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 ✥ AENEIDOS

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Carolina B. Di Brolese
« ils s'instruisent pour vaincre »

AGE : 23 ans
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MessageSujet: ✥ AENEIDOS   Dim 13 Mar - 5:12


“ VENI vidi vici „
Audaces fortuna juvat.


« Qu’est-ce que tu entends par : ça n’a aucun sens ? »
Le cul posé sur le bureau que j’ai noyé sous une montagne de livres, il m’observe avec une excitation perceptible. Je ne sais pas si c’est dû à mon corps ou à ce que je suis entrain de lui exposer, mais vu les fringues de merde que j’ai sur le dos, j’aurais tendance à pencher pour la deuxième solution. C’est pas de ma faute, il n’était absolument pas prévu qu’il rentre si tôt, sinon, évidemment, j’aurais pris soin de revêtir mon uniforme de fonction : Robe hors de prix montrant plus que ce qu’elle ne cache, et escarpins de tarés. J’ai enfilé quoi ? Un vieux jean et un tee-shirt informe. Il n’est absolument pas censé me voir comme ça, et ça m’indispose autant que Superman a qui on aurait chouré son petit slip rouge et qui serait condamné à survoler Metropolis dans sa tenue pourrie de Clark Kent. Mon identité secrète est sur le point d’être révélée, il va bientôt se rendre compte que la différence d’âge est assez fracassante entre nous, et quand je m’assiérais sur ses genoux en l’appelant « monsieur », il risque de ne plus du tout y trouver quoique ce soit d’excitant. Alors je fais glisser ma chaise au plus près du bureau, planquant les jambes de mon jean troué sous le meuble.
« C’est du latin. » Je lui réponds en désignant le texte à l’écriture étrange sur la dernière page du livre. Mon doigt en caresse le relief assuré et l’encre légèrement passée. J’ai fait des comparatifs, à vrai dire j’ai passé la dernière semaine à ne faire que ça, et je peux affirmer qu’il s’agit de l’écriture –réputée illisible, à raison- de Napoléon Bonaparte. Sous mes doigts, l’encre de l’empereur. Sous mes doigts, des pages qu’il a lui-même touché. Je frôle le fanatisme.
« Et alors ? Tu parles latin, non ? » Il m’agace. Son air supérieur et blasé qu’il affiche avec nonchalance comme s’il n’avait pas conscience du trésor qu’il vient de prendre entre ses mains. Je voudrais lui arracher le livre et lui renvoyer son inculture à la gueule, mais ce sont des choses que je ne peux me permettre avec celui que je considère comme mon Pygmalion. Un Pygmalion un peu limité intellectuellement, mais vu qu’à mes yeux, 99% de la population l’est…
« On ne parle pas le latin, on le pratique. » Je rétorque agacée en ravalant le « connard » à valeur de ponctuation. « Il y a une foule d’erreurs. Discipuli s’écrit avec un « c », pas un « g ». Napoléon a aussi mélangé les caractères de « ipse dixit ». Et les lettres « uxiio » ne signifient rien du tout. Mais ça mis à part, c’est du latin, tiré de la Bible. Il y est question de l’histoire de Jésus et de ses disciples prenant leur repas le jour de sabbat. Il existe trois versions de cette histoire, dans Luc, Matthieu et Marc. Mais le texte en lui-même, la version de Napoléon, ne correspond à aucun des trois versets de la Bible. C’est plutôt un amalgame. Bizarre, non ? » C’était le moins qu’on puisse dire quand on savait qu’il s’agissait d’une note manuscrite déposée à la fin d’un ouvrage traitant du règne des Mérovingiens, de la naissance du royaume Franc, jusqu’à la fin de la dynastie. J’avais découvert une anomalie dans les dernières volontés de l’empereur : ce livre. De toute sa bibliothèque, c’était ce livre qu’il avait choisi de transmettre à son fils avec pour demande étrange, de ne le lui remettre que le jour de ses seize ans. L’enfant n’en avait jamais vu la couverture vu qu’il était demeuré en exil jusqu’à sa propre mort, mais le livre existait toujours et il se trouvait dans une bibliothèque privée parisienne. Il ne m’avait pas fallu longtemps pour convaincre le vieux de le récupérer pour moi, ou devrais-je dire « pour nous ». Il suffisait de lui faire miroiter un trésor caché et oublié de tous pour que ses yeux brillent d’excitation et le fasse ressembler à un vieux pervers exhibitionniste à la sortie d’une école primaire. J’avais eu raison pour le livre, et cette note manuscrite en attestait. Seulement, Pygmalion était passé à autre chose, un autre trésor moins « hypothétique » selon lui, et il attendait de moi que je m’y consacre nuit et jour. J’espérais que cette nouvelle découverte allait le replonger dans ma quête personnelle, mais à observer ses épaules se soulever légèrement et ses lèvres se tordre en une moue dégueulasse, j’ai comme un doute.
« Oui, peut-être. »
Ok, merci pour l’enthousiasme, père Fouras ! Dire que j’ai envie de lui foutre un pain dans la tronche est de l’ordre du doux euphémisme. Mais comme toujours, je prends sur moi, et oubliant durant quelques secondes que je suis vêtue d’une merde à 2€50, je décroise et recroise les jambes avec cette langueur toute particulière que les filles comme moi n’apprennent pas, mais qui leur tombe dessus en même temps que la puberté et une paire de nibards, et je me penche en avant, un bras de chaque côté de ses hanches, le menton à quelques encablures de son entre-jambe, et les yeux relevé vers papy.
« Mais il y a encore plus bizarre. » Je susurre. J’amorce un sourire et à la vue du sien, et je sais que je le tiens. Je sais avec certitude qu’en cet instant, je pourrais lui annoncer que j’ai trouvé la planque du grand Schroumpf, il y trouverait un intérêt incomparable et signerait pour 30 ans.
« Quoi donc ? » Souffle-t-il avant d’avaler péniblement sa salive.
« Napoléon… » Je lui réponds en ménageant mon effet de suspens tout en déposant mes lèvres sur une cuisse. Et j’attends de lire l’impatience dans son regard avant d’achever : « … il ignorait le latin. »


Perplexe. Même carrément dubitative devant la tenue que cette gamine, qui déambule devant moi, affiche, ou plutôt son absence de tenue. Elle est là, déjà blasée du haut de ses quatorze printemps, la gueule façon album de coloriage massacré par son petit frère de quatre ans qui n’aurait eu à disposition qu’un feutre noir. Le pire, c’est que je me doute qu’elle a du passer trois heures devant son miroir pendant que papa tambourinait comme un malade à la porte de la salle de bain, pour créer cette parfaite illusion d’une Morticia Adams dépressive ayant chialé toute la nuit. Presque autant de temps qu’elle a du passer à déchirer le collant noir transparent pour créer des trous et se donner une allure « trash. slache. bonne ». Elle a quoi ? 13 ? 14 ans ? Et la mèche grasse à force de –incroyable mais vrai- la ramener devant son visage, des fois que, sans elle, elle perde un peu de son aura de mystère post-gothique. Je l’observe et j’en viens à me poser une seule et unique question : Mais où est passée ta jupe, petite cochonne ? Et dire que je qualifie ma robe stricte et mes escarpins de 12, de tenue digne d’une pute. Mais à côté de cette enfant, je pourrais presque passer pour une de ces bonne-sœurs que je vous déambuler, chapelet à la main, et s’extasiant devant la moindre dalle de marbre. La gamine, elle, elle ne porte qu’un collant troué par-dessus un autre collant, comme si la superposition de sous-vêtements la dispensait de porter des vrais vêtements. Il fait genre -14°C dehors, et personne ne trouve rien d’anormal au fait qu’elle se trimballe à moitié à poil ? Si son père n’en a rien à foutre qu’elle choppe un rhume de la foufoune, il pourrait au moins s’inquiéter du fait que sa fille à l’air d’une pute de l’Est paumée en plein Vatican. Que font les gardes suisses, bordel ? On nous oblige à nous couvrir les épaules, mais une gamine le cul à l’air, ça pose de problème à personne ? Le groupe s’immobilise devant une succession de toiles géantissimes consacrée à l’évolution de la cartographie du monde, et la gamine se retourne vers moi. Elle me toise de haut en bas, et d’un coup, je me sens vieille. Je porte un trench Burberry sur une robe Alexander McQueen et les fameux escarpins à semelles rouges, et pourtant, elle me donne presque l’impression d’avoir enfilé une robe de chambre en molleton, chaussons isotoner inclus. Jeune insolente. Et j’y peux rien, je n’arrive pas à décrocher mon regard de cette Marie-Madeleine version post-modernisme déglingué. Elle m’a même détournée de ma mission première. Précisément, j’ai rien à foutre là. Globalement non plus, d’ailleurs. Derrière mes manières de madame, je suis quand même une poule de luxe n’hésitant pas à m’allonger sous un vieux pour obtenir ce que je souhaite. J’assume, c’est pas le problème, mais je reste une insulte envers l’Eglise Catholique qui m’accueille en sa demeure. Enfin qui « m’accueille » c’est un bien grand mot. 12€ l’entrée, paye ton accueil. « Venez à moi » qu’il disait ? Jésus, premier escroc de l’ère chrétienne, Mickey, son plus fervent disciple. Mais si je suis là, ce n’est certainement pas pour blanchir mon âme, pour ça, il n’y a plus rien à faire, des années passées en institut catholique m’ont définitivement détournées du joli petit chemin de la foi et des Bisounours. Je suis là pour une raison précise : un livre. Comme toujours. Sauf que ce livre se trouve exposé au Musei Vaticano. J’aurais pu demander une autorisation pour le consulter, mais la démarche aurait prit trop de temps, et de toute manière, ils auraient refusé. Comme toujours. Pourtant, à leurs yeux, il n’a pas une valeur inestimable puisqu’ils se contentent de l’exposer dans une vitrine au détour d’une salle déjà encombrée d’autres objets sans intérêt. Le seul fait d’arme de cet ouvrage ? Avoir appartenu à Napoléon. Pourquoi le Vatican l’a ? Une sorte de revanche sur l’empereur mégalo. Et surtout, son confesseur, l’abbé Buonavita, qui l’avait rapporté de Sainte-Hélène avec pour mission de le remettre à son fils, et qui, incapable de mener à bien sa mission, le céda au clergé, comme la totalité de ses biens, à sa mort. Il n’a pas été difficile de retrouver sa trace, mais le récupérer risque de s’avérer un tantinet plus délicat. Surtout si je me laisse distraire par la gamine junkie.

Il faut que je quitte ce groupe de touriste auquel je me suis mêlée pour ne pas éveiller les soupçons, et que je rejoigne les chambres de Raphaël, fermées pour travaux. Bah oui, parce que sinon ça aurait été trop simple, et donc pas assez drôle. Alors que tout le monde, tel un troupeau de gentils petits moutons élevé au Da Vinci Code, tourne à droite en suivant les flèches indiquant la Chapelle Sixtine, je bifurque à gauche dans un couloir désert où mes talons claquent sur le sol en marbre. Dès l’escalier, un panneau m’annonce qu’il s’agit d’une voie sans issue, et me conseille de retourner en direction de la Chapelle en me vantant ses merveilles picturales. Et bizarrement, je n’y vois qu’un néon clignotant « attention, brebis égarée, retourne avec les moutons. ». Une simple corde obstrue l’entrée. Habituellement, je ne suis pas celle qui enfreint les lois, je laisse ça à mon vieux, mais je ne suis pas contre une petite montée d’adrénaline de temps en temps, l’excitation, ces temps-ci, se résumant à mes différentes recherches, et parfois, une petite aventure extra-extra-conjugale, avec un spécimen tenant plus de cinq minutes avant de s’affaisser sur moi en ronflant. J’ai vraiment pas le temps pour ce genre de conneries, mais faut bien gratter là où ça démange, quand ça démange trop. Un nouveau panneau me hurle « no, no, no ! wrong waaaay ! » façon Mario Kart, mais je n’y prête pas particulièrement attention, et je continue de gravir l’imposant escalier menant au second étage. Cette section est déserte, même pas un garde suisse en costume de Bozzo pour protéger l’entrée interdite. Ca prouve bien l’intérêt qu’ils portent aux expositions de ces salles. La porte indique que les appartements de Jules II sont fermés pour travaux, et un échafaudage en atteste, mais, comme s’ils avaient décidé de me simplifier la tâche, nulle verrou n’empêche ma progression. La première pièce, et la seule qui m’intéresse, est vaste, son sol à damier et ses murs recouverts par Raphaël ne sont pas vraiment mis en valeur par les éclairages sur trépieds, et les fils électriques courant sur ses dalles. Tout autour de moi, diverses vitrines qu’on n’a même pas prit le soin de vider de leurs contenus, comme si on n’en avait rien à foutre qu’un ouvrier maladroit détruise ces trésors. L’Eglise possède tellement d’œuvres inestimables entassées au fin fond de leur sous-sol, qu’une petite perte de-ci-delà, n’a rien de grave, au contraire, ça fera plus de place pour le reste. C’est ce que je me dis en m’approchant d’une armure reconstituée –conquistador ?- pour m’emparer de l’épée que le gant d’acier maintient de manière menaçante. Et l’arme en main, je me dirige vers la vitrine toute proche, exposant un livre ouvert en son milieu. Sur la petite fiche, je lis qu’il s’agit des mémoires de l’empereur Napoléon, rédigées durant sa détention à Sainte-Hélène. Je lève la lourde épée au-dessus de ma tête, et l’abas de toutes mes forces sur la vitre de protection. Et puis, dans un bruit éclatant, une pluie de verre se répand sur l’échiquier géant du sol.
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Milo Auditore
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MessageSujet: Re: ✥ AENEIDOS   Dim 13 Mar - 20:54




ff La douleur qui lancine dans tout les muscles de son corps devrait être insupportable et pourtant le mental qui à prit le dessus lui donne le courage nécessaire de continuer sa progression à toute allure. De la même façon, il ignore volontairement une prise de risque qui pourrait lui être fatale au premier faux mouvement ou à la première erreur d'appréciation de la distance d'un toit à l'autre. il doit bien être quelque chose comme 4 heures du matin et dans la ville paisiblement endormie seuls ses pas qui fendent l'air, et ce même air qu'il respire à plein poumons pour permettre à son organisme de survivre à l'effort physique trouble l'inertie ambiante. Ca en vaut la peine, il sait qu'il est proche du but aussi bien qu'il sait que la douleur psychologique qui le guette en cas d'échec sera bien plus brutale que les quelques bleus et courbature qu'il aura récolté sur son parcours. La coupole de Santa Maria del Fiore lui fait pleinement face, il saute de plusieurs mètre pour atterrir sur la chaussée en bas, bousculant au passage un ivrogne insomniaque qui s'abreuvait dans la ruelle où il s'écrase au sens figuré puisqu'à peine à t'il touché le sol, il s'engage dans un sprint sur la derrière ligne droite. La plus longue, et importante de son existence, l'histoire de quelques mètres à parcourir, à la bonne vitesse, condition sinéquanone pour ne pas arriver en retard. Trop tard. Il à avancé les mains pour se saisir de l'anneau imposant sur la porte et tirer dessus de toute ses forces pour l'ouvrir, mais il a du se planter quelque part. Il s'est fracassé avec tellement de violence contre l'entrée de l'édifice qu'il plonge dans un trou noir dénué de quoi faire écho à son exclamation de déni.

ff Quand il ouvre à nouveau les yeux, il est à l'horizontale et prend conscience des moulures au plafond. Son corps qui devrait le faire grimacer de douleur est confortablement enfoncé dans le matelas de ce qui s'avère être un bon lit, et de la fenêtre entrouverte dont les rideaux flottent largement dans la pièce, monte la rumeur de la ville éveillée depuis plusieurs heure. Il est treize heure de l'après midi, et il se trouve dans son nouvel appartement à Zampino. Si la douleur physique est à raison inexistante, le malaise dont il n'arrive pas à se séparer depuis qu'il est sorti de son cauchemar récurrent est incroyablement présent et lui donne la nausée. A tâtons, il cherche la télécommande de sa chaine hi-fi sur la table de nuit et l'allume. L'appartement se retrouve empli de basses fréquence dont l'énergie physique suffirait presque à exploser le double vitrage. Milo Auditore viens de se réveiller, et la comédie vas durer jusqu'à ce qu'il décrète qu'il est temps qu'elle s'arrête.

Mener l'existence d'un être insupportable au point de donner de l'urticaire aux locataires de Zampino, c'est le quotidien dont il s'accommode bien mieux que les dits habitants de la résidence. Etre prit pour un parasite et voir l'expression de dédains sur le visage des personnes qui croisent son chemin à quelque chose de nouveau et d'amusant pour un homme dont dont la tête est mise à prix par un bon nombre de groupuscules semi ou complètement mafieux et qui reste introuvable pour la simple et bonne raison qu'il était caché dans les dédales les plus sécurisé du Vatican les 4 dernières années. Le fait qu'il en soit sorti ne voulant pas dire qu'il n'avait plus rien à y faire et en ce jour il devait s'y rendre comme une fois par mois.

Pour la peine d'avoir dormi quelques trois heures de trop, il était clairement en retard, et il s'est empressé de sortir de son appartement qu'il était en train de fermer à double tour quand il croisa sa trop charmante voisine. Une post ado tellement frêle qu'elle menaçait surement de se casser en deux à la moindre poignée de main. De toute façon, leur relation de voisinage n'avait pas encore prit de telles proportions dans la cordialité, et alors qu'elle débarquait les cheveux en bataille et l'air de la fille qui rentre se coucher d'une nuit de fiesta à l'heure ou certains se lèvent alors qu'il devraient déjà être partis, elle lui adresse la parole. Elle, c'est Sara Giolitti, la raison pour laquelle Milo est sorti de l'exil avec pour mission quasi divine puisqu'approuvée par le souverain Pontife en personne, de la protéger. Ce dont elle ne se doute bien évidemment pas. Elle s'arrête à sa hauteur et lui demande si il sort. Question d'apparente innocence qui ne l'est pas. Elle se demande sans doute combien de temps il vas quitter son appartement pour pouvoir continuer à célébrer en ouvrant une bouteille de champagne pour fêter ca, ou plus vraisemblablement, pour lui demander à la suite s'il à l'intention d'éteindre la musique dans un appartement dans lequel il n'est pas avant de sa faire la malle. La chose faite, Milo se penche vers elle et lui assène en murmurant un suffisant avant de tourner les talons. Direction la Città del Vaticano.



NONNVLLVS RES ES NON VILIS VT EXSISTO INSTITVO

ff Il monte les marches quatre à quatre, de l'air blasé et je m'en foutiste qui le caractérise lorsqu'il est en stand by. Jusqu'à ce que quelque chose d'aussi furtif et insaisissable que de la fumée de cigarette vienne le perturber dans son ascension, déclenchant aussitôt une attitude de défense qu'il adopte aussitôt et immanquablement. Contrairement à ce à quoi on pourrait s'attendre, son corps s'est totalement délié au lieu de se raidir sur le coup de la surprise, et seul son visage s'est figé on semble l'être en raison du regard brut qui affronte ce qui à fait intrusion dans son environnement sans s'annoncer alors qu'il n'aime pas les surprises. Un mouvement, une ombre qui s'est faufilée dans un couloir du deuxième étage pendant que lui montais au troisième, quelqu'un qui n'a sans doute rien à faire là. Dans un silence de mort qui sied si bien à ce qu'il est, il prend la décision de redescendre pour s'assurer qu'il ne s'agit que d'un touriste égaré, d'un touriste bien trop curieux qui voit de la lumière et qui profite du fait que la porte soit ouverte pour entrer jeter un coup d'oeil ou encore d'un touriste qui s'adonne à un jeu de piste, immergé dans une scène improbable du Da Vinci code. Hypothèses farfelues mais acceptables, histoire de ne pas pousser Milo dans son troisième retranchement, celui susceptible d'engager regrettablement le pronostique vital du concerné. Redescendre, pour Milo, sa signifie sauter de la hauteur à laquelle il se trouve sans prendre la peine de redescendre les marches dans le sens inverse, et de retomber sans bruit comme si la gravité n'avait aucun droit sur ses soixante-dix kilos peu importe la hauteur de laquelle il saute où à laquelle il grimpe.

En pénétrant dans les appartements à la suite de la demoiselle, à en juger sans trop de perspicacité par la semelle rouge de ses Louboutins qui claquent sur le sol, il se rend vite compte qu'elle n'était pas une simple brebie égarée de son troupeau de nippons qui flashent plus vite que leur ombre aussitôt que cette dernière porte attention à un livre enfermé dans une vitrine, au point d'aller récupérer l'épée d'une vielle armure pour l'utiliser comme moyen du bord pour annihiler toute barrière physique entre elle et l'objet du désir. Efficacité totale, discrétion zéro. Busy little bee.

D'ordinaire, il ne se serait pas amusé à jouer au gars de la sécu, sauf qu'on était pas au musée de l'agriculture de Fiera di Primiero, et que que quelque soit le contenu de ce livre qu'elle convoitait, Milo avait deux certitudes. La première, c'est qu'elle savait précisément ce qu'elle voulait et où le trouver, à la trappe belle théorie du tourisme sauvage, la deuxième, c'est que le livre ne faisait pas parti de l'inventaire des articles de la boutique souvenirs. Et plus dramatique que de se faire prendre en flagrant délit par un vigile en pleine ronde qui vous colle l'affiche en vous trainant à la guérite des services de police la plus proche, il y a se faire prendre en flagrant délit par le rejeton survivant d'une lignée d'assassins remontant à Mathusalem, qui vous snape la nuque en deux dès que secret est menacé. Mais avant d'en arriver à de telles et drastique mesures, il convient d'analyser avec un minimum de tact l'urgence de la situation.

Pour cette raison, à peine la vitre de protection avait elle été explosée, et avant que des mains se posent sur la reliure du livre, il avait décidé de s'avancer sans plus de mystère dans la pièce en direction de la demoiselle. Dans ce moment de malaise et alors qu'elle s'était retournée pour le voir venir, les première notes du générique de Miss Fox l'aventurière s'élevèrent dans la pièce provenant de la bouche de Milo qui fredonnait en arrivant à hauteur, regardant les éclats au sol d'un air désolé.

“J'ai comme un doute quand à ton intention de passer un coup de balai avant de partir, Sydney „

Ses sourcils se froncent, il semble reprendre son sérieux alors qu'il fait face à la jeune femme qui pour sa part semble évaluer calmement l'intensité de la brasse qu'elle vas prendre sur l'échelle de Richter. Arrivé à sa hauteur, il lui prend l'épée des mains et soupèse l'objet et en inspecte la lame de plus près avec l'oeil avisé d'un maître d'arme qui vas émettre un commentaire, avant de hausser les épaules en même temps que les sourcils. Babiole sans intérêt, expertise confirmée par la façon dont il retourne l'épée pour la rendre à sa ravisseuse en lui présentant la garde. Sarcasme numéro deux, l'air grave en plus:

“Si c'est la Lance de Longinus qu'on cherche, il vas falloir faire la queue comme tout le monde. Plus sérieusement, je me méfie des femmes qui fouillent dans les affaires mystico-sacrées. La plus connue s'appelait Pandore, quand on voit le résultat vous m'en voudrez pas de vous demander ce qu'il y a dans ce bouquin qui cautionne misère humaine avant que je considère l'éventualité de vous traiter avec heu... diplomatie ? „



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Carolina B. Di Brolese
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MessageSujet: Re: ✥ AENEIDOS   Lun 14 Mar - 5:26

Se lever, s’habiller, sortir. Autant de rituels auxquels j’ai un peu de mal à me faire. La gueule en vrac, les cheveux déclarés zone sinistrée, j’imagine la tête du gentil petit domestique qui nettoie mes étagères douze fois par jour s’il me surprenait dans cet état. J’ai appris très jeune que l’attrait physique suscité chez autrui pouvait simplifier grandement les choses, et comme par un heureux hasard du destin je suis née avec les attributs physiques tant recherchés dans cette époque qui prétend être mienne, je n’ai presque rien à faire pour profiter de ce fait. Sauf que, retour de manivelle dans ta gueule, on attend de moi que je sois à tomber en permanence, parce qu’avec ma base de départ, c’est presque un crime lès majesté que de ne pas faire ce qu’il faut pour entretenir l’œuvre d’art de mère nature. Alors sous prétexte que je n’ai pratiquement rien à faire, il faudrait que je perde un temps précieux à le faire ? A en croire les quelques amants que j’ai eu, je n’aurais jamais été aussi belle qu’une fois totalement dépouillée de mes fripes hors de prix, le souffle court et la peau perlée d’une fine couche de sueur. Mais quelque chose me dit que les autorités italiennes n’apprécieraient que modérément un attentat à la pudeur dans les venelles de leur belle cité, ce qui est assez ironique lorsqu’on connait leur amour pour les toiles de maîtres où des femmes aux courbes et charmes d’une autre époque, une époque que j’ai tendance à préférer à celle-ci, s’exhibent dans leur nudité gracieuse. La pièce qui me sert de chambre est déjà baignée d’une lumière vive lorsque je pose un pied hésitant sur le parquet ciré avec un soin tout particulier, œuvre de mon petit domestique personnel, celui-là même qui me tourne autour comme un chien affamé en pensant que je ne repère pas son petit manège. Il est attendrissant, en fait, peut être qu’un jour je lui offrirais ce qu’il espère tant afin qu’il cesse de me poser sur un piédestal et retombe rapidement du petit nuage où il s’imagine que je vis avec mes copines les anges canons de la pub Axe. Un jour… mais pas aujourd’hui, aujourd’hui j’ai d’autres projets. Je dois mettre la main sur la première édition des Mémoires de Napoléon.

J’y ai réfléchi une partie de la nuit. Il manque une pièce au puzzle, une pièce sans laquelle le code ne sert à rien. Il me manque l’autre partie, celle qui me servira à décoder l’énigme. Et il se peut que cette partie se trouve au Vatican. C’est la raison pour laquelle je suis ici, à Rome, raison pour laquelle j’ai accepté de suivre Gian après la mort de mon précédent bienfaiteur, ce riche collectionneur danois qui a finit par expirer son dernier souffle à l’âge respectable de 87 ans, une balle logée en pleine tête. Increvable, le type. Alors, il m’avait fallut trouver un nouvel employeur dans ce club très fermé et restreint de voleurs multimilliardaires dont la seule excitation dans la vie n’est plus, depuis longtemps, d’amasser de l’argent, mais de piller des trésors qui appartiennent à l’Histoire, pour les enfermer à double tour dans leurs imposantes demeures surprotégées, et de se gargariser en groupe devant, à l’occasion de petites réunions secrètes entre bande d’égoïstes sans scrupules et sans connexion avec la réalité, en fait. Ils planent totalement, s’abrogeant le droit de voler sous prétexte que ça a déjà été volé précédemment, et le but de leurs réunions est carrément de se faire mousser en dévoilant plus rare, plus précieux, et plus gros que le précédent hôte du mois d’avant. C’est au court d’une de ces réunions mensuelles, une de celle où nous autres, « acquéreurs » nous restions muets et sages, dans l’ombre de nos employeurs-« collectionneurs » que j’avais croisé pour la première fois, Gian. Il avait l’originalité de ne pas posséder d’acquéreur, et de se taper le sale boulot lui-même, ce qui étonnait et dérangeait systématiquement ses copains milliardaires. Alors, après la mort préméditée de mon employeur, et quand s’est posée la question d’en trouver un nouveau, c’est assez naturellement que mon choix s’est porté sur lui. Non pas parce qu’il était plus jeune que les autres, certainement pas parce qu’il cherchait plus une maîtresse qu’une employée et que c’était plus pour mes courbes que pour mes talents de voleuse qualifiée qu’il me voulait, mais surtout parce qu’il vivait à Rome et qu’en me « prenant sous son aile » il faisait de la capitale italienne mon lieu de résidence, exactement là où ma quête personnelle m’ordonnait de me rendre pour poursuivre mes recherches. Il m’offrait des moyens financiers intarissables, un logement plus que satisfaisant, et une certaine légitimité dans le milieu historique romain où il souffrait d’une aura bienveillante de respectabilité. Le seul lieu qui m’était encore refusé, même en tant que chercheuse universitaire, mon statut officiel : le Vatican. Ce n’est pas ce qui va m’arrêter. Niveau casse, j’ai connu plus compliqué et assez décevant en matière de perte humaine. Même si je suis un peu rouillée depuis que je laisse Gian s’occuper du travail manuel et que je me contente du travail intellectuel, je pense que cette acquisition sera un jeu d’enfant. Mon expérience m’a également appris à ne pas partir trop confiante, et a toujours rester sur mes gardes. Les missions à priori simples peuvent s’avérer les plus compliquées. C’est ce que je me dis, au sortir de la douche, les cheveux encore ruisselants mouillant le dos de ma robe, alors que je coince mon Beretta dans ma fine ceinture de satin, entre mes reins.


Je ne l’ai pas entendu rentrer. Voilà exactement ce que je voulais dire en parlant de ne pas partir trop confiante en mission. C’est dans ces moments-là quand on baisse sa garde et sa vigilance, qu’une couille surgit. Enfin là, deux couilles, en l’occurrence. Deux couilles moulées dans un jean qui me contemplent avec calme -enfin le mec détenteur de ces couilles, hein, sinon ce serait quelque peu flippant-. Et ça, c’est assez inhabituel pour être signalé. D’ordinaire on gueule, on s’évanouit, on donne l’alerte, ou on tente de jouer au héro, mais on ne s’avance pas vers moi en sifflotant. La théâtralité avec laquelle il observe les débris au sol avant d’annoncer qu’il doute de mon intention de passer un coup de balais avant de partir, achève de me convaincre que ce type est : option 1/ suicidaire, ou option 2/ dangereux. Je penche pour l’option deux, avec une petite touche d’option un, tout simplement parce qu’il est comme moi, il a baissé sa garde en se contentant d’un simple coup d’œil à ma personne. Il me sous-estime. Il ne me connait pas. Aussi, lorsqu’il cherche à récupérer l’épée que j’ai en main, je la lui tends, sans émettre la moindre protestation. J’ai un Beretta dans ma culotte, qu’est-ce que je foutrais d’une lourde épée au tranchant contestable ? Il l’étudie avec un intérêt feint qui me donne envie de le gifler. Certes, cette salle ne recèle pas de trésor inestimable, mais cette épée doit dater du XVème siècle, à vue de nez, et mérite un peu plus de respect que cette moue dubitative alors qu’il me rend l’objet du délit. Génial. J’en fais quoi maintenant ? Tant que j’étais seule, ça ne me dérangeait pas de tenir 15 tonnes de ferraille à la main, mais maintenant qu’une menace évidente me fait face, il va falloir que je me débarrasse de cet encombrant outil pour retrouver une parfaite maîtrise de mes mouvements. Alors, pendant qu’il est occupé à s’écouter palabrer en des termes qu’il pense hautement intelligents et spirituels, j’imagine, je me défais de mon fardeau, que j’appuie avec une précaution et un respect dont je n’ai absolument pas fait preuve quelques minutes plus tôt, contre le mur surchargé de fresque en tout genre, puis je tends la main à travers les derniers bris de verre, et m’empare de l’objet tant convoité. Il parle toujours mais je ne l’écoute que d’une oreille distraite, mon attention toute entière accaparée par la recherche minutieuse que j’effectue entre les pages bicentenaires. Lorsque mes doigts s’arrêtent sur une nouvelle série de lignes manuscrites au codage complexe, un sourire s’épanouie sur mes lèvres, et je daigne enfin reporter mon attention sur monsieur Couille.

« Je n’ai pas le goût des mythes, vous m’excuserez, j’ai toujours préféré les faits concrets au longs discours. » Je lui réponds en le flattant d’un de mes rares sourires non feints. « Nous serions dans un film, ce serait surement le moment que le très vilain très moche choisirait pour exposer son plan maléfique de destruction de la planète au héro suffisamment intelligent pour profiter de ce répit pour inverser la situation et sauver le monde. Mais nous ne sommes pas dans un film, et je n’ai absolument pas l’intention de vous expliquer l’intérêt que je porte à ce livre. » Je n’imaginais pas qu’il tente de m’arrêter, cela aurait été stupide de sa part, mais le fait qu’il me laisse le contourner et le dépasser me surprend quelque peu, et me déçois aussi. Je n’aime pas les missions trop simples, finalement. « Ha, et pour Pandore… » J’ajoute en m’immobilisant pour le contempler par-dessus mon épaule, un peu trop confiante pour le coup. « Pour votre information, La misère humaine s’est déjà rependue sur Terre. Au lieu de vous inquiétez, vous devriez vous réjouir que je l’ouvre à nouveau. Il est grand temps que quelqu’un libère l’espérance. » D’un mouvement plein de dédain, je rejette ma chevelure derrière mon épaule, et en quelques enjambées, j’ai rejoins la porte que j’avais eu l’imprudence de laisser entrouverte. Foutue moi. « Considérez ça comme un emprunt. » Je savoure ma victoire en soulevant le livre au-dessus de ma tête, sans accorder le moindre regard en arrière, et je m’empresse de fouler le marbre du couloir. Peut être, finalement, n’était-il ni dangereux, ni suicidaire, mais juste stupidement inutile. Ou peut être suis-je trop confiante, et définitivement rouillée ? Foutue moi.
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