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 and I'd be fine [Samuel]

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MessageSujet: and I'd be fine [Samuel]   Ven 3 Sep - 19:04


Un tintement agaçant résonnait dans cette chambre blanche, froide et qui, au fil des jours, perdait en son sein un peu plus d'espoir. Des dizaines semblables à celle-là avaient été occupées après l'attentat du métro. Toutes avaient reçu des blessés. Et pourtant, cette dernière ce voulait différente. Elle y abritait une mère de famille. Une jeune femme. Allongée dans ce lit, Savannah dormait paisiblement. Les traits fins de son visage d'ange se voulaient des plus détendus, comme si le monitoring permettant de contrôler son état l'avait bercé. Ce qu'il pouvait être énervant ce bruit d'ailleurs ! A son chevet, le petit Mattéo soupira une nouvelle fois. Il était le premier à le dire, alors qu'il passait son temps ici, auprès d'elle. Lorsqu'il ne dessinait pas pour lui faire plaisir, le bout de chou venait tenir la main de sa maman. Elle dormait... Depuis trop longtemps maintenant. Et puis elle lui manquait. Il voulait la voir sourire à nouveau, rire à ses bêtises. Il voulait sa douceur, ses bras, ses baisers. Ce petit bambin voulait tout simplement sa maman. Il ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait, bien que très intelligent. Oui, on lui avait expliqué pour le coma et le traumatisme. Mais que valait des mots et termes médicaux contre l'incompréhension de ce malheur ? Rien. On ne pouvait pas lui fournir d'explications suffisamment claires pour tout ça. Il ne voyait pas pourquoi elle n'ouvrait pas les yeux quand il l'appelait. Pourquoi elle ne lui murmurait pas doucement de la laisser se reposer, comme lorsqu'il venait sauter sur son lit le dimanche matin.

Aujourd'hui encore, à la sortie de l'école, il s'était empressé de rejoindre son père. Saluant ses petits camarades d'un geste de la main, il ne s'attardait jamais vraiment devant le bâtiment. Lui qui d'ordinaire faisait tout pour grappiller quelques minutes supplémentaire sur le terrain de jeu, traînait presque son père vers la voiture. Car oui, Mattéo était sous la responsabilité de son papa depuis l'accident de sa mère. Il se souvenait parfaitement du moment où il l'avait vu sur le pas de la porte, chez ses grand-parents. Sa mamie semblait bouleversée, mais s'était retenue face à lui. Le petit n'était pas dupe. Il avait perçu le malaise, mais trop heureux de voir son papa, il ne s'était pas posé de questions. Il l'avait suivit. Se faire garder par papa c'est chouette, non ? Au début. Mais quand cela voulait dire qu'il n'y avait plus maman pour s'occuper de lui, le plaisir perdait de son éclat.
« On va voir maman, hein ?! » Lui avait-il tout de suite demandé. Il n'attendait que ça... Voir sa mère... Et même si les médecins limitaient les visites, ils n'en avaient rien à faire. Au contraire, Mattéo était persuadé qu'en parlant quotidiennement à sa mère, en lui confiant que son jeu du « Roi du Silence » était pourri et qu'elle lui manquait, elle finirait par sourire et ouvrir les yeux. Il en était des plus touchants. Parfois, Cesare venait lui aussi. Ils se croisaient. Mattéo se rappelait tout un tas de choses qu'ils avaient pu partager, et en faisait part à voix haute, toujours pour Savannah. Finalement, ce petit était à cours d'idée. Il ne savait plus quoi faire. Aujourd'hui, c'est machinalement qu'il était venu s'asseoir sur le bord du lit. Il lui avait parlé un moment...

« Et là, Sophia est venue jouer avec nous... Et...
- Je reviens mon bonhomme, d'accord ?
- Ok papa...
- Je n'en ai pas pour longtemps. »

Samuel quitta la pièce, laissant Mattéo tout seul dans cette grande chambre, face aux yeux clos de la jeune maman. Il continua son récit, laissant sa petite main dans la sienne. Une fois fini, il se laissa aller tout contre elle, se penchant sur le côté, allongé. Il releva son regard, bordé de larmes menaçant de couler d'une seconde à l'autre. Il était fatigué. C'était difficile pour un petit bonhomme de son âge. Il ferma finalement les yeux, quand un souffle chaud lui caressa le visage. Un soupir venait de se faire entendre, difficile, mais suffisant. Il sentit une très légère pression sur sa main et des cheveux vinrent lui chatouiller le visage.
« Mattéo... » -murmura un filet de voix, brisant le silence.
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MessageSujet: Re: and I'd be fine [Samuel]   Sam 4 Sep - 8:04

    Je tourne en rond dans mon lit. C'est comme ça tous les soirs, ça ne s'arrête plus et je ne vois plus la lumière au bout du tunnel. Matteo fait des cauchemars, je ne passe pas une nuit sans me lever pour aller le réconforter. Mais enfin, j'en fais moi aussi des cauchemars. Si jamais elle ne se réveille pas, qu'est-ce qui va bien pouvoir se passer ? J'ai trop de regrets sur la conscience, trop d'inquiétudes. Je suis perdu moi-même, inutile de vous expliquer à quel point est-ce qu'il m'est difficile de pouvoir expliquer les choses au petit homme, Matteo... Le voir si triste me rend la tâche encore plus difficile, mais c'est la mienne et je ne m'enfuirais pas, pour rien au monde. La grand-mère de Matteo appelle presque tous les jours, ce qui me donne cette sensation désagréable d'être surveillé. Je ressens un immense besoin de solitude et d'abandon de tout ce qui m'entoure, je dois faire le point. Pourtant, chaque fois que j'aperçois le regard à la fois pétillant et à la fois épuisé de mon fils, je retrouve un peu d'énergie et de courage. Si je ne continue pas le chemin pour moi, je le fais pour lui. Je me rends compte jour après jour, et surtout avec les épreuves que nous devons surmontés, qu'il représente tout ce qu'il y a de plus important et de plus significatif dans ma vie. C'est plus que ça, plus que tout, Matteo est ma vie. Il me fait bizarre de l'avoir ignorer durant trop d'années, mais voilà, je sais qu'à présent, plus rien ne pourra faire en sorte que je l'oublie.

    Mon coeur se brise à tous les coups lorsque j'attends mon fils devant la voiture près de son école. Il a cet air désabusé que je ne lui ai jamais connu auparavant, ce calme trop mature, ces traits tirés par l'inquiétude. Il est différent de tous les autres enfants de son âge que je vois traîner les pieds, rigoler et blaguer entre copains avant de rejoindre leur papa ou leur maman pour rentrer dîner à la maison et faire leurs devoirs. On dirai peut-être que je suis un mauvais père, mais les devoirs sont loin d'être ce que j'enseigne à Matteo d'être une priorité en ce moment. Le plus souvent que cela est possible, j'emmène directement le petit voir sa mère à l'hôpital. Je me suis posé la question longtemps, me demandant si je n'empirais pas les choses en lui montrant régulièrement la cruelle vérité, mais je sais aussi qu'il n'est pas dupe et que le priver de ses visites qu'il attend avec tant d'impatience serait lui briser son petit coeur d'enfant avec encore plus de violence que la vie en elle-même ne s'occupe déjà de le faire à ma place. Soucieux, je l'observe discuter avec Savannah qui dort toujours. Cette conversation m'aurait sans nul doute tiré un sourire si elle n'avait pas été à sens unique. Je sens mon téléphone portable qui se met à vibrer dans ma poche, je le sors et m'aperçoit qu'il s'agit d'un appel de mon père.

    « Je reviens mon bonhomme, d'accord » Dis-je doucement, d'un ton soucieux. Qu'est-ce qu'il veut celui-là ? N'ai-je pas été suffisamment clair sur le fait que je n'avais strictement plus rien à lui dire ? N'empêche, c'est mon père et s'il m'appelle comme ça, c'est qu'il doit avoir une bonne raison de le faire. « Je n'en ai pas pour longtemps. » Je sors donc de la chambre et m'éloigne à travers les couloirs tout en me rappelant à quel point est-ce que du plus loin que je puisse me souvenir, j'ai toujours détesté les hôpitaux. Tout y est mis en place pour vous aider à vous sentir mal à l'aise, à commencer par la couleur choisie pour les mûrs et même les rideaux, c'est d'une laideur à en faire peur.

    - « Bon, tu veux quoi ? »
    - Samuel, c'est impoli.
    « Drôlement rien à foutre, j'ai d'autres soucis. »
    - Comment tu vas ?
    « Superbement, c'est tout ? »
    - J'ai su ce qui était arrivé à Savannah... Je...
    « Bien sûr, tu t'es souvent soucié de ce qui lui arrivait. »
    - Comment va ton fils ?
    « Sa mère est entre la vie et la mort, comment tu penses qu'il va ? »
    - Je suis en ville. Je songeais à passer te voir, tu vas m'ouvrir au moins ?
    « J'en sais rien. Bon écoute, papa, j'ai d'autres choses à faire pour le moment, je te rappellerai. » *clic* -

    Je soupire profondément et me passe une main nerveuse à travers les cheveux après avoir ranger mon portable dans ma mère poche. Je prends le soin d'enlever le mode vibration juste avant, je n'ai pas envie de recevoir un appel de qui que ce soit et il n'y a de toute façon rien, ni personne, de si important pour que ça ne puisse pas attendre ma sortie de cet établissement empoisonné ! Je me dirige finalement vers l'étage du bas en empruntant les escaliers pour aller acheter des sandwich à la cafétéria. Il faut que Matteo mange et je le dois aussi, surtout pour montrer l'exemple. Je suis soulagé de voir qu'il n'y a pas une file d'attente interminable, je ne l'aurais pas supporté. Une fois au comptoir, j'en prends une au poulet pour le petit, sachant que c'est ce qu'il préfère, et une aux œufs pour moi. Je paye, puis reprends les escaliers pour retrouver Matteo à l'étage auprès de Savannah.

    Une fois que je franchis la porte de la chambre où elle repose tranquillement depuis déjà trop longtemps, je lance d'une voix blasée, mais qui se veut positive : « Allez mon grand, c'est l'heure d'avaler quelque chose. » Je lève les yeux et remarque que Matteo ne me répond pas et que toute son attention et dirigée vers le corps allongé de sa mère. Attendri, mais le coeur encore plus meurtri par cette vision, je m'approche d'eux et je fige sur place lorsque j'aperçois les yeux ouverts de la jeune femme. Mon coeur fait deux tours, je me sens à l'envers. Nerveusement, je dépose les sandwich sur la table et reste interdit. Un très mince sourire finit par apparaitre sur mes lèvres.

    « On t'attendait. » Dis-je tout doucement.
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MessageSujet: Re: and I'd be fine [Samuel]   Dim 5 Sep - 21:47

Ses yeux peinaient à s'ouvrir, et pourtant la jeune femme prenait sur elle pour fournir cet effort qui lui semblait pour le coup surhumain. Ses paupières étaient lourdes et le filet de lumière qui passait entre lui brûlait la rétine. Elle avait gardé les yeux clos si longtemps qu'ils n'en avaient plus l'habitude. Eblouie, elle avait mal. Mais cette sentait cette présence rassurante à ses côtés. Il n'y avait qu'une personne pouvant avoir un tel effet apaisant sur elle, et c'était son fils. Son petit bonhomme était tout contre son coeur, et cela suffisait à la faire revenir à elle. Ses membres immobiles lui donnaient l'impression de peser une tonne. Elle était ancrée dans ce lit, et des picotements lui parcouraient la colonne vertébrale. Où se trouvait-elle ? Que s'était-il passé ? Elle ne se souvenait pas de grand chose, si ce n'était de cette gigantesque explosion dans le métro, puis cette inconnue qui était venu lui porter secours. Tout était vague, imprécis et brumeux dans son esprit. Elle revoyait aussi des lumières, semblables à des phares, elle entendait des voix et des appels, puis sentait des bras la soulever. Tout ça provenait du fin fond de sa mémoire et lui tiraillait les entrailles. Elle se souvenait de la douleur, de ses vertiges, et puis... Plus rien. Un trou noir. Jusqu'à ce qu'elle reprenne conscience ici-même. Doucement, elle murmura le prénom de son fils, pour finir par se stopper en entendant une voix grave résonner dans la pièce. Le bout de chou n'était pas seul, fort heureusement. Complètement perdue, Savannah ne savait pas où elle se trouvait, bien que quelques indices lui laissait deviner que son lit n'était autre que celui d'un hôpital. Tout d'abord ces perfusions qui lui brûlaient l'intérieur de son bras, puis le tube qui passait juste devant son nez, lui offrant davantage d'oxygène pour ne pas la fatiguer inutilement, et le monitoring qui enregistrait ses pulsations cardiaques et sa tension... Elle était déboussolée et un sentiment de peur lui tordait littéralement l'estomac. Elle n'aimait pas cet ignorance et la craignait, sentant qu'elle ne contrôlait en rien la situation.

Cette voix, elle l'aurait reconnu entre mille autres... Il s'agissait de Samuel, et savoir qu'il s'occupait de leur fils lui mettait un peu de baume au coeur. Cela apaisait en quelques sortes ses angoisses, quand elle se torturait l'esprit en pensant qu'elle avait fait preuve de faiblesse et avait abandonné son fils. Elle exagérait les choses, car elle s'était vraiment battue. Mais elle était comme ça... Son fils était sa raison de vivre, elle ne supportait pas l'idée de l'avoir laissé seul. Eux deux s'étaient toujours débrouillés seuls, formant un duo de choc, une véritable équipe... Elle l'avait laissé. Elle ne se le pardonnait pas. Le coeur serré et pourtant rassurée, la jeune femme tenta de bouger. Mattéo quand à lui venait de se redresser, affichant un large sourire. Il était tout simplement heureux !
« Maman ! Maman s'est réveillée !
- On t'attendait. »
-ajouta Samuel, d'une voix douce. La jeune maman essaya d'esquisser un léger sourire, sans grand succès. Son visage retrouvait peu à peu ses expressions alors que ses yeux clignaient à tout allure pour s'habituer de nouveau à la lueur du jour. Les exclamations du petit avait attiré l'attention d'une infirmière, qui avait aussitôt prévenu le médecin chargé du cas de Savannah. Il se pressa pour regagner la chambre, et s'excusa auprès de la famille pour faire un rapide diagnostic de sa patiente. Il devait juger si ses capacités intellectuelles et motrices étaient intactes, ainsi que ses réflexes.

De son côté Mattéo ne tenait plus en place. Il sautillait, après avoir glissé ses petites mains dans celle de son père. Relevant la tête, il lui offrait le plus grand sourire qui soit.
« Tu vois j'avais raison ! Elle s'est réveillée pour nous ! » Il était sur son petit nuage, pressé que le médecin en ai terminé avec ses examens. Il lui faisait un mal de chien avec sa lampe de poche, visant avec cette dernière ces pupilles, lui demandant de la suivre du regard. Non mais elle n'était pas masochiste non plus !? S'exécutant, elle grimaça. Il lui posa ensuite quelques questions...
« Bon retour parmi nous... Pouvez-vous me dire comment vous vous appelez ?
- Savannah... Savannah Dolce Leoni.
- Oui, très bien. En quelle année sommes nous ?
- 2010.
-Donc quel âge avez-vous ?
- Bientôt 23 ans... Mon fils... Où est mon fils ? »

Le médecin esquissa un sourire, touché, et se recula pour laisser passer le bout de chou. Mattéo s'exécuta, grimpant sur le fauteuil juste à côté du lit. Il déposa un baiser sur la joue de sa mère, et l'enlaça. Cette dernière laissa une larme rouler sur sa peau pâle et légèrement bleuté par endroit, soulagée d'avoir retrouvé son petit garçon. L'émotion était trop forte, malgré tous ses efforts pour la contenir. Elle soupira doucement, et tenta de prendre appuis sur ses avant bras pour se redresser, jusqu'à ce qu'on vienne l'aider et caler un second oreiller derrière sa tête. Mattéo revenant tout contre elle, elle lança un regard à Samuel. Les mots ne suffisaient pas pour lui faire part de sa reconnaissance. Un merci était bien trop petit.
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MessageSujet: Re: and I'd be fine [Samuel]   Sam 11 Sep - 7:51

    Vous savez, il y a de ces moments terribles dans la vie où on a bien l'impression que tout s'est écroulé et que c'est pour toujours. Il ne suffit parfois que d'un détail, que de l'absence de quelque chose, pour être porté à un tel désespoir. Le vide se fait alors de plus en plus oppressant et on n'arrive plus à rien contrôler. C'est comme ça que je me suis senti ces derniers semaines, comme ça que je me suis senti depuis bien longtemps maintenant que j'y pense, seulement je ne prenais pas vraiment le temps de m'en rendre compte. Je ne suis ni narcissique, ni si modeste, je crois me situer entre les deux, capable d'être conscient de ce qui fait de moi une bonne personne et à la fois de ce que j'ai à changer pour m'améliorer. Pourtant, tout me pousse à croire qu'il me faut absolument une motivation extérieure pour avoir envie de me sortir de l'ennui, une motivation que j'ai trouvé en la personne de Matteo. Et il n'y a pas que ça, il n'y a pas que lui. L'autre personne qui a un si puissant impact sur moi, c'est une jeune femme, vous devinez laquelle ? Celle là même qui vient d'ouvrir les yeux et qui par le fait même, me comble d'un bonheur demeuré trop longtemps à l'écart.

    L'euphorie que je ressens est telle que j'en oublie tout le reste. Pour le moment, il ne me vient pas à l'esprit que la relation entre Savannah et moi est drôlement conflictuelle et que j'ignore où ça en est très exactement. Si ça n'avait pas été de cet examen, de son coma, et de ma présence "forcée" dans cette chambre d'hôpital parce que je prends soin de Matteo, je pense ne pas me tromper en disant que nous aurions peut-être passé des mois sans nous adresser la parole... enfin elle ! Non pas que je souhaite mettre tous les tords sur son dos, mais c'est... c'est Savannah qui a piqué une crise et c'est de là que tout a commencé. L'écart... L'éveil des anciens sentiments, des anciennes sensations et d'un peu tout ce qui va avec... La rupture avec Cath qui s'en est suivie, tous les chamboulements !

    Je pris la main de Matteo et l'entraînai un peu à l'écart, afin de laisser place au médecin pour qu'il fasse son boulot. Je n'écoutais franchement pas tous les détails de la conversation qu'il avait avec Savannah, trop occupé à sourire au petit garçon qui grouillait d'impatience et de soulagement d'avoir vu sa mère éveillée. Je faisais tout mon possible pour me montrer aussi simple que possible, ravi bien sûr parce que je l'étais sincèrement, mais peu à peu, je sentais mon esprit retomber dans la réalité. Si vite ! Oui, si vite, si brusquement même, ai-je envie de dire. Il n'y a pas même le temps de reprendre son souffle, à peine bien le temps de frôler du bout des doigts le bonheur d'être tous les trois réunis pour une fois depuis si longtemps... si longtemps... Mais il ne faut pas plus que quelques secondes pour que le médecin se retire et que Matteo retourne voir sa mère à la vitesse de l'éclair. Je suis attendri, muet, le coeur plein d'émotions. Le médecin s'approche de moi et je me reconnecte avec la réalité une deuxième fois, encore contre mon gré. J'échange quelques mots avec ce dernier qui m'informe de l'état de Savannah qui est plus que rassurant, enfin, des quelques mots que j'en saisis, avant qu'il ne se décide à sortir de la chambre pour nous laisser vivre nos émotions en paix... en famille ? Puis-je employer ce terme ?

    Je m'approche du lit une deuxième et dit à Matteo sur un ton qui se veut espiège :
    « Allez, ne brusque pas maman, Mat, elle doit sacrément manquer de sommeil la pauvre. » Ah, c'est ironique n'est-ce pas ? Le fait qu'une personne ayant gardé ses yeux fermés si longtemps puisse manquer de sommeil, être faible, épuisé... Mais je ne suis pas sérieux, bien sûr que je sais que Savannah a véritablement besoin de repos. Le petit se calme alors, se couche à ses côtés et je m'assois près d'eux en posant sur leurs visages un regard tendre. « Comment est-ce que tu te sens ? », je demande alors à Savannah, avec une certaine... timidité, je pense. C'est ce qui convient le mieux pour décrire la manière dont se déroulent les choses entre nous.
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MessageSujet: Re: and I'd be fine [Samuel]   Mer 15 Sep - 15:52

Se réveiller après avoir été plongée dans un tel coma, c'était comme se reprendre connaissance après avoir été lourdement assommée. Savannah avait mal au crâne et se sentait très faible. Pourtant, avoir son petit homme près d'elle semblait lui insuffler la force qu'il lui manquait pour garder les yeux ouverts plus de quelques secondes. Sa respiration s'était apaisée, les pulsations de son coeur s'étaient calmées, et elle laissait échapper quelques soupirs. L'émotion qui s'était emparé d'elle était indescriptible. Tout se mélangeait. Soulagement, bonheur, colère envers elle-même, gratitude envers Samuel. Elle ne savait pas quoi dire, restant muette devant lui. Son regard s'était posé sur lui alors que Mattéo venait trouvait trouver refuge dans ses bras. Elle le fixait, sans un mot. Elle n'en avait pas besoin pour lui faire comprendre qu'elle lui en serait à jamais reconnaissante. Du coin de l'oeil, elle l'observait parler au médecin, alors que Mattéo la bombardait de questions. Qu'avait-elle fait tout ce temps ? Dormir ne l'avait pas ennuyer à force ? Et c'était comment quand on dormait sans arrêt ? Elle devait péter la forme maintenant, non ?
« Doucement mon coeur... » -souffla-t-elle en passant une main dans ses cheveux court, caressant au passage son petit front. C'est là que Samuel refit son apparition, s'approchant du lit. Le médecin venait de les laisser, annonçant qu'il repasserait plus tard pour des examens plus précis, qu'il les laissait se retrouver tranquillement. Savannah esquissa un léger sourire, qui ne pu que s'accentuer à la suite de Samuel et de ses réflexions ironiques et amusées.

Elle ne manquait pas de sommeil, et pourtant elle était incroyablement fatiguée. Son cerveau demandait bien trop d'énergie pour se remettre en route et faire bouger ses membres. Elle était affaiblie et tout se contredisait. Elle avait faim et paraissait à la fois écoeurée... Elle baillait mais ne voulait pas s'endormir. Surtout pas. A la question de Samuel, la jeune femme haussa d'abord les épaules. Elle n'en savait trop rien, c'était sans doute cela qui s'avérait être le plus étrange. Ni bien, ni mal, elle cherchait à savoir comment elle se sentait.
« Soulagée ? » -répondit-elle, d'une voix hésitante. Elle avait toujours été ainsi, s'inquiétant pour Mattéo avant tout, en s'oubliant elle-même au passage. Car une fois de plus, elle faisait allusion à son petit bonhomme. « Merci Sam... » Sa voix tremblotait sous le coup de l'émotion. Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux clairs. Doucement, elle vint chercher la main du jeune homme, et la serra dans la sienne. « Merci...
- Maman ? Tu sais, papa s'est trop bien occupé de moi ! Il est super !
- … J'allais le dire. »
répliqua-t-elle, sans lâcher Samuel du regard. Il devait être encore bien loin de pouvoir imaginer à quel point elle lui en était reconnaissante. Elle qui avait toujours douté de son retour dans leurs vies, elle ne le regrettait pas. Sa confiance il l'avait gagné haut la main. Il n'avait pas prit la fuite, assumant son rôle de père. Et pour le voir ici, dans cette chambre, avec Mattéo, elle devinait sans mal qu'il était allé chercher le petit, et donc ce dit rôle. Il l'avait voulu... Savannah en était touchée, et ce bonheur coulait désormais sur ses joues pâles.
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MessageSujet: Re: and I'd be fine [Samuel]   Mer 29 Sep - 1:03

    Soulagée ! Et comment ... Lui-même ne voit pas un autre mot pour exprimer la manière dont il se sent en ce moment même. Son esprit s'est complètement fermé face à la perspective d'imaginer le fait que Savannah ne se soit pas réveillée. Il fallait qu'elle se réveille, rien n'aurait pu continuer d'être réel sans cela. Se faire remercier pour si peu le surprend. Certes, les circonstances passées n'ont pas toujours fait en sorte de lui accorder le beau rôle, mais il ne sait pas même s'imaginer avoir fait autrement. La vérité est qu'au fond des choses, il a lui-même eu extrêmement besoin de la présence de Matteo pour surmonter ce moment difficile. Il n'y a pas que le père qui a pris soin du fils, et bien que dans les faits les choses se soient passées ainsi, c'est moralement tout autre : ils ont mutuellement pris soin l'un de l'autre. S'il n'y avait pas eu Matteo, si Samuel avait été forcé d'affronter cette épreuve en solitaire, j'ignore ce qui serait arrivé de lui, ce qu'il aurait fait ou encore ce qu'il serait devenu ! Le regard que le jeune Jenkins pose sur la demoiselle ne nécessite pas qu'on y ajoute des mots, n'importe lesquels. Ce regard veut tout dire, il représente tout et bien sûr, il prend soin de préciser que ces remerciements ne sont pas nécessaires. On ne remercie pas un père de s'être occupé de son enfant.

    Flashback

    Les bras glissés autours du corps nu de la jeune femme, Samuel est éveillé depuis longtemps. À vrai dire, il n'a pas trouvé le sommeil cette nuit. Trop de choses lui tournent dans la tête, à la fois bonheur, inquiétude et regrets. Doutes. Mystère. Incompréhension ! Savannah bouge un peu et il baisse les yeux afin de trouver son regard et, en silence, ils se détaillent pendant un moment.

    - Je croyais que tu dormais, murmura la jeune femme avec un très mince sourire, sourire auquel Samuel ne sait faire autre chose que de répondre doucement par la pareille. Il pose un baiser sur le front de la jeune femme et tire la couverture contre elle, histoire qu'elle sot bien au chaud, qu'elle soit confortable. Il n'a qu'un seul désir et c'est cela là : que Savannah soit bien.
    « Pour être honnête, je n'ai pas dormi encore. Et toi ? »

    Pas de réponse dans l'immédiat, seulement un vague haussement d'épaules. Samuel soupire tout doucement, sans être capable de faire taire cette espèce de culpabilité qu'il a au fond du coeur. Était-ce bien raisonnable de succomber ainsi ? Non, la réponse est définitivement non, sans compter qu'il y a encore Catherine qui l'attend chez lui. Il a vu son téléphone portable s'allumer quelques fois cette nuit, heureusement d'ailleurs qu'il était sur le mode silencieux... Il appréhende déjà la dispute à venir, mais ce n'est rien à côté de ce que ça risque d'être auprès de Savannah. Toute cette douceur sonne faux, ne pourra pas continuer ainsi.

    - Tu imagines si Matteo se réveillait ?
    « Il serait ravi, tu ne crois pas ? » Répond Samuel dans une tentative d'humour et de se détendre lui-même. Savannah le regard, il n'arrive pas à déterminer si elle lui en veut de plaisanter ou si elle se laisse séduire par cet humour déplacé. Il caresse tout doucement sa joue en laissant ce silence rempli de questions s'installer.

    Fin du flashback

    Les larmes coulaient à présent sur le visage de Savannah. Et bien qu'on ne se mette pas à sourire et à rire lorsque l'on voit quelqu'un pleurer, Samuel ne peut étouffer l'espèce d'euphorie apaisante qu'il ressent dans l'instant. Il s'approche doucement et glisse un bras autours des petites épaules de Savannah, entourant du même coup et le gamin et la maman. Dire qu'il s'agit du plus beau moment de sa vie serait faux, car il y en a eu plusieurs autres : le premier baiser avec Savannah, la première fois qu'il a pu voir son fils et ses petits yeux brillants... Mais toutefois, ce moment est symbolique de la famille qu'ils sont coûte que coûte, quoi qu'il ne se passe finalement entre eux ou entre qui que ce soit. Savannah et Samuel auront beau être l'un pour l'autre ce qu'ils voudront, rien ne pourra jamais effacer ce puissant lien qui les unie de par le passé et de par ce charmant petit garçon qui est leur fils.

    « C'est Matteo qui est le plus génial dans tout ça. » Répond-t-il finalement au bout d'un moment en adressant un regard complice à son fiston. « Il a été si sage que je n'ai rien eu à faire, même pas besoin de lui demander de ramasser son linge le soir après le bain. » ajoute-t-il, moqueur. Matteo rigole, fier. Samuel pose son regard sur Savannah. Un autre de ces regards silencieux, plein de sens.

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MessageSujet: Re: and I'd be fine [Samuel]   Lun 4 Oct - 0:13

Oui, à présent, la jeune femme était en larmes... De joie. De soulagement. Quelques unes qu'elle n'expliquait pas. Suite à son réveil. Elle était déboussolée et les émotions retombaient en cascade sur le coin de sa tête. Ca faisait mal et à elle s'en sentait à la fois heureuse. Tout ça parce qu'elle avait les yeux ouverts, qu'elle partageait tout ça avec son fils, avec Samuel, qu'elle vivait le moment présent et ne perdait pas une seule seconde du temps passé avec Mattéo. C'était tellement important pour elle. D'ordinaire, elle se serait cachée, afin d'épargner ce spectacle à son bout de chou, et ne pas sentir ses joues chauffer et rosir face à Samuel, gênée de sa propre fragilité. Le jeune homme venait de passer son bras autour de ses frêles épaules, les serrant elle et leur fils, tout contre lui. Doucement, Savannah vint appuyer sa tête tout contre son torse, et ferma les yeux quelques instants, s'enivrant de son parfum. Elle n'ajouta rien, se sentant déjà bien idiote en répétant ainsi qu'elle le remerciait. Il l'avait bien compris à force...
« Mon papa, c'est le meilleur ! » -s'exclama Mattéo, avec un large sourire en réponse au regard complice de son père. Il avait été des plus sage, car s'adapter était quelque chose d'inné chez lui. Il savait quand il pouvait déconner, faire l'andouille, et quand il fallait calmer le jeu et se ternir correctement. Savannah esquissa un sourire et ne pu que soutenir le regard que lui adressait Samuel.

FLASH BACK
« Quoi ? - La jeune femme tourna la tête, et remonta le drap sur sa poitrine.
- Rien, rien... - De son index, Samuel caressa son épaule dénudée. Les joues de la jolie blonde se teintèrent d'un voile rosé.
- Ne me regarde pas comme ça...
- Comment ?
- Comme...
- Elle fit en sorte de se tourner, et vint lui voler un baiser en se penchant tout contre lui. ...ça.
- Reste encore un peu au lit avec moi...
- Non.
- répondit-elle calmement.
- Mais...
- Non Sam'... Si Mattéo se lève... »

Il lui coupa la parole en venant plaquer ses lèvres contre les siennes. Cédant sous cet élan de tendresse passionnée, Savannah répondit à son baiser. Elle ne se posait plus vraiment de questions, ayant le coeur léger. Pourtant, elle savait que ça ne tarderait pas à arriver. Elle était littéralement retombée dans ses bras, les sentiments guidant ses actes. Mais rien n'était aussi simple. Rien...
FIN FLASH BACK

Le médecin revint alors dans la chambre, un bon moment après. Espérant ne pas les déranger, il s'excusa et s'approcha du lit. Sa mine était bien plus sérieuse, voir même dur. Savannah se demandait bien ce qui se passait pour qu'il revienne. Des examens à faire ? Mais ça ne pouvait pas attendre encore un peu ?
« Monsieur Jenkins... Pourrais-je vous parler, seul à seul, dans le couloir ? »
Là, la blondinette fronça les sourcils. Ca n'était carrément pas normal ! Pourquoi parler à Samuel ?
« Quelque chose ne va pas ? » -demanda-t-elle, un peu inquiète, et surtout plongée dans une totale incompréhension. Le médecin fit un signe de tête au jeune homme, et passa à nouveau la porte, attendant qu'il le rejoigne. Une fois chose faite, il soupira doucement.
« Je vous ai parlé de Mademoiselle Leoni... Vous savez ce qu'il en est... Son état... Et bien, il faudrait lui en parler le plus rapidement possible. Je me demandais simplement si vous souhaitiez le lui apprendre vous-même. Il se pourrait que cela passe mieux si l'annonce provient d'un proche. Il faut lui dire qu'elle est enceinte, tout en la ménageant au maximum. Venant du personnel médical, cela pourrait être un choc... Et attendre n'arrangera rien... »
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and I'd be fine [Samuel]

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