atmosphère confiné d’une cabine d’ascenseur bloquée. Jamais au grand jamais Romy n’aurait voulu se retrouver avec Calypso, l’affronter après tout ce qu’elle avait fait derrière son dos, ces choses horribles pour lesquelles elle n’avait même plus le courage d’affronter son propre reflet. Et pourtant, la voilà, coincée dans un ascenseur avec elle, et pour ce qui semblait être un bon moment.
    Malgré toutes les pensées qui la torturaient depuis d’interminables minutes, lorsque son amie s’était, tout comme elle entraînée par le mouvement basculant de la cabine d’ascenseur, effondrée au sol l’inquiétude avait prit le dessus. Avant tout, avant d’être celle qu’elle avait trahie, celle dont elle était profondément jalouse pour bon nombre de choses, elle était son amie. Et ce, peut importe ce qui se passait aujourd’hui.
    L’odeur du sang lui avait soulevé l’estomac, comme toujours. Inspiration, expiration profonde, il n’était pas question qu’elle s’évanouisse, pas maintenant. Une blessée, ça suffisait déjà. L’aidant à se relever, les deux jeunes femmes s’adossèrent contre la paroi tanguant légèrement de l’ascenseur.

    Elle voyait bien qu’elle souffrait, ce n’était probablement qu’à cause de la blessure qui s’était creusée sur son front, et dont le sang coulait sans cesse. A la recherche d’un mouchoir dans son sac, elle ne put s’empêcher de penser qu’elle la ferait souffrir encore plus en lui disant la vérité, elle la tuerait carrément. Il n’était pas question qu’elle sache quoi que ce soit. Ils avaient eu vraiment de la chance de réussir à effacer ce message malencontreusement déposé sur la messagerie du portable de Calypso. Sinon, cette dernière lui aurait déjà explosé la tête contre le boitier de commande de l’ascenseur. Elle finit enfin par dégotter un mouchoir, qu’elle posa sur la tête de son amie, ne pouvant s’empêcher d’esquisser une légère grimace à la vue de cette blessure, qui n’était pas jolie à voir, et dont elle espérait qu’elle ne soit qu’une légère égratignure. Sinon, elles étaient encore plus mal barrées qu’elles ne l’étaient déjà.
    Se redressant, la jeune femme gagna tant bien que mal le côté opposé de la cabine, essayant de ne pas tomber ; armée d’une mini lampe de poche qu’elle trimbalait-heureusement d’ailleurs- toujours dans son sac. Mission pas très facile, étant donné que le sol semblait penché à au moins 30°, et vu qu’il n’y avait pas vraiment des prises à quoi s’accrocher. Une fois cette petite mission d’’escalade’ réussie, Romy enfonça son doigt sur le bouton jaune où était dessiné une belle cloche rouge, le signal d’alarme. Un bruit sec se fit entendre, mais le son familier -pour l’avoir entendu dans des séries télévisées- signalant que des personnes étaient bloquées dans l’ascenseur ne retentit pas, lui bouchant les tympans comme il devrait le faire. Ok, don’t panic. Ses yeux se dirigèrent vers son doigt, toujours posé sur le bouton, et elle ne put s’empêcher de se mordre les lèvres pour s’empêcher de rire, bien que cela n’avait rien de drôle. Elle avait enfoncé le bouton, véritablement, munie pendant une fraction de seconde d’une force surhumaine. En gros, elle l’avait trop enfoncé, elle l’avait cassé, le signal d’alarme ne s’était pas déclenché, et, étant donné le manque de réseau par ici, elles n’avaient aucun moyen de contacter à l’aide. « Hum, tu vas rire. » Ou pas, cette situation n’avait rien de drôle. Se décalant légèrement, elle laissa voir le bouton complètement défoncé à son amie, se mordant l’intérieur des joues, encore plus angoissée en ayant vu Calypso pâlir, ayant désormais plus l’air d’un zombie hantant l’ascenseur. Se précipitant à genoux, glissant jusqu’à elle doucement, elle retira le mouchoir plein de sang que la jeune femme s’obstinait à tenir collé contre sa blessure. La bile commençait à lui remonter dans la gorge, mais elle ravala sa salive péniblement, essayant de se montrer forte, plus que jamais pour Calypso. C’était le moment d’être une véritable amie, en les sortant de là… et si possible, en vie.

    Vérifiant une énième fois le réseau désespérément vide sur son portable, elle ne put s’empêcher de pousser un soupir. Sortir de là, oui, mais comment ? C’était une autre question. Se retournant vers Calypso, qui appliquait un nouveau mouchoir sur sa blessure, toujours l’air d’un zombie, mais avec un air de peur qui se dessinait clairement sur son visage, Romy sentit cette boule d’angoisse en elle croitre comme jamais. « Caly, t’es sûre que ça va aller ? T’es pas… genre claustrophobe, un truc comme ça, hein ? » Ahlala, à quel point elle ne la connaissait pas, sa Calypso, ce sentiment lui donnait envie de pleurer. « Je te promets que j’vais te sortir de là. » Je sais pas encore comment, mais je vais bien trouver, pensa-t-elle pour elle-même. Son dos cogna contre la paroi, et un énième soupir franchit ses lèvres. Calypso était restée étrangement silencieuse, comme plongée dans ses pensées, ou dans les délires qui précédaient la crise de nerfs, le coma, ou dieu sait quoi encore. Il fallait qu’elle la tienne éveillée, qu’elle lui parle, de tout et n’importe quoi. « Je suis désolée si j’ai donné l’impression d’être distante envers toi ces derniers temps..; c’est simplement que… se rendant compte qu’elle commençait à faire dans le dramatique, et qu’elle allait tout dévoiler, elle se mordit la lèvre et fixa leurs deux silhouettes recroquevillées dans le miroir d’en face. C’est compliqué, c’est tout. Je ne veux pas que tu penses que je te déteste, ce n’est pas le cas, au contraire, je… stop, STOP, STOP ! L’alarme se déclencha dans sa tête, et elle changea de sujet à toute allure, fixant le plafond d’un air pas naturel du tout. Je vais nous sortir de là, je te le promets. » Se relevant pour arpenter l’ascenseur plongé dans le noir, avec pour seule lumière la faible lueur de la lampe torche, elle réfléchit à toute vitesse. Dans les films, bon dieu qu’est-ce qu’ils faisaient dans les films ?

    [ t'inquiètes pas, c'est souvent moi qui dis toujours des tartines pour rien, c'est moi qui devrait m'excuser :lol:. Ton post était parfait =) .J'espère que le mien t'iras I love you ]
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Sam 1 Mai - 12:33

    Elle allait rire ? Vraiment ? Calypso n'avait pas la moindre envie de rire, et son mal de tête était tel qu'elle ne parvenait même pas à discerner l'ironie dont pouvait faire preuve son amie. Romy aurait même plus lui dire clairement qu'elle en usait à ce moment précis, que la blondinette n'aurait pas assimilé l'information. Ses pensées étaient concentrées sur ses maux, et ses angoisses. Elles étaient coincées dans cet endroit confiné, suspendu dans le vide et probablement en équilibre, dans le noir. Comment ne pas sentir une véritable crise survenir et s'emparer d'elle, la petite claustrophobe qu'elle était. D'autant plus qu'il n'y avait pas la moindre chance qu'elle se détende vu l'entaille qu'elle avait au sommet de son front. Un filet carmin avait coulé le long de sa tempe, et collait de fines mèches blondes contre sa peau pâle. Heureusement qu'elles étaient plongées dans l'obscurité car Romy aurait vite tourné de l'oeil en constatant avec l'effroi le contraste du sang sur son teint blafard. Calypso se sentait mal, et sa tête menaçait littéralement d'explosé à tout instant. Elle avait quelques vertiges, tout en demeurant assise, et la peur lui donnait envie de vomir, lui crispant l'estomac comme jamais. Alors quand Romy lui annonça qu'elle allait rire, Calypso ne releva même pas. Même pleurer lui était une chose impossible dans son état. Elle avait juste mal.

    Relevant légèrement la tête, elle chercha cependant à comprendre ce qui se passait. C'était ça ou s'allonger par terre et se laisser porter par la panique et l'angoisse, jusqu'à en faire une vraie crise d'asthme. Tenant le plus fermement possible le mouchoir que lui avait donné Romy contre sa blessure, se moquant bien d'avoir un peu plus mal, et ne désirant qu'une chose : stopper cette maudite hémorragie ; elle fixait la miss d'un air nauséeux, le regard vide et perdu. Elle était revenue vers elle, prête à l'aider, à s'occuper d'elle... Calypso pour sa part luttait pour ne pas fermer les yeux et se laisser emporter par la douleur jusqu'à sombrer dans un semblant d'inconscience, juste pour faire taire ses maux. Le choc avait été assez fort, à tel point qu'elle n'avait jamais encore ressenti une telle douleur, ni été sujette à de tels vertiges. Il fallait qu'elle parle, qu'elle demeure en activité pour rester consciente. Il fallait faire l'effort de répondre à Romy, et cette dernière lui rappelait alors l'état de panique dans lequel elle pouvait se retrouver alors que sa blessure le lui avait momentanément fait oublier ce détail.


    « Je suis claustro' Romy... -répliqua-t-elle d'une petite voix. Face à la surprise de son amie, elle ne pu que confirmer. Non, elle ne plaisantait pas, elle l'était réellement.- Ce n'est pas une blague, j'ai le sentiment d'étouffer. Je veux sortir d'ici... - Ses émotions venaient s'écraser dans un filet de voix tremblotant. La carapace se fêlait et la miss allait sombrer dans ses angoisses, en moins de deux. - Pitié, sors-nous de là... » La miss lui répondit qu'elle allait le faire. Cela la rassurait-elle pour autant ? Non. Elle avait trop peur... Elle avala avec difficulté, et ferma les yeux quelques instants en s'appuyant tout contre son amie. Presque tétanisée par la peur, elle n'osa plus bouger et demeura silencieuse. Il ne le fallait pas, ça ne l'aidait vraiment pas à se calmer. Romy sembla le comprendre, puisqu'elle reprit aussitôt la parole. Elle s'excusait... Et à ces mots, Calypso parut étonnée. Pourquoi s'excusait-elle ? D'avoir été distante ? L'une comme l'autre pouvait bien avoir ses périodes où l'envie de papoter entre nanas et de se voir souvent était absente, non ? Elle tourna doucement la tête vers elle, une fois qu'elle eut fini. Romy ne voulait pas qu'elle pense qu'elle la détestait, bien au contraire. Mais pourquoi donc penserait-elle à une chose pareille ? Certes, ces derniers temps elle avait remarqué que la demoiselle s'était éloignée, mais sans creuser un faussé entre elles non plus. Elle s'était interrogée, sans pour autant partir dans une telle paranoïa. Calypso n'était pas du genre à chercher les soucis où il ne semblait pas y en avoir d'apparences. La vie avait ses petits aléas, point. Mais les explications de Romy l'amenait à davantage se questionner. Ce comportement était étrange, et sa manière de se rétracter l'était encore plus.

    « Ca va Romy ? Qu'est-ce qui est compliqué ? Je ne comprends pas... » Là elle avait besoin qu'elle lui éclaire sa lanterne, car il lui manquait des éléments pour saisir tout ce qu'elle lui confiait. Et quels éléments ! Elle se redressa légèrement, et reprit : « Je n'aime pas quand t'es comme ça... Explique-moi ce qui se passe, où je vais vraiment la faire ma crise d'angoisse... »
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Dim 2 Mai - 21:51

    Les battements de son cœur battaient la cadence en même temps que ses pas arpentaient le sol légèrement incliné de la cabine d’ascenseur. Tout se bousculait dans sa tête, et, si elle ouvrait la bouche, elle savait qu’une seule chose sortirait : un long hurlement, de désespoir et de peur, de honte, d’horreur. Et si elles finissaient ici, Calypso se vidant du sang qui n’arrêtait pas de couler le long de sa joue, après avoir tué Romy parce qu’elle l’a trahie ? Quel drame, il ferait sans doute la couverture de tous les journaux pendant bien longtemps. Secouant la tête pour chasser ces pensées néfastes, la jeune femme essaya de se concentrer. Tout cela n’avait rien d’amusant, bien au contraire. Elles étaient bloquées de chez bloquées, sans pouvoir appeler à l’aide, et Caly était claustrophobe. Sérieusement, il ne manquait plus que cela. A cet instant précis, le seul regret que pouvait avec Romy était de ne pas avoir été au cours de secourisme du lycée. A l’époque, ils faisaient des cours toutes les deux semaines à l’heure du repas, et étudiaient les situations les plus improbables-comme rester coincé dans un ascenseur, par exemple… tiens tiens. Assister à ce cours au lieu de sortir manger au restaurant avec son ex petit ami qui avait fini par la trahir, lui aurait bien servi.

    Elle savait qu’elle devait continuer à parler à Calypso, la peur de la voir tourner de l’œil et tomber dans le coma était sans doute la dernière chose dont elle avait besoin maintenant. Mais elle était allée trop rapidement, les mots s’étaient bousculés à ses lèvres et étaient partis trop vite, lui laissant un simple creux dans l’estomac, tandis que la boule d’angoisse remontait jusqu’à sa gorge. Quelle idiote. Elle devait tout lui dire, il n’y avait pas d’autre alternative. Lui dire quoi ? Qu’elle lui avait menti, qu’elle avait connu son petit copain avant elle et avait même fait des choses pas très catholiques ? Qu’ils s’étaient mit d’accord pour jouer l’indifférence, mais que, à chaque fois qu’elle voyait sa main dans la sienne, ses lèvres contre les siennes, elle était forcée de détourner le regard, dégoutée de ne pas avoir la même chose, dégoutée de ressentir toujours un fragment de sentiment de désir pour le jeune homme ? Non. Elle ne pourrait pas le lui dire. Du moins, pas comme cela.

    Un silence s’installa entre les jeunes femmes, seul le bruit des pas de la blondinette arpentant sans répits le lino résonnait à leurs oreilles. Quelqu’un allait venir, tous les jours des personnes prenaient cet ascenseur, ces fainéants incapables de chercher où se trouvaient les escaliers pour perdre leurs kilos en trop, ou simplement pressés de rentrer chez eux… comme l’avait été Romy. Mais si…. Jetant un coup d’œil à la montre argentée accrochée à son poignet, s’aidant de la lumière de la lampe de poche pour s’éclairer, elle sentit la boule d’angoisse lui obstruer la gorge, l’étranglant presque. Il était presque 21 heures… le magasin allait bientôt fermer. Et si elles étaient là pour la nuit ? Une alarme se déclencha dans l’esprit de la jeune femme, une voix lui hurlait dans les oreilles, répétant incessamment le même mot, la liberté tant désirée : Sortir, sortir, sortiiiiiiiiiiir !

    Le silence semblait avoir duré trop longtemps. Romy se jeta à nouveau aux pieds de son amie, constata que les taches de sang ne s’étaient pas évaporées, ç’aurait été trop beau. « Je… vais te sortir de là. » Elle réfléchissait à toute vitesse, essayant de ne pas penser à autre chose qu’à une solution, à ne pas divaguer sur la tête qu’était en train de faire Calypso, cet air inquiet et intrigué qu’elle ne désirait pas voir. Elle allait en demander plus; elle le savait. Si seulement elle avait su fermer sa gueule. Pourquoi Est-ce qu’il fallait toujours qu’il lui arrive des choses pareilles ? Il n’y avait qu’elle qui pouvait se retrouver coincée dans un ascenseur avec une amie claustrophobe qu’elle avait trahie, soit dit en passant. Elle allait la sortir de là, peut importe les moyens, même si elles devaient faire leurs James Bond Girls en escaladant les parois de l’ascenseur lisses comme une patinoire, puis grimper en s’aidant des câbles, s’écorchant les mains jusqu’au sang. En voilà, une idée ! Tout ce qu’elle ne désirait pas, c’était qu’en plus d’être claustrophobe, Calypso ait le vertige. Déjà qu’elle-même avait légèrement, très légèrement peur du vide…
    Mais la question de Caly restait en suspens, et la ‘menace’ de la crise d’angoisse lui fit se mordre la lèvre. La vérité, elle la lui devait tout de même. « Okay, je… la jeune femme se redressa, avant de se relever et de regarder tout autour d’elle à la recherche d’éventuelles prises pour escalader, tout en remuant ce qu’elle allait dire dans sa tête, additionnant les mots qui lui semblaient justes. Je t’ai menti…enfin plutôt on t’a menti. J’ai connu Kenzo avant que tu me le présentes, on était même de bons amis… jusqu’à un soir, histoire habituelle, mais on avait trop bu…on a décidé de rester amis ; mais c’est tellement compliqué… chaque fois que je vous regarde, j’ai simplement envie de pleurer, pleurer pour que quelqu’un me regarde comme il le fait, pleurer parce que je ressens quelque chose pour lui, une simple attirance physique ridicule qui va s’en aller, il faut juste du temps… c’est complètement idiot comme sentiment, et je ne voulais pas, je ne veux pas que tu me détestes, c’est la raison pour laquelle j’ai passé tout ça sous silence… s’il te plait si tu dois blâmer quelqu’un, prends moi. K. est un gars bien, c’est ma faute si il t’a menti, d’un simple regard je lui ai dit qu’on ne devait pas t’informer de notre passé… ça n’avait pas d’importance de toute manière, c’est dans le passé… c’était une erreur, de l’avoir fait, de t’avoir menti, je m’en veux si tu savais… d’autant plus que tu es l’une des meilleures amies que j’ai eues. Les mots s’étaient enchainés rapidement, sans doute pour faire en sorte que Caly entende le moins possible d’informations. Voilà, c’était sorti, le poids qu’elle trainait à la jambe s’était évaporé…pour lui laisser la douleur de ce qu’elle avait fait, et les larmes qui venaient doucement mouiller le coin de ses yeux. Elle enchaîna, les mots continuaient à sortir, se bousculant hors de sa bouche comme pour empêcher Calypso de répondre, d’assimiler l’information. Je sais par où on va sortir ; enfin si tu es douée en escalade… » Elle essaya d’esquisser un sourire, ses yeux fuyaient les siens, la peur de l’orage imminent, et fixaient la petite ouverture carrée au plafond, leur sortie vers la liberté… si elles arrivaient à y grimper, et si Calypso ne la tuait pas avant.

    [ bwaaaaaa . :arrow: ]
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Dim 9 Mai - 15:33

    Calypso était à deux doigts de sombrer dans un état de panique secondaire, se traduisant par un incroyable crise d'asthme, doublé d'une perte de self contrôle. Elle allait petit à petit laisser ses angoisses la gagner et avoir raison d'elle, raison de ce calme apparent, et de toute raison. Sa peur allait littéralement la dévorer ; ses craintes la plonger dans un nuage encore plus sombre que cette cage d'ascenseur, pour finir par l'étouffer de ses mains de velours. Si Romy ajoutait à cela des interrogations et des non-dits, en effet la petite blonde allait criser, et ce en moins de temps qu'il en faut pour dire « ouf ! ». Calypso venait de lui demander des explications, des détails, afin d'éclaircir la situation et comprendre ce qu'elle voulait dire par « C'est compliqué... ». Qu'est-ce qui était compliqué ? De quoi parlait-elle ? La jeune Spinelli la regardait avec un air d'incompréhension collé sur le visage, que l'obscurité voilait. Elle sentait les battements de son coeur au niveau de ses tempes, comme si ce dernier avait été à cette même hauteur et avait tapé contre sa boite crânienne, dans le simple but de la faire souffrir. Elle fournissait des efforts considérable pour se concentrer sur ce que Romy peinait à lui dire, s'accrochant au moindre de ses mots, comme s'ils allaient la garder consciente.

    Calypso n'avait pas idée de l'effet qu'aurait le discours de son amie sur sa petite personne. Plus elle parlait, plus elle dévoilait ce qui était selon elle compliqué, et plus Calypso semblait s'éveiller. Elle était animé par une violente dose de réalité, comme si cet aveu venait de lui fouetter le visage pour lui ordonner de reprendre pieds et de réagir. Certes, elle avait pour habitude de partir au quart de tour lorsqu'il s'agissait de Kenzo. Quelque peu jalouse, bien qu'elle s'efforçait de le dissimuler, de le contenir et de feinter l'indifférence, elle avait bien du mal à digérer les informations que venait de lui balancer Romy. Elle déconnait là ? Elle n'en oubliait pas ce fichu ascenseur, cette trouille innommable, auxquels s'ajoutait présentement une horrible déception. Un goût amer se faisait sentir dans sa fine bouche, celui d'un semblant de trahison, du mensonge... Alors comme ça, elle lui avait caché ces faits ?

    « Pardon ? Je crois avoir mal compris là... T'es réellement entrain de m'avouer, le plus simplement du monde, que tu as fait comme si tu ne connaissais pas mon petit ami alors que tu le connais plus que de raison ? Et qu'en plus de ça tu ressens quelque chose pour lui ? Je rêve... Non, je suis en plein cauchemar en fait ! - Elle poursuivit, plus pour elle-même que pour Romy. - Faite que ce soit ma tête... Faite que le choc m'est fait perdre les pédales... J'ai des hallucinations, pitié... »
    Là, tout de suite, Calypso se sentait horriblement conne. Il fallait dire ce qu'il en était, elle avait l'impression d'avoir été prise pour une demeurée. Elle se revoyait faire les présentations, avec ce large sourire, contente à la simple idée que son amie et son copain se rencontre. Elle les revoyait eux, se saluant comme l'auraient fait de parfaits inconnus, échangeant des banalités en guise de pseudo première conversation. En réalité, s'ils n'avaient rien eu à se dire c'était qu'ils étaient bien trop occupé à jouer la comédie et à ne pas faire de bourdes devant la jeune femme. Elle se sentait comme la pire des crétines.
    « Une de tes meilleures amies ?! Tu te fous de moi là, Romy ? Tu mens souvent à tes amies ? »
    Elle ne parvenait pas à s'énerver, du moins ça ne paraissait pas aux yeux du monde, car elle était bien trop fatiguée et mal en point pour l'exprimer. Ca ne l'empêchait pas de bouillir littéralement de colère à l'intérieur.
    « Je blâmerais qui je veux, et toi la première ! » Là elle était mal barrée la petite Romy ! Elle qui connaissait la rancune dont pouvait faire preuve Calypso n'était pas sortie de l'auberge. Elle était même très loin de s'en sortir. Et voilà que, changeant de sujet, elle lui annonçait qu'elle avait trouvé une issue de secours. Oui, elle devait vraiment se foutre d'elle à cet instant précis. Mais Calypso avait tellement envie de partir, d'échapper à cette boîte qu'elle percevait plus comme son prochain tombeau, suspendu à une bonne dizaine de mètres du sol, si ce n'est plus.

    Prenant tant bien que mal appuis sur ses bras, elle tenta de se relever. Difficilement elle se retint à la barre de la cabine, et s'approcha de Romy.

    « Sors-moi d'ici... Qu'on termine cette conversation dehors. » -lâcha-t-elle froidement.
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Sam 15 Mai - 21:36

    Il n’y avait pas de mots pour décrire ce qu’elle ressentait à cet instant précis. Les larmes coulaient lentement sur ses joues, mais qui devaient être insignifiantes, microscopiques comparées au coup de poignard qu’elle venait de donner à Calypso, et à la douleur que cette dernière devait ressentir. Déglutissant péniblement l’arrière-goût de la trahison qui demeurait en elle, ses yeux restèrent désespérément fixés sur l’ouverture dans le plafond, enfin plutôt panneau carré qui, si elles parvenaient à l’ouvrir, leur permettrait de sortir d’ici au plus vite. Ses yeux se fermèrent lentement, elle ne chercha pas à cacher ses larmes, bien qu’elle réalise à quel point tout cela était ridicule. C’était elle, la méchante dans cette histoire, et c’était elle qui était complètement brisée.

    Peu importe, les paroles de son amie, enfin ex amie, ou dieu sait ce qu’elle était désormais pour elle, ne la touchaient pas. Ils heurtaient la barrière invisible que son cœur s’était forgé et ne parvenaient pas à y pénétrer pour, comme Calypso l’aurait sûrement souhaité, la faire souffrir. Elle se faisait déjà bien assez souffrir comme cela, elle n’avait même pas besoin des reproches de la blondinette pour ressentir le mal qu’elle avait fait. Baissant les yeux vers le sol, elle secoua imperceptiblement la tête, se mordant la lèvre jusqu’à sentir le goût du sang sur sa langue. Seulement à cet instant, elle stoppa, et regarda enfin Calypso dans les yeux. Ses larmes avaient séché sur ses joues, longues trainées invisibles de souffrance, alors que tout ce qu’elle pouvait voir sur les joues de son amie étaient de légères rougeurs, signes de colère profonde, de haine, tandis que son regard fixé rageusement sur elle lui disait qu’elle lui arrangerait bien le portrait si elle n’avait pas l’impression d’avoir la tête enflée comme un ballon de baudruche à la suite de sa chute.

    Voyant qu’elle essayait de se relever, Romy voulut lui tendre la main, mais se ravisa immédiatement, entendant déjà les mots pénétrer dans sa chair, du genre qu’elle se foutait réellement de son amie, qu’elle lui plantait un couteau dans le dos avant de l’aider à se relever et panser sa blessure. Ses yeux fuyaient les siens, encore et toujours, essayant de penser à autre chose qu’à ce qu’il venait de se passer. Si seulement elle pouvait remonter dans le temps pour oublier cet instant, n’avoir absolument rien dit… Mais c’était encore plus mal de mentir tout le long, que d’avoir menti puis avoué la vérité. Faute avouée est à moitié pardonnée ? Si seulement Calypso pouvait se souvenir de ce dire, et simplement essayer de comprendre. A voir le regard lancinant qu’elle lui lançait toujours, elle n’était pas prête d’oublier, et encore moins de pardonner. Oups. Romy n’avait aucune, mais aucune envie de terminer la conversation dehors. Qui sait, peut-être qu’elle parviendrait, une fois à l’extérieur de cette boite à sardines, à s’enfuir à des milliers de kilomètres d’ici ? Oui, mais avec quel argent, hein ? Aaaah, si j’étais riche.

    « Okay… hum… »
    Gloups. Parler après un moment pareil, c’était pire que de sortir une plaisanterie au beau milieu du cérémonial d’enterrement. Passant une main nerveuse dans ses cheveux, elle essaya de chasser les paroles de Caly qui se bousculaient encore dans son esprit pour réfléchir à un moyen de sortir d’ici. L’enfermement commençait vraiment à être insoutenable. « Je vais te faire la courte-échelle, d’accord ? » Aussitôt, elle regretta ses paroles. Et si, intentionnellement, la jeune femme l’écrasait, lui enfonçait son talon dans l’œil ? De toute manière, une fois Calypso en haut, cela l’étonnerait fort qu’elle l’aide à monter à son tour. Tant pis, elle mourrait ici, mais au moins ne serait pas tuée par une blonde enragée. Elle ne savait pas ce qui était pire, mourir coincée dans un ascenseur après avoir libéré quelqu’un qu’elle a trahie, ou mourir à l’air libre étranglée par une blondinette hors d’elle ? Pas le temps pour ce genre de pensées. Secouant légèrement la tête, elle indiqua l’ouverture d’un geste de la main à Calypso. « On va passer par là. Je te fais la courte-échelle, et tu essayes d’ouvrir la trappe. Ça te vas ? Ça doit bien mener quelque part, et puis c’est le seul moyen pour sortir d’ici. » Ce n’était sans doute pas le moment le plus approprié pour donner limite des ordres, mais c’était soi ça, soit elles crevaient ici comme des rats. Se baissant, Romy entrelaça ses doigts afin de faire un appui solide. « Prête ? Une fois que tu seras en haut, tu essayeras de me tirer, d’accord ? Je sais pas, je prendrais appui sur… désignant les barres sur le côté de l’ascenseur du menton, sur les barres là, je me débrouillerais pour atteindre ta main. » Prenant une grande inspiration, elle fit un signe de tête à Calypso pour lui signifier qu’elle était prête à la soutenir du mieux qu’elle pouvait. Elle lui devait bien ça. Voyant l’hésitation de la jeune femme, les mots sortirent tous seuls de sa bouche. « Tu as dit que tu voulais sortir d’ici, non ? Si ça te fais plaisir, une fois que tu seras en haut, t’auras le droit de me laisser pourrir ici. » Un léger rire sortit d’entre ses lèvres, mais évidemment le cœur n’y était pas. Ce n’était pas une blague, ça pouvait carrément sonner comme une suggestion intéressante pour Calypso. Espérons qu’elle ne soit pas énervée au point de l’abandonner ici.

    [ désolée, c'est naaaaaaaaaaaze. j'espère que ça ira tout de même ♥. et par pitié, ne me laisse pas iciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, je t'aimeee caly fesses d'argent (a) (me demande pas d'où ça sors, j'en ai aucune idée :arrow: ]
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Mar 29 Juin - 16:01

    Calypso n'en revenait pas... C'était incroyable. Elle qui plaçait sa confiance avec facilité, venait de se prendre une nouvelle gifle. La blondinette avait pourtant cru qu'elle aurait droit à une pause, un temps de répit, suite à l'énorme conflit qui avait explosé au sein de la demeure de Spinelli. Mais non, il fallait en plus de cela qu'on lui avoue de nouveaux mensonges, de nouvelles cachoteries. Ils étaient tous du même acabit que Julian ? Personne ne valait mieux que son crétin de cousin ? Elle était écoeurée, et ne pouvait s'empêcher de faire part de ses pensées à voix haute, espérant grandement que ça n'était qu'un cauchemar. Oui, oui... Un véritable cauchemar. Elle était déjà d'un naturel assez possessive, du moins la jalousie pouvait pointer le bout de son nez dès lors qu'elle pensait aux ex de Kenzo, à son passé amoureux, à tout ce qui avait pu la précéder, ce qui avait pu faire le bonheur du jeune homme sans qu'elle ne fasse partie de son univers... Mais là, c'était peut-être ce qu'il y avait de pire. Une de ses amies, avec lui, dans ce même passé ! Aaaah ! Calypso ne pouvait pas retenir sa colère et sa déception. Elle voulait sortir au plus vite, terminer cette conversation dehors et rentrer chez elle au plus vite.

    Elle venait de se relever, tant bien que mal, demandant alors à Romy de la sortir de là, et au plus vite. Elles avaient des choses à mettre au point, et Calypso comptait bien les expédier sans plus attendre. Elle avait un tempérament de feu, impulsive et rancunière, elle préférait abréger tout ça pour s'épargner bien des souffrances, jugées inutiles. Elle étouffait dans cette cage d'ascenseur, et ses angoisses revenaient au grand galop alors que ses nouvelles nausées ne cessaient de se montrer de plus en plus accentuée et pressantes... La blondinette lui proposait de lui faire la courte échelle. Calypso la regarda tout d'abord avec étonnement. Elle était sérieuse là ? Elle allait la surélever alors qu'elle tenait déjà à peine debout ? Soit ! Si elle chutait, elle espérait d'avance tomber lourdement sur elle et la plaquer au sol, telle une catcheuse professionnelle ! Romy lui expliqua alors ce qu'elle comptait faire pour les sortir de là, et à sa dernière réflexion, Calypso leva les yeux au ciel en soupirant.

    « Oh, ne me tente pas ! » Au moins le fond de sa pensée était des plus claire. Non, elle n'allait pas la laisser pourrir dans cet ascenseur. Elle allait l'aider à sortir de là, tout comme elle le ferait pour elle; même si l'envie de l'abandonner dans cette petite cage suspendue dans le vide se faisait vraiment sentir. Elle allait la tuer dans son oeuf, avant de devenir trop méchante. Car dans le fond Calypso était une crème. Certes avait un mauvais caractère, mais elle n'était pas franchement méchante, ni même infecte. Elle se voulait juste butée, rancunière... La franchise comptait beaucoup pour elle, et les dernières déceptions qui avaient pu l'assommer ces derniers temps n'avaient fait que renforcer ce manque de confiance en l'autre, en soit, primant pour ces valeurs basées sur l'honnêteté. Là, elle venait de se prendre une nouvelle gifle. Elle la fixa, hésitante, puis finit par poser l'une de ses mains sur l'épaule de Romy, l'autre sur la paroi de l'ascenseur, puis pris appuis sur les mains de la jeune femme. Elle se hissa, s'efforçant de garder l'équilibre, levant les bras pour soulever cette satanée trappe.

    Une fois chose faite, elle s'accrocha, et fit de son mieux pour se faufiler au-dessus. De ses petits bras, elle se souleva et se cramponna, aidée par Romy. Une fois en haut, dans un nid de poussière incroyable, elle ne pu s'empêcher d'éternuer. Le bruit résonna, et la cage bougea quelque peu, faisant flipper Calypso. Elle était presque tétanisée... Mais que faisaient-elles, bon sang ? C'était de la folie, elles prenaient de sacrés risques. Elle souffla doucement, cherchant à se calmer. Puis, elle se pencha à nouveau vers la trappe et tendit sa main à Romy.

    « Dépêche-toi, avant que je change d'avis... Ou que je tombe dans les pommes ! »
    Elle lui lança un regard significatif, traduisant bien qu'elle était loin d'être à son aise et qu'à tout moment elle pouvait sombrer à nouveau dans une crise d'angoisse indescriptible, qui aurait raison d'elle. Elle ferma les yeux quelques secondes, et l'aida finalement à grimper, en essayant en vain de faire abstraction au vide, aux mouvements de la cabine, au divers grincements... Elle avait la trouille.
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MessageSujet: Re: even the best liar can't hide herself in the dark ; pv.   Dim 4 Juil - 10:36

    Depuis toujours, Romy avait attiré les problèmes; à vrai dire depuis cette fameuse après-midi à l’école maternelle, ou, sans faire exprès, elle avait renversé un jus de fruits sur le tee-shirt d’un garçon et que lui et toute sa bande s’était mise à la poursuivre des semaines durant pendant toutes les récréations. A cet instant précis, la jeune femme aurait bien remonté le temps pour retourner dans cette cour de récréation. Elle préférait largement courir pour échapper à des gamins de trois ans certes sans limites, plutôt que de rester ici avec Calypso. Au moins, là-bas, elle était à l’air libre, ce qui, par ici, commençait fortement à lui manquer. Et si la blondinette, trop en colère pour l’aider, décidait de la laisser ici ? Quelle idiote elle avait été de lui suggérer une chose pareille. Elle aurait tout aussi pu lui fournir l’arme pour la descendre directement, cela aurait été du pareil au même.

    Accroupie sur le sol instable de la cabine d’ascenseur, les mains entrelacées pour fournir un appui plus ou moins stable à Calypso, elle fit un nouveau signe de tête à son intention, déglutissant à l’idée de ce qui allait se passer après, une fois que la blondinette serait en haut. Aurait-elle le cran de la laisser ici ? Au fond, Romy savait pertinemment qu’elle ne le ferait pas et cela la tuait. Elle était beaucoup trop gentille et même si Romy venait de lui planter un poignard dans le dos, elle se débrouillerait tout de même pour trouver quelque chose pour panser sa plaie. Calypso était comme ça, pas franchement méchante, même si elle pouvait être malheureusement très rancunière. Ce qu’il se passerait une fois dehors de la cabine d’ascenseur, dans l’air libre de la nuit, c’était une tout autre histoire.

    Calypso se décida enfin à monter; prenant appui sur les mains jointes de Romy ; qui serra les dents sous son poids. Elle mourrait d’envie de sortir une petite blague idiote, du genre « t’as encore le sur-poids des fêtes de Noël, ou quoi ? » pour détendre l’atmosphère, mais le regard fixe que l’autre blondinette perchée sur ses mains avait, lui prouvait bien que cette réplique choc allait encore l’enfoncer un peu plus dans les sables mouvants dans lesquels elle s’était engouffrée et se noyait lentement. La trappe finit enfin par s’ouvrir, laissant apparaitre… rien du tout, du moins de l’endroit où se trouvait la jeune femme, tout ce qu’elle pouvait distinguer était du noir et de la poussière qui descendait sur Caly et la faisait tousser. Après quelques éternelles secondes à porter son amie -quoique, elle ne savait même plus comment la qualifier désormais-, cette dernière s’envola enfin vers la liberté, se hissant de ses deux frêles bras dans la trappe, tout juste de la largeur de son corps, puis elle disparut dans l’obscurité.

    Se redressant, Romy se massa légèrement les poignets puis inspecta les parois de l’ascenseur, à la recherche d’un éventuel appui..; si Calypso se décidait finalement à tendre ses mains vers elle pour l’aider. Elle pourrait prendre appui sur le rebord de la cabine, elle se débrouillerait, après tout elle avait fait plusieurs années de gymnastique étant petite. Deux secondes s’égrenèrent interminablement, puis les mains de Caly parurent à nouveau à travers la trappe. Envahie de soulagement, un sourire se dessina sur son visage, alors qu’il n’avait pas lieu d’être, surtout après ce que venait de lui dire Calypso. Peut importait. Elle était vivante, elles allaient s’en sortir. Si Caly la tuait après, au moins, elle aurait vu une dernière fois les étoiles.

    Ces espoirs s’évanouirent dès qu’elle atteignit l’extérieur de la cabine, et se retrouva à côté de la blondinette. Il faisait sombre, et le sol était très instable, puisque l’ascenseur remuait lentement en dessous d’elle, comme sous l’effet d’une bascule. De plus, il était jonché de câbles et il n’y avait pratiquement aucune lumière, mis à part une faible lueur carrée au-dessus de leurs têtes, comme pour leur rappeler que la vie existe toujours. Ça devait être le toit. Mais…comment monter ? La seule aide possible paraissait les longueurs de câble qui y montaient ; et l’idée de s’écorcher les mains après pour atteindre ce qui semblait la fin de l’univers ne réjouissait pas Romy, mais alors pas du tout.

    Ses réflexions furent interrompues par un léger basculement de la cabine en dessous d’elle. Jetant un regard paniqué à Caly, elle constata alors qu’elle était blanche comme un linge, ou plutôt comme une apparition fantomatique. Se mordant la lèvre, elle s’approcha d’elle et lui serra la main. Que ce soit approprié ou pas, après ce qu’elle avait fait, ça lui était égal. Tout ce qu’elle désirait était de lui apporter un peu de soutien et la rassurer. Elle entendait déjà sa remarque sarcastique au creux de ses oreilles. « Alors, elle est où, cette sortie ? », c’est pourquoi elle s’empressa d’éviter son regard et, lâchant sa main, elle se mit debout, se retenant aux câbles du milieu qui montaient et disparaissaient vers la lumière. Escalader paraissait hors de question, vu l’état de Caly. Mon dieu, mais qu’est-ce qu’elles allaient faire ? Alors qu’elle se sentit submergée par le désespoir, la cabine bougea à nouveau. Elle semblait se stabiliser, le sol avait l’air moins penché qu’auparavant. Peut-être que quelqu’un était en train de la réparer. Peut-être qu’elles auraient dû rester dans la cabine. « Pour ce que ça vaut, je suis désolée, Caly. » Elle s’excusait encore une fois, pour tout. Elle passait sa vie à s’excuser, ce n’était pas possible. Alors qu’elle s’apprêtait à entrouvrir la bouche pour prononcer ce qui avait l’air d’un discours d’adieu et de ses derniers mots avant de sombrer dans la dépression, l’inconscience et le délire ; la cabine bougea à nouveau. Serrant la main de Caly, elle regarda en dessous d’elle, mais elle ne voyait plus l’intérieur de l’ascenseur. Merde. En montant, avec son pied, elle avait refermé la trappe. Peut-être qu’elle n’aurait pas besoin que Caly la tue, elle le ferait toute seule. « Je crois que ça monte… tu trouves pas ? » En effet, la cabine montait. Vers le carré de lumière, et la liberté. En quelques secondes elles se retrouvèrent en haut, une porte laissant échapper un halo de lumière par ses interstices à la gauche de Romy. Cette dernière essaya de l’ouvrir, mais il n’y avait pas de poignée. Non, pas si proche de la liberté… donnant un violent coup de pied, la porte s’ouvrit et l’air frais s’engouffra dans ses poumons. Passant par l’étroite porte, elle sortit enfin de cet enfer, puis se retourna pour aider Calypso à s‘extraire hors de cet espace confiné. Mais sa joie fut de courte durée. Elles étaient dehors, mais pas tout à fait au niveau de la terre. Elles se trouvaient désormais sur le toit du centre commercial, à plusieurs centaines de mètres de hauteur. Un rire nerveux la prit, qui se stoppa bien vite lorsqu’elle atteignit le bord du toit. C’était fichu. « Hum…voilà, on est dehors… » La panique avait envahi chacune des parcelles de son être ; et tout ce à quoi elle pouvait penser, c’était au fait que Caly… allait la tuer.
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