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 JULIAN & SARA ☂ l'alcool noit la raison, pas les souvenirs

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AGE : 24
MESSAGES : 270
ARRIVÉE LE : 07/03/2011
EMPLOI : Chef de Cabinet Parti Démocrate
ADRESSE : Pigna
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AVATAR : travis davenport
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MessageSujet: JULIAN & SARA ☂ l'alcool noit la raison, pas les souvenirs   Lun 28 Mar - 17:40



« Julian tu m’écoutes ? » Pour la deuxième fois consécutive Athalia Spinelli tenta d’attirer l’attention de son cousin. Second échec, cuisante défaite s’il en est. Aucun homme n’était jamais resté indifférent face à elle mais de toute évidence Julian, son cousin, était insensible au charme de sa sculpturale cousine. Il avait insisté pour l’inviter à déjeuner, afin d’échapper quelques heures au Capitole et de ne pas prendre un nouveau repas dans le silence retentissant de leurs villa à Trastevere. « Julian. » L’appela t-elle une fois de plus, pour donner plus de poids à cette nouvelle tentative pour attirer son attention, elle posa sa main fraichement manucurée sur son avant bras. « Julian. » Cette fois, il releva la tête, prit en flagrant d’élit de discussion sur BlackBerry Messenger.
« Excuse-moi… » Soupira t-il en massant sa nuque d’une main. « Le travail. » Se justifia t-il en rangeant son portable dans la poche de son costume hors de prix coupé sur mesure.
« Tu travailles trop. » Lui reprocha t-elle en lui servant un verre d’eau. Elle savait qu’il avait faillit commander une bonne bouteille pour accompagner leur repas, avec une autre peut être aurait-il cédé à la tentation mais pas avec elle. Depuis son retour de Paris, rappelé par le Sénat et en compagnie d’une sculpturale brune de vingt ans son ainée, il tentait de retrouver l’équilibre entre modération et excès. Afin d’obtenir le poste de Chef de Cabinet, il avait dû accepter d’être mis à l’essai, de réduire ses excès, de revenir aux valeurs simples qui le caractérisait auparavant. Pour cela il était revenu vivre « à la maison » dans le confort cosi, bon chic bon genre du Rione de Trastevere et avait réduit au minimum ses apparitions dans les « nuits » Romaine. Il buvait toujours, et ses compagnes triées sur le volet l’accompagnaient souvent hors de la maison de Giovanni pour terminé chez elle une soirée qui promettait d’être exclusivement consacrée au sexe et à toutes autres formes de débauche.
« Cela semblait beaucoup plus facile quand Giovanni tenait la barre. » Avoua t-il en picorant une des gambas dans l’assiette de sa « jumelle ». Il le pensait réellement, tout était beaucoup plus simple lorsque Giovanni tenait les commandes de leur famille. Tout restait sous contrôle. Rien ne filtrait dans la presse et l’un comme l’autre pouvait voguer à leur guise dans la voie qu’ils s’étaient choisis puis changer de direction sans que cela eut la moindre conséquence. Désormais, ils étaient maîtres de leurs existences. Le sentant dévier doucement vers ses réflexions intérieures elle décida de battre le fer tant qu’il était chaud.
« Pourquoi m’as-tu fais venir ici Julian ? » Elle savait que Julian avait du mal à se libérer le temps d’avaler, entre deux autres cadres supérieur du Capitole, un panini et une grande tasse de café avant de retourner abattre le travail que son prédécesseur, accusé de détournement de fond, avait laissé avant d’être congédier. Libérer deux heures en plein coup de feu pour l’inviter dans un petit restaurant à la cuisine délicieuse et décrocher à peine quelques phrases tout en pianotant discrètement sur son téléphone. Cela ne ressemblait pas à Julian. Il s’investissait à fond dans quelque chose, ou il ne le faisait pas. Ils auraient pu se retrouver pour boire un verre dans un bar huppé du centre et parler. S’il avait choisit de l’inviter dans un restaurant, dans son élément, le Capitole, durant son temps de travail, c’était pour se sentir maitre de la situation. Elle se rappelait encore de tous ces conseils que lui avaient donnés les professionnels qui s’étaient occupés de la désintoxication de Julian. Il devait avoir le contrôle de sa vie, et pour cela on lui avait apprit à s’approprié et a retourner une situation pour s’y sentir à l’aise, mettre des évènements. Il avait quelque chose à lui dire, elle le sentait à la manière dont il jouait avec sa fourchette, la faisant danser dans son assiette sans réellement manger, les yeux dans le vague, il évitait de croiser son regard comme pour trouver le courage de l’affronter. « Qu’est ce que tu veux me dire ? » L’interrogea t-elle en posant sa main sur la sienne pour qu’il cesse de jouer avec sa nourriture et lui parle. Depuis son retour à Rome quelques semaines plus tôt il avait reprit leur « histoire de famille » comme si de rien n’était. Elle avait accepté de jouer selon ses règles, de lui donner la stabilité dont il avait besoin pour reprendre pied dans cette ville qu’il avait quitté par amour mais aussi poussé par la peur de ce qu’il était en train de redevenir. Il avait fuit sa culpabilité avec tout bagage l’alcool et les femmes, deux « ingrédients » qui avaient accélérés sa descente au enfer.
« Je m’en vais Thalie. » Souffla t-il avec l’air d’un petit garçon prit la main dans la boite à cookies. Sa cousine fronça les sourcils et il comprit qu’il avait été trop nébuleux. « Je quitte Trastevere. » Elle poussa un petit soupir et un sourire éclaira son visage. « Tu ne m’en … veux pas ? » Elle éclata d’un rire cristallin en rejetant ses cheveux en arrière. Aussitôt trois regards mâles se fixèrent sur elle avec envie et le sourire de Julian monta jusqu’à ses yeux.
« Seigneur j’ai cru que ce moment n’arriverait jamais. Devoir cuisiner, faire ton linge, ramasser les culottes de tes « amies » au petit jour, et en plus tu bouffais toutes les céréales et remettait le paquet dans le placard VIDE ! Merci Seigneur ! Il s’en va ! » Si l’humour spinellien était là, il lisait tout de même l’inquiétude dans ses grands yeux clairs. Ils étaient comme frère et sœur depuis des années, ils avaient toujours vécus ensemble, ils étaient toujours là l’un pour l’autre. Bien sur ils leur étaient arrivés de se séparer, de vivre loin de l’autre mais jamais dans leur propre appartement. Si Julian avait vécu une bonne partie de l’année dernière avec sa fiancée, il n’avait jamais prit ses affaires dans leur totalité et quitté la villa. S’il avait décidé de partir c’était parce que Giovanni avait refusé qu’il revienne vivre sous son toit s’il persévérait dans son amourette interdite. « Julian. » Doucement elle pressa sa main dans la sienne, décevant trois prétendants potentiels par ce simple geste. « Tu n’as pas besoin de moi pour aller mieux, et moi j’ai besoin que tu ailles mieux pour nous deux. J’ai retrouvé mon frère, c’est tout ce qui compte. Que tu vives à Trastevere ou n’importe où ailleurs… Ca n’a pas d’importance. Tu as trouvés un appartement ? »
« Oui… »
« Rassure moi tu ne comptes pas le décorer toi-même ? » Ils partirent d’un grand éclat de rire.
« Je comptais solliciter l’aide de ma bienveillante cousine à ce sujet. »
« Voila, là je retrouve mon frère. »

(…)

« Ce n’est plus possible ! »
« Il est infernale ! Il n’arrête jamais ! »
« Je n’en peux plus, il faut que cela cesse. Si vous n’y allez pas, moi j’irais ! »
« Il faut qu’il s’en aille. »
Les protestations allaient bon train entre les femmes du dernier étage de l’immeuble au trois de la Via de la Rosetta du Rione de Pigna sur le mont Palatin. Inconscient d’être la victime d’une coalition de ménagère de politiciens et avocat en colère, Julian Spinelli sirotait la dernière lampée de sa tasse de café avant de monter prendre part à la réunion de copropriété qui avait lieu dans l’appartement de la concierge de son nouveau chez lui. Il s’était installé depuis un bon mois dans son appartement, la décoration chic et sobre très moderne mais chaleureuse était l’œuvre de Thalie. La seule touche qu’il avait apportée était son salon de musique, un espace de la salle à manger de son duplex consacré uniquement à sa grande passion, la musique. Il n’avait plus caressé les touches bicolores d’un piano depuis des mois mais il n’aurait pu concevoir son appartement sans cet instrument qui l’avait accompagné tout au long de sa vie. Ce piano Stella le lui avait offert lorsqu’il était sorti de cure de désintoxication. Elle croyait en lui, en ses talents de musiciens, elle croyait qu’il pouvait choisir son destin, une autre voie que devenir un homme dédié au peuple. Une porte de sortie, ce piano était sa seule source d’évasion, sa voie de garage, sa passion. Sara Giolitti avait brisée ce rêve sans en avoir conscience. La dernière fois qu’il avait joué un morceau, ils avaient fuit ensemble Rome pour la maison de campagne de Giolitti…. La dernière foi qu’il avait laissé ses mains errés sur un piano, l’amour de sa vie avait encore confiance en lui. La vie avait encore un sens. Le centre de son univers n’avait pas été abattu comme un chien par un fou furieux armé d’un fusil à lunette. Il avait passé la journée au Sénat, déployant toutes ses capacités de négociateurs pour étouffer un scandale sexuel capable de déstabiliser son employeur, il était exténué et pourtant, il s’était libéré pour venir à cette réunion. Il jeta sa tasse en carton dans une poubelle de l’entrée et les bras chargés d’un plat enveloppé de papier d’aluminium il grimpa les marches menant à loge de la gardienne.
« Bonsoir mesdames ! » S’exclama t-il en poussant la porte du petit salon où les résidentes de l’immeuble s’étaient réunis. Son installation dans ce petit immeuble réputé pour héberger des couples de politiciens avait délié quelques langues. On s’étonnait qu’un célibataire réputé pour faire partie du Gotha de Rome décide de s’installer dans un quartier historique et plus traditionnel que « coloré » huppé. Le silence se fit, en homme politique avisé il comprit aussitôt qu’il devait être la cible des gorges chaudes de ces dames. Thalie l’avait prévenu, les murs étaient fins et les femmes de l’immeuble habituée a un certain standing, il n’était pas Avenue Montaigne ou dans le 15ème à Paris. Il allait devoir … s’adapter. Et amadouer ses dames s’il ne voulait pas être sortit manu militari de son appartement. Alors … il employait le grand jeu. Sourire branché en mode « charmeur gentil/garçon » et il avait passé les deux heures consacré d’ordinaire à son sommeil nocturne à cuisiner comme le lui avait enseigné sa mère.
« Monsieur Spinelli ! » Roucoula une hypocrite du groupe. « Justement nous étions en train de parler de vous. »
« Vous m’en voyez ravi et flatté mesdames. Mais tant de discussions ont du vous ouvrir l’appétit ! J’ai cuisiné pour vous. » Annonça t-il en dévoilant un assortiment d’antipasti. Sourire charmeur, nourriture fine. Il n’en fallait pas plus pour ravir une partie du cœur de ses femmes. Une bonne chose de fait, restait à présent à conquérir le reste du voisinage. « Je n’ai pas vraiment eut le temps de me présenter lorsque j’ai emménagé et je m’en excuse. Par ailleurs mon travail au capitole prend beaucoup de mon temps. Cependant je tenais à être présent aujourd’hui pour me présenter. » Il fallait parfois un peu de tact et l’idée d’entreprendre des travaux d’insonorisation avant que sa petite garçonnière ne se transforme en sujet de discorde et ne provoque son éviction du quartier. Peut être devrait-il également se trouver un autre appartement, déménager pour un quartier plus laxiste sur le bruit et les rencontres. Peut être. Oui, demain il contacterait son agent immobilier pour lui demander de lui trouver un nouvel investissement, un petit studio qu’il louerait à l’année pour y emmener ses « relations d’affaires » … privées. D’affaires privées, très privées. Ces filles qui ne suffisaient jamais a le rendre heureux, qui n’étaient que des … passades agréables, la réponse à un besoin physiologique. Il adressa un sourire lumineux à ses voisines tandis qu’il accueillait leurs récriminations concernant les bruits qui provenaient de son appartement. Elles avaient réduit la virulence de leurs propos, amadoués par un homme si jeune qui cuisinait pour elle et leur faisait du charme. Il promit de faire insonoriser quelques murs, et d’être plus silencieux en rentrant la nuit. Profitant d’une accalmie entre les compliments et les reproches il envoya un email à son agent immobilier. « Recherche studio ou F1 proche centre/quartier discret, cuisine sommaire, appartement neuf et meublé. Prix peu importe, location avec bail d’un an reconduisible. URGENT ! »

(…)

« Monsieur Spinelli ! » La pétillante agent immobilier qui s’occupait de toutes ses transactions de biens immobiliers l’attendait devant un immeuble chic et discret du centre ville. Alors que la jeune femme lui serrait la main avec professionnalisme, Julian se rappela avoir fêté dignement la signature du compromis de vente de son appartement en lui faisant découvrir la « méthode Spinelli » sur la banquette arrière de sa limousine durant une bonne partie de la nuit. Nulles traces d’émotions sur son visage alors qu’ils échangeaient les salutations d’usage devant la porte de l’immeuble. Une femme comme il les aimait depuis sa rupture avec Sara, capable de gérer leurs émotions et de les séparer de leurs relations professionnels. Exactement ce dont il était persuadé d’avoir besoin, du sexe sans émotion, sans implication, sans lendemain. « Je suis quasiment sure que cet appartement va vous plaire, il correspond exactement à vos critères et la logeuse est d’une discrétion absolue. Nous avons déjà eu affaire à elle. »
« Rassurez-moi… Elle ne fait pas dans la mise en relation d’hommes et de femmes dans le cadre de relations tarifées ? » Plaisanta t-il en éteignant sa cigarette sur le rebord du trottoir avant de la jeter dans l’égout tout proche. Elle composa un code sur le clavier de contrôle et la porte s’ouvrit en émettant un bourdonnement discret. Elle éclata d’un rire franc qui, il le savait à présent, grimpait d’une octave lorsqu’on la chatouillait de sa bouche le long de la gorge.
« Non du tout. Elle loge de nombreux hommes d’affaires de passage pour négocier des contrats, elle sait rester muette. Pour tous genres d’affaires. » Souligna t-elle avec un sourire en coin, seule preuve d’émotion de sa part depuis le début de leur entretient. Coincés dans une cabine d’ascenseur à l’ancienne Julian pensa à ce qu’il aurait pu lui faire le temps que la cabine arrive à destination. Il lui aurait suffit de quelques minutes. Sa réputation avait fait le tour de chaque ville dans lesquelles il avait logé et elle n’était pas surfaite. Il aurait pu mais cela aurait été dérogé à ses principes. Ces vieux principes, ces « règles » de vie. Ne jamais coucher deux fois avec la même femme. Ne jamais céder aux avances d’une femme que l’on n’a pas « chassée », ne jamais tomber amoureux. Surtout ne jamais retombé amoureux. Alors, il se tint à bonne distance de la superbe brune et se contenta de fixer une zone de son corps qui ne prêterait en rien son corps à décider de déroger à cette règle. Il décida alors qu’elle avait des cheveux magnifiques et qu’il se concentrerait sur ça car ses yeux auraient suffit à damner un saint, quant à sa bouche et son petit nez mutin… très mauvaise idée de se concentrer sur cela. « Je dois vous prévenir que l’appartement est très demandé. Un de mes collègues doit emmener l’une de ses clientes dans une dizaine de minutes. » Julian répondit simplement par un sourire entendu, faire jouer la concurrence était le métier de la jeune femme, elle était payée à la commission et Julian était un excellent client, il n’hésitait pas à mettre le prix pour la qualité de sa vie. Arrivée à l’étage elle ouvrit la grille et la porte de l’ascenseur et se glissa silencieusement sur le palier. De moelleux tapis étouffaient les bruits des talons hauts de son agent immobilier, un plus non négligeable pour les fonctions que Julian envisageait d’attribuer à cette « antre ». L’appartement ne possédait pas de plaque avec un numéro, on y entrait grâce à une clé magnétique. Lumineux et cosi furent les premiers mots qui lui vinrent à l’esprit lorsqu’il découvrit l’appartement. Il s’étendait sur une seule et grande pièce de 50m², les différents espaces de l’appartement étaient bien délimités par la variation de couleurs sur les murs et dans la disposition de l’ameublement. Le lit était adossé au fond de la pièce à un mur de couleur taupe, tout comme la cuisine à l’autre bout de l’appartement dont les murs abordaient la même teinte. Le séjour était meublé de manière sobre, un canapé de cuir noir et blanc, un meuble de télévision taupe, une table basse blanche, une télé grand écran récente, des photographies en noir et blanc égaillaient les murs d’un blanc immaculé. Le lit double était le meuble clé de la pièce, au même titre que le mini bar. Des draps de satin noir, une paire d’oreillers blancs, une tête de lit en cuir façon fauteuil club. Une ambiance virile, chic. L’idée que l’on se faisait d’une garçonnière moderne.
« Je suis quasiment certain que la cliente de votre collègue ne va pas apprécier cette ambiance qui respire la testostérone. » Commenta t-il avec un sourire malicieux en détaillant la pièce du regard. « Et je suis quasiment certain que nous allons devoir redéfinir mes goûts en matière de décoration… Bien trop m’as-tu vue pour moi. Bien que j’apprécie le charme du lieu dans son ensemble, je n’ai rien a compensé… Mais je pourrais vous conseiller quelques collègues sénateurs qui pourraient être intéressés. » Elle pouffa mais rougie tout de même, étonné d’avoir si mal cerné ses attentes. « Appartement suivant ? » Proposa t-il pour la sortir de son embarrât. Elle acquiesça et ils sortirent de l’appartement. Cela faisait des semaines que Sara Giolitti était de retour en ville. Des semaines que Julian était au courant, au vu de la mine réjouit que son père affichait en déclarant que sa fille allait bientôt occuper une place majeure dans la vie politique, bien que Julian fut persuadé du contraire. Pourtant, ils ne s’étaient jamais rencontrés par hasard, jamais. Ils avaient pourtant fréquentés les mêmes cercles, avaient les mêmes habitudes en matière de bars et de restaurants. Ils s’étaient arrangés pour ne pas se rencontrer, chacun ayant développé de nouvelles habitudes durant leur séparation. Elle avait déménagé, changé de parcours. Ils avaient changés. En trois semaines ils auraient pu se croiser de nombreuses fois. Chez le teinturier, dans un café, au restaurant, dans la rue, au Capitole. Les plus fortes probabilités se situaient dans ces lieux et pourtant, ici où ils n’auraient jamais du se rencontrer, ils se retrouvèrent face à face dans ce couloir d’une résidence réputée pour sa discrétion sur ses clients. Durant une fraction de seconde il songea qu’il rêvait peut être. Que ce n’était qu’une nouvelle projection de son esprit, un sursaut de culpabilité qui se matérialisait alors qu’il s’apprêtait à louer un appartement dans lequel il emmènerait des femmes qui ne seraient jamais elle, avec qui il ne sera jamais en parfaite osmose. Des femmes qu’il baiserait mais à qui il ne ferrait jamais l’amour comme il avait pu le faire avec Elle. Pourtant, son esprit n’aurait jamais pu imaginer une Sara aussi réelle que celle qui se tenait devant lui. Elle était différente de la femme qu’il avait quitté des mois plus tôt. Ses cheveux plus longs, ses yeux verts soulignés d’un maquillage plus sombre, plus femme, sa tenue était pourtant moins « tirée à quatre épingles », plus romaine et populaire bien que choisie avec goût. Elle semblait plus mûre, plus sure d’elle. Elle avait indéniablement changé. Il y avait cet éclat dur qui brillait à présent dans ses yeux. Un éclat que sa présence semblait avoir accentuée. A son tour son expression changea. Il se ferma, lui qui quelques secondes plus tôt riait avec son agent immobilier sembla se verrouiller à l’intérieur de lui-même. Conscient qu’un drame était en train de se nouer dans ce couloir étroit où ils ne pourraient pas se croiser sans que l’un cède le passage à l’autre.

« Sara. » Articula t-il doucement. La froideur avec laquelle il prononça les deux syllabes de son prénom contrastait étrangement avec la douceur, la ferveur qu’il mettait dans ce même mot quelques mois plus tôt. L’agent immobilier le regarda, puis contempla Sara, et sembla faire la comparaison avec elle-même. Silhouette menue, yeux verts, cheveux bruns … Il transférait sur d’autres cet amour qu’il avait autrefois eut pour elle.





    baby do you understand me now, sometimes i feel a little mad but don't you know that no one alive. can always be an angel when things go wrong i seem to be bad but i'm just a soul whose intentions are good oh lord please don't let me be misunderstood baby sometimes i'm so carefree with a joy that's hard to jude and sometimes it seems that all i have do is worry then you're bound to see my other side but i'm just a soul whose intentions are good. oh lord please don't let me be misunderstood.
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Sara T. Giolitti
V.O.X P.O.P.U.L.I

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ARRIVÉE LE : 01/03/2009
EMPLOI : Pour l'instant je me consacre à ne rien faire. C'est bien aussi.
ADRESSE : 25 via s. maria sopra minerva - Parione, Palatin.
QUOTE :




Pourquoi était-il resté ? Pourquoi n’était-il pas remonté dans sa voiture, cette magnifique Aston Martin Vanquish qu’il avait si habilement restauré ? Pourquoi n’était-il pas retourné au Sénat assister à la dernière séance de l’Assemblée ? Pourquoi était-il resté ? Parce que l’avoir croisée dans cet immeuble connu pour sa discrétion et les nombreux secrets d’alcôves retenus entre ses murs, avait piqué sa jalousie ? Non, ce ne pouvait pas être la jalousie. Il n’était pas et n’avait pas le droit d’être jaloux. Il l’avait repoussé, il l’avait oublié elle et ses yeux ensorcelants entre des bras bien plus doux, des yeux bien plus verts. Il en avait finit avec Sara Tosca Giolitti. Il n’était absolument pas jaloux. Alors pourquoi l’attendait-il au pied de cet immeuble après avoir assuré à son agent immobilier qu’il n’avait pas le temps d’aller prendre un verre pour « redéfinir ses exigences » (comprendre pou aller follement s’envoyer en l’air) dans un appartement meublé mais vide d’occupant, prétextant devoir rapidement rentrer au Sénat. Il fallait qu’il trouve une autre raison à ce poireautage en règle alors qu’il n’avait plus aucun droit sur son ancienne compagne. Il aurait pu mettre en avant l’insolence de la jeune femme qui aurait titillée l’orgueil de tout mâle italien de base. Mais, Julian était un homme public, un homme qui appartenait au peuple, un homme politique, il avait depuis longtemps apprit à gérer ses humeurs et même ses dérapages dans la presse restaient maitrisés. Il avait vécut près de six mois avec Sara, elle le connaissait mieux qu’il ne se connaissait lui-même, il ne la tromperait pas en jouant les mâles blessés dans son orgueil. Il n’avait plus rien à prouver et encore moins de choses à compenser, elle ne croirait pas cela non plus. Alors, pourquoi était-il resté, en sachant par avance qu’il allait s’attirer bien plus d’ennuis et de soucis que s’il était simplement en aller culbuter sa charmante chercheuse de bien ? Il appuya ses poings serrés sur ses paupières, s’il était honnête avec lui-même, pourquoi était-il resté ? Pourquoi l’attendait-il alors qu’il allait probablement en souffrir ? Lorsqu’il l’avait vu dans ce couloir, les évènements tragiques de ces mois toutes ses erreurs lui avaient sauté au visage et son estomac, non soyons honnête, son bas ventre s’était noué par l’habitude. Pourquoi était-il resté ? S’interrogea t-il une fois de plus en contemplant la Mini-Cooper de Sara garée en plein milieu du rond point, créant un bouchon monstre une fois de plus. Pourquoi était-il resté ? Parce qu’il en éprouvait le besoin, il ne le reconnaitrait pas bien entendu, mais elle lui manquait. Il l’avait aimé et l’aimait toujours, il ne l’avouerait jamais bien sur, et repoussait ses sentiments les enfouissant sous le sexe sans limite et l’alcool à doses plus modérées désormais. Il n’avouerait jamais avoir fait une erreur, il ne reviendrait jamais sur la décision qu’il avait faite à leur sujet. Il prétendait être passé à autre chose, ce n’était que poudre aux yeux, mensonges, il se mentait à lui-même, appliquait la politique de l’autruche, enterrant son cœur dans le sable, n’écoutant que sa raison. Il avait depuis longtemps renoncé à écouter sa raison. Instinctif, c’était le mot adéquat pour le décrire. Il avait toujours eut la fougue de l’Italie dans le sang, l’instinct de Giovanni Spinelli et le charme de tous les illustres séducteurs qui s’était succédés dans cette ville. S’il ne pouvait s’avouer avoir encore des sentiments pour elle, il ne nierait pas les élans de son corps, elle avait toujours été sa faiblesse, la maitresse la plus fougueuse, l’amante la plus créative, la femme la plus douce avec laquelle il avait passé la nuit. La seule à avoir réussit l’exploit de le mettre en cage pour quelques temps. Il avait toujours été attiré par elle, charmé, séduit, prisonnier de cette flamme qui brillait dans ses yeux. Il avait reconnu en elle son âme sœur, sa jumelle, son unique amour. L’oublié, il n’y parviendrait jamais. Il le savait au fond de lui-même, il l’avait su le jour où il avait prit la décision de la quitter quelques semaines après la mort de Giovanni. Une épreuve, la plus grande de sa vie. Il avait tiré une croix sur eux en temps que couple. Il n’était pas fait pour la stabilité, pour fonder une famille. Comme son père avant lui, il était faible. Il n’était pas fait pour tout cela, ce qu’il aimait c’était d’être border line, en équilibre permanant. Tout du moins c’était ce qu’il essayait de se faire croire, conscient qu’il avait perdu son unique chance de former un couple à l’aune de celui qui l’avait aidé à devenir un homme, Stella et Livio Spinelli. Alors qu’il l’attendait, conscient de l’intention évidente qu’il abritait au fond de lui-même d’enflammer à nouveau le corps de sa compagne par ses baisers, ses caresses, préférant résumer ce qui bouillonnait en lui par ce qui caractérisait ses relations avec les femmes : le sexe, l’attraction physique. Pourtant, il n’avait toujours pas trouvé de raison de se trouver ici, de l’attendre. Il ne s’abaisserait pas à dévoiler son jeu aussi facilement, il ne le donnerait pas ce pouvoir sur lui… il fallait qu’elle vienne à lui. C’est alors que les divinités du Panthéon lui envoyèrent un renfort bienvenue en la personne d’une alouette consciencieuse accompagnée d’un véhicule de carabinieri, pour une fois que la Police Italienne était là où on en avait besoin, c’était la faute à pas de chance pour son ancienne compagne. Il sourit et envoya une prière muette aux dieux qui semblaient avoir décidé de réunir le couple le plus médiatisé de Rome. Il avait le cœur dans les joues lorsque la porte cochère de l’immeuble sur laquelle ses yeux étaient rivés s’ouvrit. Ce petit sourire en coin qui avait le don d’agacer la gente féminine et de faire s’affoler les cœurs. Ce sourire malicieux et prétentieux qu’il affichait le plus souvent pour narguer la personne en face de lui. Ce sourire conquérant et assuré qui était devenu sa marque de fabrique à l’aune de ses opinions politiques tranchées et de son caractère explosif, main de fer dans un gant de velours. Il admira la froideur de glace qu’elle afficha en le trouvant sur son chemin, le snobant royalement le nez en l’air, la tête haute et le regard fermé. Il sourit malicieusement, admirant cette chute de rein sur laquelle il avait posé des mains conquérantes et possessives un an plus tôt. Il attendait, prédateur à nouveau à l’affut d’une nouvelle opportunité, un quatrième duel entre elle et lui. Il laissa ses yeux errés sur cette silhouette, laissant l’animal détendre ses griffes dans son estomac. Un défi à l’aune de ses compétences, un duel qui finirait dans les larmes et un sain épuisement. Il était sure de lui, de sa capacité a mené une fois de plus cette bataille à son terme. Il passa une main amusée sur son visage afin de cacher son sourire l’espace d’un instant lorsqu’elle s’immobilisa en découvrant le sabot qui astreignait son véhicule à sa place de parking sauvage. Il lui avait toujours dit qu’un jour où l’autre elle tomberait sur un représentant de la loi que son illustre nom de famille n’émouvrait pas. Combien de fois avait-il du jeter un coup d’œil à de la toile froissé et évalué en expert s’il pouvait faire quoi que ce soit pour l’épave qu’elle avait fait remorquer dans le garage où s’il devait essayer de démonter la bête pour en revendre les pièces et remplacer l’ancien véhicule par un aitre qu’elle démolirait tout aussi aisément. De toute évidence elle avait jeté son dévolue sur une voiture fonctionnelle qui s’adapterait plus facilement dans le Rione qui abritait son appartement des regards indiscrets des journalistes. Une idée germait désormais dans son esprit tandis qu’il la regardait contempler avec surprise le sabot qui maintenait sa voiture. Il savait comment la faire flancher … Il la séduirait une fois de plus, fixerait des règles… Après tout il n’avait pas le temps à perdre avec des midinettes. Sara était la meilleure amante de cette ville. Pourquoi ne pas se rendre mutuellement service ? Ce n’était qu’une question de sexe… comme au premier jour.

(…)

La nostalgie est une maladie rare, difficile à soigner, tout comme les regrets. Julian était victime d’une de ces crises de souvenirs alors qu’il patientait dans la file des visiteurs qui souhaitaient entrer dans le capitole. La sécurité à l’entrée de l’hémicycle s’était accrue depuis l’assassinat de l’un des membres majeur du gouvernement. Julian ne portait pas de costume comme la plus part de ceux qui l’entouraient. Un jeu, un sweat-shirt à capuche et une confortable veste de cuir lui servait de tenue de camouflage alors qu’il attendait de pouvoir pénétrer dans le b^timent qui l’avait vu grandir et devenir un homme. Depuis son retour en ville Julian s’était fait discret, il n’était revenu que depuis trois jours et petit miracle, personne n’avait encore laissé filtrer l’information dans la presse. Il appréciait cet anonymat, bien qu’il savait que ce répit n’était de que courte durée et seulement dû au fait qu’il n’avait presque pas quitté la demeure des Spinelli depuis son arrivée. Il s’étonnait pourtant qu’aucun membre du comité de surveillance et de moralité n’ait laissé échapper le scoop du siècle : Julian Spinelli, héritier légitime du grand Giovanni Spinelli reprenait en main l’héritage familial et faisait ses premiers pas au Sénat. Contrairement à ses deux dernières visites au capitole, Julian ne venait pas remettre son destin entre les mains de ses paires. Aujourd’hui, le motif de sa visite n’avait rien d’officiel et était plutôt hautement officieuse. Il avait réussit à tenir loin de lui le flot de souvenirs lors de ses deux précédentes visites mais son esprit n’était pas focalisé sur un problème plus important ou tenu à distance grâce à la fantastique distraction qu’offrait le corps de sa maitresse du moment. Aujourd’hui, il était incapable d’occulter les derniers souvenirs qu’il avait de ce lieu. Des souvenirs heureux de sa relation avec Sara ou des derniers instants de complicité passés avec son grand père avant que le destin ne se charge de transformer sa vie en douloureuse tragédie grecque. La dernière fois qu’il avait franchit ses portes s’était en compagnie de son grand-père. La dernière fois qu’il avait quitté le capitole romain c’était après avoir été renié par Giovanni qui avait surpris une torride partie de jambe en l’air entre son héritier et la fille de son pire ennemi. Contrairement à la majorité de l’Italie, le comportement de Julian et son histoire d’amour avec Sara n’avaient pas trouvés grâce aux yeux de Giovanni Spinelli. Si les trois quart de l’Italie avait soutenue cette romance, elle avait toujours été aux yeux du patriarche des Spinelli qu’une manière de plus pour Julian de le défier. Exactement comme l’avait fait son fils Dante durant des années avant que Julian ne vienne au monde. Ultime affront, le seul héritier mâle de la famille était le fruit de l’union entre son fils et une roturière, une danseuse exotique qui avait tôt fait de prendre son envol dès lors qu’elle avait comprit que Dante n’aurait pas l’ombre d’une aide financière de la part de son père. Julian se souvenait précisément de ses deux dernières confrontations avec son grand père, il se souvenait des images mais aussi des paroles blessantes qui les accompagnaient. Ce flot de souvenir lui revenait tandis qu’il contemplait la façade à l’antique du Sénat. Pourquoi était-il venu aujourd’hui ? Quelqu’un d’autre aurait pu se charger de cette douloureuse corvée, il en était conscient. Pourtant il avait l’intime conviction qu’il devait être celui qui se chargerait de tout cela, il le devait à Giovanni et à sa famille. Il avait fuit depuis trop longtemps ses responsabilités, il était temps pour lui d’assumer à nouveau la place qui était sienne au sein de cette famille. Il mourait d’envie de boire un verre, il savait qu’il finirait par craquer, il ne se battait plus contre cette pulsion mais tentait simplement de retarder le plus longtemps possible l’instant om il devrait étancher sa soif et où il céderait à ses démons. Le bourbon semblait vouloir remplacer le sang dans ses veines. Les murmures qui l’encerclaient accentuaient ce besoin de se réfugier au fond d’un verre. Beaucoup parlaient de la terreur qui secouait encore le Capitole, de la sécurité renforcée depuis l’assassinat d’un des puissants de cette ville. Il ne voulait pas revivre les souvenirs de cette nuit. Soudainement la file avança et l’horizon s’ouvrit devant lui, dévoilant la silhouette massive du Capitole. Un frisson de pure plaisir remonta le long de sa colonne lorsqu’il pu contempler le bâtiment dans sa totalité. C’était ici qu’il se sentait réellement chez lui. Il avait fait ses premiers pas dans ce bâtiment, avait joué sur la moquette de l’hémicycle alors que la loi sur l’avortement était votée, il avait embrassé sa première petite amie sur cette esplanade. Ici, il se sentait comme à la maison. Il lui faudrait du temps pour arrêter de percevoir l’absence poignante de son grand père entre ses murs, il lui faudrait du temps pour se faire à cette sensation de vide au creux de son estomac. Il était revenu pour lui, afin de faire face à son destin, afin de s’accomplir en tant que Julian. Il se délesta de tout objet métallique, découvrit son visage avant de passer sous le portique de sécurité et se prêta à la fouille corporelle de rigueur. Il se plia à toutes les vérifications d’usage sans broncher, ignorant les regards curieux et avides posés sur lui. Il remonta sa capuche sur son crâne dès que ce fut possible, dérobant son visage d’une insolente beauté aux regards des badauds qui semblaient avoir reconnu l’héritier de Giovanni Spinelli en ce jeune homme négligé.

Il n’avait pas oublié le chemin menant au bureau de son grand-père, ni comment éviter la secrétaire en passant par la porte se trouvant de l’autre côté de la pièce et menant à la salle des débats. Les clés pesaient lourds dans sa poche, lui rappelant le poids de sa culpabilité et l’épreuve qui l’attendait. La porte était verrouillé, il glissa la clé dans la serrure et inspira profondément avant de la tourner dans la serrure. Il su presque aussitôt qu’il ne trouverait pas ce qu’il était venu chercher ici, son grand père n’habitait plus cette pièce. Le bureau était resté le même, mais l’atmosphère était bel et bien différente. Tout était en place, rien n’avait changé si ce n’était que le fauteuil qui aurait du être vide était à présent occupé. Il ne le remarqua qu’après avoir fermé derrière lui la porte dérobée. Paolo Giolitti sur lui ses yeux gris, confortablement installé dans le fauteuil sénatorial de feu son adversaire. Il l’attendait lui, Julian Spinelli, proie inconsciente qui avait eut l’audace de rentrer en ville et de revendiquer un poste au gouvernement après avoir brisé sa fille et tourné en ridicule le nom de Giolitti. Cet avorton avait osé revenir après avoir paradé aux bras de filles différentes dans les plus grands journaux des différents pays qu’il avait visités pendant ses huit mois d’exil. Julian s’était attendu à cette confrontation, le comité de contrôle et de moralité avait finalement laissé filtrer des informations. S’il s’était attendu à cet entretient, il n’avait pas pensé que Paolo Giolitti choisirait ce moment pour l’approcher. Il abaissa la capuche de son sweat-shirt et étouffa la colère qui germait en lui tandis qu’il pensait que Paolo avait osé violer un sanctuaire dans lequel seul un Spinelli aurait du pouvoir rentrer.

« Sénateur. » Le salua t-il froidement en se débarrassant de son cuir qu’il posa sur le dossier d’une chaise poussiéreuse. « Je suppose que vous n’êtes pas venu apporter aide et sympathie pour remplir les cartons de souvenirs poussiéreux d’un vieil homme. Vous n’êtes en tout cas pas habillé pour cette tâche … » Définitivement il n’était pas vêtu pour exercer une quelconque tâche manuelle. Vêtu de pied en cape d’un costume Armani il avait tout d’un combattant des temps modernes, l’armure ayant été remplacée par un smoking hors de prix.
« J’ai eu vent de votre discret retour dans notre belle cité. Même si Athéna est réputée pour sa discrétion, tout finit par ce savoir dans ce bâtiment, elle tend à oublier que c’est moi qui l’ai introduite dans ce milieu… Ces amis sont avant tout les miens, et ils savent où doit aller leur loyauté. » Commenta Paolo en se levant. Il lissa les plus que sa position avait laissés sur son pantalon. Julian eut la vision fugitive de Sara en rencontrant le regard flamboyant de colère contenu du Sénateur. Tel père, telle fille. Julian s’empara d’une pile de cartons posée dans un coin de la pièce et tout en refusant le contact visuel avec le sénateur par défit se permit de couper son illustre paire.
« Je vais vous épargner une perte de temps inutile et une dépense de salive superflue. » Annonça t-il en ouvrant les portes vitrées de la bibliothèque pour ranger dans un premier carton les imposants ouvrages qui décoraient la bibliothèque. « Je n’ai pas l’intention de m’approcher de Sara ni de renouer une quelconque relation avec elle. Mon addiction à l’alcool et aux charmantes compagnes ont déjà été soumises au Comité qui juge ses petits travers regrettables mais acceptables. Epargnez vous donc la peine de remuer la boue et faite vous à l’idée que l’avorton de Spinelli va travailler ici. Je ne vous aime pas, je ne vous ai jamais aimé, mais je vous ai toujours toléré et respecté. Sachez le je ne fais jamais deux fois les mêmes erreurs. Et je n’ai pas l’intention de bafouer une nouvelle fois votre si précieux orgueil et honneur. Maintenant, je vous serais gréé de quitter ce bureau… Les seules fois où nous nous adresserons la parole, ce sera pour défendre nos idées et nos parties lors de réunion… Je ne compte pas refaire partit de votre vie, ni de celle de Sara. Dieu m’en préserve, j’ai assez de problèmes comme cela. »
(…)

Alors qu’il la suivait tranquillement en voiture il repensait au discours qu’il avait tenu à Paolo Giolitti des semaines plus tôt. Un discours qui avait fait son petit effet puisque ses relations avec Paolo Giolitti n’avaient jamais été aussi professionnelles. Peut être son ancien beau-père avait-il lu la tranquille assurance qu’affichait le jeune homme en affirmant qu’il ne comptait pas s’embarrasser à nouveau d’une relation compliquée. Les choses avaient changés apparemment puisqu’il s’était à nouveau laissé happé par ce petit jeu entre lui et Sara. Cette chasse qui avait été le moteur de leur relation au début. Elle le provoquait, il répondait, elle cherchait à se venger, il répondait. Une spirale ascendante qui les avait entrainés au fond du gouffre la dernière fois. Mais il ne pensait pas à cela pour le moment. Il ne réfléchissait pas réellement à ce qu’il était en train de faire. Il agissait tout simplement. Elle lui avait fait perdre tout sens communs des mois plus tôt, ce n’était pas prêt de changer. Elle avait un corps, une fougue à rendre fou n’importe quel homme. Elle piquait les sens, attisait l’envie, le besoin, les hommes ressentaient le besoin de la posséder, de la soumettre à tout prix. Il savait avoir été le seul à laisser son empreinte sur ce corps qu’il savait souple et passionné. Il ne réfléchissait pas. Il n’avait pas réfléchit lorsqu’il était monté dans sa voiture et avait commencé à la suivre en roulant au pas. A présent il se maintenait à sa hauteur, souriant à chaque regard furibond qu’elle lui lançait par-dessus son épaule. Elle avait commencé à boitillé quelques minutes plus tôt lorsque son talon s’était prit dans une plaque d’égout et s’était rompu net, tordant douloureusement sa cheville et abimant une paire de chaussure qui avait coûté plusieurs centaines d’euros.

« Montes » Proposa t-il une fois de plus en souriant. Pour toute réponse le majeur de la jeune femme se leva dans sa direction. Il éclata de rire et augmenta le volume de son autoradio. Sara avait été plus habitué à être véhiculer d’un point A à un point B dans la ville par un chauffeur qu’à utiliser les transports en communs. Elle aurait alors su qu’elle marchait dans la mauvaise direction. « Montes » Insista t-il à nouveau, sachant par avance qu’elle finirait par craquer une fois de plus. Il connaissait son seuil de tolérance à la douleur physique et sa cheville enserrée dans les lanières compliquées de ses chaussures gonflait à vue d’œil. « Tu préfères te bousiller une cheville que de m’avoir sur chauffeur ? » Argua t-il en levant un sourcil lourd de sens. « Je sais que je suis irrésistible mais je ne pensais pas que je te faisais toujours autant d’effet… » Souffla t-il alors qu’il visait entre ses lèvres une cigarette. Il savait que sa phrase allait faire son petit effet. « Petite joueuse. » L’effet fut immédiat, elle se tourna vers lui le regard furibond.







    baby do you understand me now, sometimes i feel a little mad but don't you know that no one alive. can always be an angel when things go wrong i seem to be bad but i'm just a soul whose intentions are good oh lord please don't let me be misunderstood baby sometimes i'm so carefree with a joy that's hard to jude and sometimes it seems that all i have do is worry then you're bound to see my other side but i'm just a soul whose intentions are good. oh lord please don't let me be misunderstood.
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Sara T. Giolitti
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QUOTE :



Lorsqu’elles atteignirent finalement le vestiaire, tout au bout de la salle, le jeune italien s’y trouvant la gratifia d’un « Nanana come on ! » auquel elle répondit par une grimace en secouant la tête. « Pas lui non plus. » Informa-t-elle Ginger en désignant le vestiaire d’un signe de tête. La mine déçue il rendit son sac et sa veste à Sara avant de s’occuper des affaires de Giuliana. En attendant que cette dernière enfile sa composition florale - bordel c’était quoi cette veste-tapisserie ? Mission 2 : refaire sa garde-robe - Sara hasarda un regard en direction de la foule qui continuait à s’agitait sur les vibes de Rihanna. Elle ne tarda pas à croiser son regard, ce regard-là qu’elle cherchait sans même le vouloir, ce regard qu’elle aimait et détestait en même temps. Alors, muettement ses lèvres se calquèrent sur les paroles de la métisse, sans lâcher son ex des yeux : « 'Cause I may be bad, but I'm perfectly good at it. Sex in the air, I don't care, I love the smell of it. Sticks and stones may break my bones. But chains and whips excite me. » Puis Giuliana finalement engoncée dans son rideau de mamie, elle forma un dernier « Nanana come on ! » avant de lui envoyer un salut militaire, deux doigts partant de son front, et pressa le pas en direction d’une sortie ferme et définitive. « Faut vraiment qu’on te trouve un nouveau prénom. » annonça-t-elle en resserrant le col de sa veste contre son cou dans la fraîcheur de la nuit. « Et accessoirement qu’on te trouve un nouveau manteau. » acheva-t-elle dans une grimace en pinçant entre deux doigts le tissu en overdose florale. Oui, mais d’abord, une glace !!

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शनिवार,09h55,नई दिल्ली,INDIA.













1 NV SMS


Tosca, si tu ne rentres pas immédiatement je n’hésiterais plus à te faire rapatrier de force, s’il le faut ! As-tu conscience de risquer un nombre incalculable de maladies mortelles par le simple fait de respirer dans ce pays ?! Est-ce qu’au moins tu as fait ton rappel du vaccin contre le tétanos ? Et la malaria ? Sans compter qu’Al Quaïda peut frapper à tout moment. T’as place est là où je peux te protéger, pas à des millions de kilomètres ! Je me fous de savoir si tu es avec Pierre, Paul ou Jacques, et encore moins si tu as épousé Pierre, Paul ou Jacques, tu vas me faire le plaisir de ramener ma chaire et mon sang en Italie, et l’inconscient qui a accepté de s’unir à toi sans même m’en demander l’autorisation, par la même occasion, j’ai deux mots à lui dire. Apprendre que ma fille est mariée en lisant l’Osservatore, non mais tu te rends compte de la déconvenue pour un père et accessoirement homme politique ? RENTRE !

coded by katie of atf


Depuis sept jours, elle n’avait eu le droit qu’à un simple «Rentre.» clair, net, précis, mais aujourd’hui, en ouvrant son texto tout en se frottant un oeil encore groggy de sommeil, elle s’étonna de la longueur du texte. Ok, ça ne plaisantais plus, maintenant, papa était vraiment au bord de la crise de nerf, à deux doigts d’avaler son extrait de naissance. Elle aurait pu en rire si elle ne l’avait pas imaginé à gigoter sur son fauteuil au cuir ayant prit la forme de son fessier depuis le temps, pianotant comme un dément sur son smartphone dernière génération, avant de s’emparer de son téléphone de bureau pour contacter l’ambassade d’Italie en Inde et leur demander une intervention armée dans l’hôtel où sa petite princesse était encore profondément endormie à l’heure d’envoi de ce texto. Elle fut même surprise de ne pas retrouver des hommes cagoulés au pied de la moustiquaire, arme au poing. Bon, c’est qu’elle devait avoir encore quelques heures devant elle. Elle composa rapidement un «ok», puis appuya sur la touche «envoi» avant de laisser retomber son iPhone sur le sol, et d’enfoncer sa tête dans un de ses immenses oreillers qu’elle affectionnait tant. A tâtons elle chercha le bras masculin qui devait se trouver dans son dos, s’en empara, et le ramena contre sa poitrine comme une peluche contre laquelle on pourrait se lover à loisir. Elle en profitait maintenant, tant qu’il dormait, parce qu’une fois éveillé, tout serait différent. Elle craignait qu’à Rome aussi tout soit différent, très différent. Et pas sûr qu’elle ait vraiment envie que ça le soit.



Principessa Sara Giolitti
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MessageSujet: Re: JULIAN & SARA ☂ l'alcool noit la raison, pas les souvenirs   Dim 22 Mai - 9:45




« Baby, I have no story to be told,
But I've heard one on you and I'm gonna make your head burn,
Think of me in the depths of your despair,
Make a home down there as mine sure won't be shared »




« Non ? Comment ça non ? » Une pointe de colère perçait dans la voix du jeune homme alors qu’il reposait bruyamment sa tasse à café sur la table de cuisine.
« Je t’aime Julian et je suis ta mère, je ne viendrais pas à cette soirée, je ne veux que ton bien et ça ce n’est pas bien. » Répéta calmement Stella en grignotant le bout d’un croissant. Elle posa une main apaisante sur celle de son fils. Julian avait machinalement serré sa main droite en un poing rageur, elle comprenait mais elle ne pouvait décemment pas lui mentir, elle ne lui avait jamais menti, sauf lorsqu’il était enfant, au sujet de Dante et de ses visites mais elle aussi croyait que son beau-frère finirait par changer. Etrangement elle reconnaissait beaucoup de Dante dans le Julian qui lui faisait face et tellement de Giovanni également, quelque chose en lui était en train de se flétrir. Elle n’était pas dupe, elle l’avait vu avec cette jeune femme qu’il prétendait être sa fiancée. Athéna avait beau être charmante, idéale pour son fils, elle avait clairement vu qu’ils ne s’aimaient pas tout du moins pas comme s’aime un couple près à se marier. Il y avait quelque chose de différent entre eux, de plus profond mais de moins charnel. Cette jeune fille avait beau porter la bague de la mère de Livio, Stella savait que ce n’était que poudre aux yeux. Elle aimait son fils, elle avait supporté ses excentricités, ses crises identitaires mais cette fois, elle ne pouvait laisser faire et suivre sans rien dire. Il était son fils, elle ne voulait que son bien.
« Mais… » Commença t-il.
« Je suis ta mère Julian. Je sais qui tu es, ce que tu es et j’ai sais très exactement ce dont tu es capables, en bien comme en mal. Athéna est une jeune femme charmante mais elle n’est pas celle qu’il te faut et je sais que l’un comme l’autre vous en avez conscience. Je ne sais pas pourquoi tu fais tout cela Julian et crois bien que si j’étais certaine que cela pourrait te rendre heureux je n’hésiterais pas un instant à t’accorder tout mon soutient… Mais, tout cela ce n’est pas toi. Tu n’es pas machiavélique, tu ne cherches à provoquer personne… Ce n’est pas toi. Le mariage a toujours été une institution qui avait de la valeur à tes yeux, Giovanni t’as donné la bague de ta grand-mère en sachant que tu a destinerais à la femme de ta vie. J’aime beaucoup Athéna et en de nombreux points vous êtes fait pour vous entendre… Mais elle n’est pas la femme que tu aimerais jusqu’à la mort, celle pour qui tu sacrifierais toute ta carrière, tes rêves, ta famille. Ton père pense que je me trompe, que tu as peut être changé plus que nous le pension en un an, que tu as besoin de stabilité. Je suis d’accord avec lui, tu as besoin de stabilité. Mais quand je suis venue en Sicile avec toi, et qu’Athéna nous a rejoints, j’ai ressenti une complicité entre vous mais pas une véritable intimité… J’ai vécu des années aux côtés de Dante, Julian je ne suis pas dupe. Je t’aime, je ne te dis pas cela pour te blesser et si je me trompe j’espère qu’un jour tu me pardonneras ce que je viens de te dire et mon absence à cette soirée. Je l’espère vraiment mais je suis certaine de ne pas me tromper.» La main de Stella quitta délicatement celle de son fils, il n’y avait aucune lueur d’appréhension ou de regrets dans ses yeux, simplement une profonde compassion et un amour infini. Julian se demanda alors comment il pouvait mentir à une femme qui le connaissait si bien, en qui il avait toujours eut toute confiance. Pourquoi mentait-il à sa famille plus encore alors que chaque jour les chances de faire de nouveau sienne Sara Giolitti s’amenuisaient ? Elle le fuyait, elle s’était marié à un quasi inconnu, elle ne le désirait pas. Julian ferma les yeux une poignée de seconde, il prit une longue inspiration.
« Tu refuses de venir rencontrer la famille d’Athéna. » Clarifia t-il simplement en évitant son regard. Stella eut un sourire léger, Julian Spinelli, tête de mule, les Spinelli ne pouvaient niés sont ascendance, il avait hérité du caractère de la famille, tout comme sa sœur. Sa mère tendit alors la main au dessus de la petite table et glissa son index repliée sous le menton de son fils, le forçant à lever le menton pour la regarder dans les yeux. Et ce fut seulement lorsqu’elle capta enfin son regard qu’elle déclara avec sa douceur caractéristique.
« Non Julian, je refuse de te voir malheureux. » Souffla t-elle en caressant sa joue dans un élan de tendresse toute maternelle. « Et Athéna ne te rendras pas heureux, on ne battit pas une relation de couple sur un mensonge et tu le sais, regarde ce qui est arrivé à tes parents biologique. » Julian leva les yeux vers sa mère et souffla doucement.
« Personne ne me rendra heureux maman, je ne suis pas fait pour l’amour. » Un aveu à demi-mot d’un mensonge qui chaque jour l’enlisait petit à petit dans la surenchère médiatique contre Sara.
« Si mon chéri, tu es fais pour aimer une seule femme. Reste à savoir si une fois de plus tu es prêt à te battre ? »

(…)

« Lâchez-moi ! » Si sa voix restait calme on sentait tout de même la menace sous jacente à cet ordre. Un ordre qui n’eut pour effet que de le voir pousser contre le capot d’une voiture et fouillé de bas en haut. Une action qui fit montée la colère en lui, il perdit de sa maitrise et sa voix se fit sourde, menaçante et lourde de menaces cette fois. « Je suis un membre du Sénat ! Lâchez-moi ! » Ordonna t-il une fois de plus. L’un des policiers leva les yeux au ciel, il se fichait de qui pouvait être ce môme qu’il venait de ramasser dans la rue ivre, une bouteille de bourbon dans une main, sa cravate dans l’autre. Le patron avait dit de l’arrêter, ils l’arrêtaient. Néanmoins personne ne leur avait dit dans quel état ramener le garçon. Il n’aimait vraiment pas son ton. Un membre du sénat rien que ça ? Silvio n’était dans la police de Rome que depuis quelques semaines mais une chose était sur, on n’embauchait pas de gamin au Sénat, sauf pour servir de coursier. En plus des insolents, il avait en horreur les menteurs. Il jeta un regard à son collègue qui lisait tranquillement ses droits au gosse qui se débattait encore tandis que Silvio s’employait à lui passer les menottes. Il prit le gamin à la nuque et d’une secousse envoya son crâne cogné contre le capot de la voiture de patrouille. Julian étouffa une plainte de douleur alors que son nez entrait en contact avec la carrosserie, il y eut un craquement et le goût métallique du sang. La pression sur sa nuque se relâcha tandis que les deux policiers se disputaient à mi voix.
« Bon dieu Silvio mais qu’est ce qui t’as pris ! » Jura son collègue en retournant Julian sur le dos pour vérifier l’ampleur des dégâts, une légère contusion au front mais de son nez s’écoulait un flot de sang qui maculait le bas de son visage, sa chemise d’un blanc immaculé et à présent sa veste de costume. Le policier jura de plus belle et ôta sa veste puis son pull pour enlever son tee-shirt et s’en servir comme compresse pour stopper l’hémorragie.
« J’aime pas qu’on me manque de respect. » Grogna le policier en s’éloignant pour contacter leur chef par radio, il signa qu’ils avaient appréhendés l’individu ivre sur la voie publique signaler par une riveraine, que le futur détenu souffrait d’une hémorragie nasale dû à une chute provoquée par son état d’ébriété, qu’ils allaient le ramener au commissariat dès qu’il arrêterait de pisser le sang. « Je ne vois pas pourquoi tu t’inquiètes, il se souviendra de rien demain matin ! » Ajouta t-il à l’intention de son collègue après avoir rangé sa radio. « Il est bien cuit le coco. »
« Le coco comme tu dis c’est Julian Spinelli. » Répliqua son partenaire en aidant Julian à se redresser. Il examina son nez, du sang s’écoulait encore, une légère bosse s’était formée sur le côté droit de son nez et déjà sa peau bleuissait.
« Ouais et alors ? » Soupira son coéquipier en remettant en place les pans de son uniforme malmené par l’altercation avec le jeune chef de cabinet. « Qu’il s’appelle Spinelli ou Tartempion, qu’est ce que ça change, c’est qu’un homme bourré sur la voie public, le patron a demandé qu’on le ramène, c’est tout ce que je sais moi. » Son coéquipier soupira mais aida Julian à monter à l’arrière de la voiture avant d’instruire son collègue sur la situation. Il lui arrivait régulièrement d’oublier que Silvio n’était pas romain d’origine mais sicilien, ce qui expliquait ses manières cavalières, son grand emportement et sa froideur de façade. Les Spinelli était une famille influente à Rome, et chacun connaissait leur nom dans cette ville, ne pas reconnaitre le seul héritier masculin de la famille aurait été difficile étant donné que son visage apparaissait à la une de tous les tabloïds de la ville depuis deux ans puisque non content d’être un petit génie l’héritier de Giovanni était aussi un grand séducteur, bien entendu il avait été doublement à la une compte tenu de la mort récente et tragique du patriarche Spinelli et des soupçons qui avaient pesés sur lui. Mais, Silvio ne pouvait pas savoir tout cela, la Sicile se désintéressait du reste de l’Italie c’était bien connu. Il referma la porte sur un Julian passablement ivre qui marmonnait en français un flot de paroles qui correspondaient surement à la procédure judiciaire qu’il attenterait contre eux lorsqu’il serait sortit de cellule de dégrisement. Enfin il se tourna vers son collègue et se décida à éclaire sa lanterne.
« Julian Spinelli est le petit fils de Giovanni Spinelli, le mania de l’hôtellerie mais aussi le Sénateur, récemment décédé lors d’une fusillade l’été dernier. C’est aussi la figure politique la plus connu après Berlusconi bien qu’il ne soit en rien devenu Sénateur, il est chef de Cabinet pour les Républicains, il est très influent ici et sa famille à bien plus de pouvoir encore… Voila pourquoi des brutalités policières sur la personne de cette chère tête brune n’était peut être pas une excellente idée. » L’informa t-il en prenant la direction de l’avant de la voiture.
« Oui mais le chef … »
« Le chef a un problème avec la famille Spinelli, Julian, le mec à l’arrière de la voiture, a manœuvré de façon à ce qu’on lui donne quelques tapes sur les doigts pour son comportement envers ses proches. Le chef l’a dans le nez, ce n’est pas une raison pour que tu te défoules sur un « détenu », c’est bon qu’a s’attirer des ennuis avec les Spinelli. » Le morigéna t-il en se glissant derrière le volant. Il jeta un regard au « détenu » par l’intermédiaire du rétroviseur, Julian se débattait contre ses menottes et grognait des insultes diverses dans de multiples langues. Le jeune homme était ivre, mais pas suffisamment pour être inconscient de ce qui se passait autour de lui. A son arrivée en cellule il serait déjà passablement dégrisé. Mais, une fois dans l’enceinte du commissariat ce ne serait plus son problème. Il espérait simplement que Julian se souvienne que c’était Silvio qui avait usé de la force sur lui… Il tenait à sa carrière et c’était connu, les Spinelli avaient de nombreux contacts.

(…)

Alors qu’il tournait gaiement sa cheville dans les aires en sifflant un air de « le train siffle deux fois », une voix se fit entendre derrière lui. Julian soupira et daigna se retourner sur le ventre pour jeter un regard compatissant à son nouvel interlocuteur. Il était coincé en cellule depuis deux heures à présent et il commençait à se demander combien de temps il allait patienter avant que le maitre des lieux ne passe lui faire une petite visite.

« Julian Spinelli, j’ai comme une impression de déjà-vu, non ? » Souffla le commissaire avec un immense sourire.
« Furlan je me commençais à me demander quand votre auguste face de bipède bipolaire allait faire son apparition dans mon champ de vision. » Devant lui se tenait un homme mi homme mi-mollusque/moumoute, son vieil ennemi, le Commissaire Furlan. Engoncé dans une veste de grand couturier de trois ans démodé bien trop petite pour lui, le commissaire bedonnant dardait sur Julian un regard triomphant. Pour ceux qui n’auraient pas été suivit la relation conflictuelle, petit résumé de leurs rapports à la fois professionnel et intime. Tout avait commencé trois ans plus tôt, au retour de Julian de Paris. Il courrait tout ce qui était sexy avec une jupe à l’aune du QI, et il avait culbuté la fille de Furlan, une jeune femme qui se présentait comme vierge à son père mais qui en réalité avait le feu à sa jupe. Malheureusement Furlan avait encore des peaux de saucissons sur les yeux au sujet de sa fille et lorsqu’il les avait surprit au lit … Julian était devenu sa bête noir, le coureur qui avait séduit et dépucelé sa fille. Une grande histoire d’amour était née entre les deux hommes. Dès lors Furlan ne l’avait pas lâché. C’était d’ailleurs grâce à l’intervention du policier qu’il avait séduit Sara la première fois, Furlan les avait raflés lors d’une rave party et la tension sexuelle avait fait le reste. Il y avait aussi eut la fois où il avait arrêté son père et sa fiancée. Ou la fois où Furlan l’avait interrogé au sujet de l’assassinat de son grand père. Bien entendu suite aux persécutions et pressions policières la famille Spinelli dans sa totalité avait fait front face au policier et Livio avait obtenu que la persécution cesse. Mais cela remontait à près de huit mois et Furlan s’était tenu tranquille depuis le retour de Julian, une paix qui ne pouvait duré bien longtemps la rancœur pesait lourd dans la balance. Furlan n’avait pas apprécié de se faire taper sur les doigts par ses supérieurs, ni de devoir présenter des excuses à la famille Spinelli après les avoir innocenter dans son enquête. Bref le flic l’avait dans le nez et c’était réciproque. « Il m’a bien semblé voir votre acolyte à mon arrivé. Cela ne vous suffit pas de coffrer des innocents, il faut en plus que vous que vous veniez imposer votre présence à vos prisonniers. » Soupira Julian dans une attitude nonchalante qui devait surtout au reste d’alcool qui stagnait dans son sang. Il avait la migraine et ses mains tremblaient, prémices d’une rechute et d’une envie dévorante. Il avait bu plus que de raison ce soir. Bien trop pour un homme seul. Il n’avait rien fêté si ce n’était sa solitude. Bien entendu Julian avait encore conscience que provoquer l’homme qui avait le pouvoir de le garder vingt quatre heure en cellule de dégrisement n’était pas une bonne idée. Mais, il avait suivit des études de droits et il avait déjà un plan à l’esprit. Un plan étrange, surement dicté par l’alcool qui embrumait son esprit. Il devait sortir de cellule, c’était impératif. Sa carrière dépendait de cette sortie, il fallait quelqu’un qui soit capable de le sortir d’ici et d’enterrer l’affaire, quelqu’un qui avait autant de relations que lui, quelqu’un qui avait des connaissances juridiques.
« Toujours aussi grande gueule Monsieur Spinelli, finalement j’avais raison, vous n’avez pas succédez au vieux en fin de compte. » Répliqua le Commissaire avec un petit sourire sadique en s’accoudant aux barreaux pour observer l’oiseau en cage. « Y’a pas à dire, votre place est derrière les barreaux plus que sur un fauteuil de Sénateur. » Julian sentit le sang bouillir dans ses veines mais s’appliqua à rester impassible. Giovanni l’avait entrainé à se comporter correctement même face à des imbéciles, il savait que sortir de ses gonds ne ferraient que renforcer le petit plaisir de Furlan, ce qui n’était pas réellement dans les projets de Julian. Il voulait sortir avant que le conseil éthique n’entende parler de ce faux pas.
« Non pas que cette petite joute verbale ne me passionne pas mais j’aimerais exercer mon droit de passer un appel téléphonique. » Il se redressa sur les coudes et se remit sur ses pieds, heureux de voir qu’il se maitrisait suffisamment pour ne pas laisser percevoir que le monde s’était mis à tourner autour de lui. « Ne vous inquiétez pas » Ajouta t-il alors que Furlan se résignait à lui ouvrir la grille. « Je dirais à votre fille qu’elle vous embrasse. » Il avait la provocation dans le sang lorsqu’il s’agissait d’emmerder Furlan, il se rappelait ce que disait son grand-père à propos du Commissaire en question, un petit con arriviste dénué de talent doublé d’un cocu. Un sourire effleura ses lèvres tandis que Furlan lui passait les menottes pour l’escorter jusqu’à un téléphone.
« Vous sourirez un peu moins lorsque je vous aurais inculpez pour outrage à agent et ivresse sur la voie public. »
« Et vous vous rigolerez moins dans quelques minutes Furlan, savourez donc en silence la fin de votre carrière. » Lui souffla le politicien en le laissant le guider hors de la zone de détention.

(…)

Il avait bu plus que de raison pour oublier l’atroce sentiment de vide dans son cœur. Sa sœur ne souhaitait plus lui parler et aurait préféré qu’il retourne faire le tour du monde. Il avait l’impression de perdre un peu plus chaque jour sa meilleure amie, comme si en la forçant à passer cette bague à son doigt il avait enclenché le « début de la fin ». Quant à Sara, elle s’était mariée en guise de représailles et avait passé sa lune de miel en Inde. Ouais, sa vie était étrangement solitaire et il ne trouvait aucune consolation dans les femmes qui se frottaient contre lui alors qu’il enchainait bourbon sec sur bourbon sec. il avait bu plus que de raison, plus qu’il n’avait bu depuis son retour, cherchant le réconfort et les limbes de l’oubli dans le pur malt qu’il avalait cul sec. Lorsque le patron du bar à cigare lui avait confisqué ses clés et lui avait appelé un taxi et mit sur le trottoir, Julian s’était mit en tête de rentrer à pied, sa bouteille de bourbon à la main. Très mauvaise idée. Un riverain avait appelé le commissariat pour signaler que « Julian Spinelli » (merci aux journaux de publier sa photographie en une chaque semaine) déambulait ivre sur la voie public. Furlan avait surement dû croire à un signe du Tout Puissant. Debout devant le téléphone public du commissariat Julian se trouvait sur le point de faire un choix. Un choix qui affecterait probablement le reste de sa vie. Il connaissait toujours le numéro de mémoire, là n’était le problème. Le problème était qu’à part elle, il n’avait personne pour lui venir en aide et cela le tuait. Athéna avait quitté la ville pour un concerto à Versailles en l’honneur d’un quelconque centenaire. Thalie filtrait ses appels. Il en allait de même pour le reste de ses amis depuis l’annonce de ses fiançailles. Il fallait qu’il agisse avant que Furlan trouve le moyen de le faire comparaitre devant un juge, il risquait de perdre son poste. Le sénat avait toujours été ce pourquoi il s’était battu. Il avait besoin de son aide. Elle était la seule avocate compétente en qui il avait toute confiance, il savait aussi que pour la convaincre de l’aider il faudrait verser un tribut certain, il n’était plus son ami, encore moins son amant et elle ne le portait pas dans son cœur. Il jeta un regard à Furlan qui l’attendait plus loin, un sourire satisfait vissé aux lèvres. Il prit alors sa décision. Il ne sut pas pourquoi elle accepta le PCV après qu’on lui eut annoncé que Julian Spinelli cherchait à la joindre. Mais il savait qu’il devait la convaincre avant qu’elle ne change d’avis et ne raccroche.

« Je sais que tu ne me dois rien, je sais que je me suis joué de toi, que je ne suis qu’un enfoiré, que je t’ai blessé mais Sara je suis dans la panade et tu es la seule en qui j’ai suffisamment confiance pour lui confier mon avenir. J’ai besoin que tu me sortes de là. Je ne peux pas me permettre d’être inculpé, tu es inscris au barreau de Rome, s’il te plait, défends moi. J’ai besoin de toi. Demande moi ce que tu veux et je te le donnerais. Mais il faut que tu me sortes de là, Furlan se lèche déjà les babines. Je n’ai que toi. Il n’y en aura que pour quelques heures. Sara je … »

Il ferma les yeux. Elle venait de raccrocher sans dire un mot.

(…)

Trois heures.

(…)

Quatre heures.

(…)

Huit heures.

(…)

Huit heures douze. Furlan tournait en rond dans la petite pièce, tapant sérieusement sur les nerfs de Julian, qui allongé sur sa couchette tentait de mesurer l’impact qu’aurait cette arrestation sur le comité d’éthique. Le pire dans tout cela n’était même pas qu’il craignait pour sa carrière mais qu’il offrait à Furlan la possibilité de lui prendre ce pourquoi il vivait encore, son héritage. Il se concentrait sur ses mains et leurs tremblements de plus en plus fort afin de faire le vide. Il fallait qu’il assure seul sa défense face au juge que Furlan aurait réussit à débusquer. Il plaiderait l’arrestation arbitraire, les coups et blessures sur la personne d’un citoyen. Si seulement Sara avait eut le cran de venir … Elle aurait mit à terre Furlan à coup de menaces de poursuite en quelques minutes et il aurait pu respirer. Alors que Furlan s’approchait de la grille en faisant tourner les clés et une paire de menottes dans chaque main, la porte reliant la détention au reste du commissariat s’ouvrir dans une concert de tôle cognant contre le béton armé. Julian se redressa et il manqua de s’étouffer avec sa salive. Elle était venue. L’adjoint du commissaire la talonnait de près. Essoufflé il s’attira le regard noir de son supérieur pour ne pas avoir su retenir la jeune femme.

« Je suis désolé Patron, je ne suis pas arrivé à l’arrêter. »
« Elle fait à peine 45 kilos pour un mètre soixante » Soupira Julian à l’oreille de Furlan. « Je serais vous j’embaucherais un autre garde du corps … »
« Ô fermez là Spinelli. » Grogna Furlan en tapant contre les grilles pour le faire reculer.
« Je serais vous Furlan, j’éviterais de continuer à me passer à tabac devant mon avocat. » Le prévint Julian en s’installant à nouveau sur sa couchette. Comme toujours il affichait ce petit sourire en coin, arrogant à souhait. S’il avait l’air jubiler il n’en menait en réalité pas très large, les barreaux de la cellule l’oppressait, il ne serait soulagé que lorsqu’il serait à nouveau hors de ce bâtiment. Tout dépendait désormais de Sara.






    baby do you understand me now, sometimes i feel a little mad but don't you know that no one alive. can always be an angel when things go wrong i seem to be bad but i'm just a soul whose intentions are good oh lord please don't let me be misunderstood baby sometimes i'm so carefree with a joy that's hard to jude and sometimes it seems that all i have do is worry then you're bound to see my other side but i'm just a soul whose intentions are good. oh lord please don't let me be misunderstood.
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Sara T. Giolitti
V.O.X P.O.P.U.L.I

AGE : 24 ans
MESSAGES : 1913
ARRIVÉE LE : 01/03/2009
EMPLOI : Pour l'instant je me consacre à ne rien faire. C'est bien aussi.
ADRESSE : 25 via s. maria sopra minerva - Parione, Palatin.
QUOTE :


All guys are jerks. But they get hotter
with age, and we learn to be more tolerant



Le problème de Julian Spinelli ce n’était pas réellement l’alcool même si sa dépendance laissait croire le contraire. Non, le véritable problème de Julian Spinelli mesurait un mètre soixante, pesait quarante-cinq kilos et le rendait complètement marteau. Son problème se nommait Sara Giolitti. Son obsession pour elle virait au cauchemar, à l’overdose. Il était incroyable de se soucier autant d’elle qu’autrefois alors qu’elle … le repoussait. Elle s’était mariée à un autre, elle avait décidé de partir le plus loin possible de Rome sans sembler le regretter, elle était même allé jusqu’à l’emmener à Naples. Naples. Cette maison dans laquelle ils avaient prétendus être un couple normal, un couple simple, elle cuisinait pour lui, lui jouant du piano pour elle. Eux heureux. Le seul problème de Julian Spinelli était ces sentiments contradictoires qu’il éprouvait pour Sara Giolitti. Allongé seul dans le lit de sa chambre à Trastavere il regardait les ombres s’allongé sur le plafond. Il était revenu « à la maison » presque machinalement, espérant trouver Thalie, ne découvrant que Fabrizio faisant le pied de grue devant la porte de la résidence. Il avait congédié le vieil homme d’un simple « ça suffit pour aujourd’hui », l’expression de son visage avait fait le reste. Il avait monté deux à deux les marches du porche et était entré sans frapper. C'était là que Julian avait passé son enfance et le début de son adolescence avant de quitter Rome pour Paris. Dans le vaste hall qui partageait le bâtiment en deux, flottait une merveilleuse odeur de cire d'abeille et de citron, qui se mêlait au parfum des fleurs de camélia disposées dans une coupe. Un siècle plus tôt, le visiteur était accueilli par les mêmes senteurs. Julian avait fait une pause devant une psyché pour écarter quelques mèches folles de son visage, essuyé le sang sous son nez tuméfié avant de pénétrer dans le salon où la gouvernante des Spinelli brodait tranquillement une couverture en coton aux armoiries de la famille. Maria avait poussé un cri horrifié et Julian avait eu l’impression de revenir des mois en arrière, alors qu’il était encore … heureux. Il ne comprenait pas. Il ne la comprenait pas. Il savait qu’il l’avait blessé, qu’il s’était détruit tout autant qu’il l’avait détruit elle, Sara Giolitti telle qu’il l’avait connu n’existait plus. Il se trouvait face à une inconnue. A un problème insoluble. Allongé dans le noir, un air de Carmina Burana flottant jusqu’à lui depuis le salon, il se repassait le fil de la journée, essayant de cerner celle avec qui il avait fait l’amour. Fait l’amour n’était pas l’expression à laquelle il aurait pensé en premier lieu en se remémorant le court des évènements de la journée. Ils s’était battus, l’un contre l’autre, une guerre à l’aune de tout ce qu’ils avaient connus ces huit derniers mois, frustration, culpabilité, colère, agressivité, douleur. Une boule se forma dans son ventre alors qu’il repensait à la façon dont elle l’avait quitté. Sans un mot, sans un regard dans cet appartement minable. Il soupira et reposa sur son visage le sachet de petit pois que Maria lui avait confié en râlant comme une diablesse au sujet de son imprudence. La prochaine fois qu’il jouerait sous la voiture au mécano, il prendrait garde à ce que le Crick soit bien en place. Pauvre Maria, si elle avait su la vérité. Julian se doutait que Fabrizio n’ignorait rien de ce qui s’était réellement passé. Bien entendu le vieil homme n’avait pas bougé le petit doigt pour l’aider. Bien entendu. Paradoxalement il n’avait pas non plus vendu la mèche à Maria et Giuseppe, ce qui était pour le moins étrange. Fabrizio ne l’avait-il pas menacé que recommencer une liaison avec Sara lui coûterait ce pour quoi Giovanni avait travaillé ? Il se redressa sur un coude, lorgnant vers la porte de sa chambre. De toute évidence Thalie ne comptait pas rentrer, rien ne l’empêchait donc de rentrer chez lui… Sauf qu’il désirait comprendre cette menace qui planait au-dessus de sa tête. Il ne pouvait pas forcer la main de Sara, si elle désirait lui parler, elle le recontacterait, il savait que la brusquer ne l’avancerait à rien. Grognant de douleur, il se redressa sur ses pieds, gardant en contact avec son nez tuméfié, et malmené un peu plus par ses ébats avec Sara, le sachet de surgelé que Maria lui avait offert en guise de glace. Il eut soudainement l’impression d’être revenu un an en arrière lorsqu’il trouva un vieil homme assit dans le fauteuil de son grand père, sirotant du bourbon dans un verre en cristal, tout en battant le rythme de la musique du bout de ses doigts. Machinalement Julian contracta sa mâchoire pour ravaler la réplique assassine qui faillit fuser d’entre ses lèvres, malheureusement durant ce court accès de rage il oublia son nez à nouveau tuméfié et manqua de grogner sous l’effet de la douleur. Alerter par son sixième sens de casse pied, Fabrizio redressa le menton pour capter la présence du jeune politicien sur le seuil de « son nouveau bureau ». Pas étonnant que Thalie eut quitté la maison pour quelques heures, avec pareil colocataire il aurait fait de même. Peut-être pourrait-il lui offrir l’asile politique, en guise de présent de paix ?
« Rocky a décidé de remettre le pied sur le ring. Entre donc Julian, et ferme la porte. » Entre donc et ferme la porte, il avait posé ses valises dans LEURS maison et LUI ordonnait d’entrer et de fermer la porte comme s’il était chez lui. Comment diable Giovanni avait-il pu leurs assigner, à Thalie et à Lui, pareil cerbère ? Qui gardait les enfers pendant que Fabrizio rodait dans le monde des vivants ? Pourtant bien que l’envie de claquer la porte de la maison et de fuir le démangeait férocement, Julian referma doucement la porte et s’installa sur le rebord de la fenêtre du bureau de feu Giovanni Spinelli. Il y trouva comme d’ordinaire le cendrier que laissait Maria à son attention.
« Je suppose que Rome ne vous manquait pas, et que ce n’est pas l’envie de passer dire bonjour à des gens qui ne vous apprécie pas qui a motivé votre retour parmi nous. » Commenta-t-il en inhalant une bouffée de sa cigarette, mieux valait fumer pour oublier sa contrariété plutôt que de s’abimer les jointures des mains en chassant ce parasite du fauteuil de son grand-père. Julian n’avait jamais compris l’amitié qui liait Fabrizio et Giovanni, à sa décharge il avait rencontré Fabrizio dans des circonstances peu propice à la création d’une solide amitié, cependant il ne comprenait pas ce qui avait poussé son grand-père à devenir l’ami d’un pareil… manipulateur ?
« Vous n’avez pas assisté à l’ouverture du testament de votre grand-père, n’est-ce pas Julian ? » Une question de pure rhétorique puisque que Fabrizio était l’homme de loi qui avait procédé à la lecture du testament de Giovanni. Julian avait déjà quitté Rome lorsque la lecture avait eu lieu, il lui semblait que Thalie n’avait pas été non plus jusqu’à Naples pour entendre ce dont il était question, seul Livio, Dante et Stella s’étaient rendus jusqu’au cabinet de l’avocat pour se voir révéler les dernières volontés du défunt. « Si le Sénat est informé de certaines mesures visant à assurer votre entier investissement dans votre tâche, Giovanni a procédé à quelques ajustements concernant les mesures que son exécuteur testamentaire devrait prendre au cas où certaines closes privées de son testament ne seraient pas respectés. » Julian fronça les sourcils, se gratta le menton puis lâcha nonchalamment.
« Ah oui je sais, c’est à ce moment-là que je tremble de peur, me jette à vos genoux et implore votre clémence n’est-ce pas ? » Si Julian était un brillant orateur et un meneur charismatique lorsqu’il se trouvait à la tribune du Sénat, dans la vie privée il avait tendance à se comporter comme un môme mal élevé dès lors que l’on prétendait régir sa vie. La meilleure défense de Julian avait toujours été l’insolence et la défiance. Fabrizio soupira, comme s’il était face à un enfant récalcitrant mais continua néanmoins son petit laïus. Petit à petit les pièces se mettaient en place dans son esprit, si Thalie était retournée à Paris, c’était pour en apprendre un peu plus au sujet du testament auprès de leur parent, et comme un crétin il avait tout fait foiré avec sa sœur, une fois de plus. Julian était déçu, déçu par lui-même, déçu de son comportement qui n’avait fait que plonger sa nouvelle vie dans le chaos. Déçu aussi que Giovanni, dans la mort, ne lui avait pas plus accordé de confiance que de son vivant, il avait placé au-dessus de sa tête une épée de Damoclès pour s’assurer qu’il obéirait aux règles qu’il aurait fixées. Il était l’hérité de Giovanni Spinelli, mais un héritier sous conditions car faute d’avoir eu un « héritier » légitime donné par Stella, le patriarche des Spinelli avait dû se contenter de Julian, le fils d’une « danseuse », de la mauvaise graine à laquelle on ne pouvait se fier. Fabrizio sortit un cigarillo de sa poche de veston, de mauvaise grâce Julian consentit à se lever pour le lui allumer, il avait soudainement l’impression d’avoir à nouveau dix ans et de se retrouver convoquer dans le bureau de son grand-père parce qu’en jouant à la balle Thalie et lui avaient cassé un carreau de la maison.
« Ne sois pas aussi insolent Julian, peut-être cela marchait-il avec Giovanni, mais je ne suis pas Giovanni. Si je suis ici c’est par ta faute, je n’aurais même pas eu à intervenir si tu n’avais pas commencé par refaire la une des tabloïds et si tu t’étais tenu éloigné des Giolitti en dehors du Sénat. » Lui rappela le vieil homme en recrachant une bouffé d’une fumée au parfum lourd et entêtant. « Giovanni ne t’avais jamais caché désapprouver ta relation avec la petite Giolitti, même si je trouvais cela divertissant bien loin de ta ligne de conduite habituelle. Tu aurais dû te douter qu’il prendrait des mesures pour s’assurer que tu aurais la force de caractère et les mœurs qu’on attend d’un futur leader du parti démocratique. Epouser la fille de ton principal opposant ne fait pas parti des choses que ton grand-père souhaitait te voir accomplir, de même que de te voir pavaner aux bras de plusieurs conquêtes passé l’âge de 25 ans ou encore de faire le tour du monde pendant des mois sans te préoccuper de tes obligations. » Cette fois ci Julian éclata d’un rire franc et massif qui décrut seulement lorsqu’il eut pris conscience du caractère un peu fou de cette réaction. Mais fou il était bel et bien en train de le devenir. Il avait l’impression de se briser de l’intérieur en un millier de petits fragments tous plus petits les uns que les autres. Sa vie était une mascarade, un immense jeu de passe-passe. Une marionnette, un pion. Une fois de plus Julian avait l’impression de n’être qu’un second rôle, une poupée que Giovanni Spinelli manipulait afin de le contrôler dans les moindres détails pour être sûr qu’il soit digne de prendre sa suite. Digne de prendre sa suite ! Julian eut soudainement envie de ravager le moindre centimètre carré de ce bureau qui était devenu une sorte de sanctuaire. Pas assez bien, pas assez Spinelli, pas assez, pas assez, pas assez ! Il avait tout fait pour que ce vieux tyran l’aime, il avait sacrifié sa vie entière à vouloir recevoir un peu d’amour de Giovanni Spinelli, une marque de confiance et jusque dans la tombe le patriarche lui faisait payer une naissance dont il n’était en rien responsable. Des clauses restrictives, il lui imposait des clauses restrictives pour accéder à ses contacts, ses pistons, son poste. Des clauses qui lui imposaient un style de vie, une manière de mener sa barque, il aurait dû s’en douter, penser que Giovanni ne reculerait devant rien. Il avait consacré sa vie au Sénat, à la politique, il s’était investi au détriment de tout le reste, Giovanni savait que Julian ne prendrait jamais le risque de tout perdre. Parce que son grand-père savait qu’en perdant l’amour de sa vie, il ne lui resterait que cela, le Sénat, sa carrière. Il ne parvenait pas à croire que Giovanni avait osé le blesser de la sorte, sa haine des Giolitti était-elle si forte pour qu’il entérine ses choix en en faisant une clause de sécurité pour accéder à son héritage ? Il fallait adopter sa vision des choses pour devenir son héritier ? Il n’y avait aucune place pour le libre arbitre, le choix ? Les lèvres de Fabrizio se mouvaient en cadence mais Julian était devenu comme sourd au reste du monde. Tout ce pour quoi il s’était battu, l’amour qu’il avait presque réussit à imposer au reste du monde… Il avait abandonné tout cela pour honorer la mémoire d’un homme qui ne le respectait pas ? Il pleurait encore un homme dont le seul et unique but dans la vie avait été de le modeler à son image ? Carolina avait raison, Thalie, Stella avaient raison. Il n’était pas heureux, et en suivant un parcours qu’il haïssait, il ne le serait jamais. Il souffrait, la trahison de Giovanni était plus cruelle encore qu’avoir été purement et simplement déshérité. Il avait le choix, un choix qui n’en était plus un à présent. Par la faute de Giovanni Spinelli, et parce qu’il avait été assez stupide pour croire qu’il avait quelque chose à prouver à qui que ce soit, Julian n’avait plus le choix. Il avait perdu Sara, ne lui restait que le Sénat. Il devrait désormais vivre dans un monde où il ne pourrait ni la toucher, ni l’aimer sans qu’elle ne doute de chacun de ses gestes, tout cela pourquoi ? Le petit sourire que Fabrizio arborait, tout ceci n’était qu’une mise en scène de plus de Giovanni Spinelli. Un dernier tour, une dernière pirouette pour montrer à Julian qu’il lui devait sa vie. Mais que lui devait-il réellement ? Un parti dont il partageait les valeurs seulement parce qu’on ne lui en avait jamais laissé le choix ? Un salaire et un poste qui consistait ni plus ni moins qu’à baby-sitter un sénateur plus volage de Silvio Berlusconi en personne ? Une maison dans un quartier qu’il n’aurait jamais habité si sa mère avait aimé son père et pas simplement son argent ? Il devait à Giovanni Spinelli sa vie, son confort, l’orientation de ses études. La seule chose qu’il avait accompli par lui-même, la seule personne qu’il avait aimé, qui l’avait rendu heureux, Giovanni avait même réussit à l’en priver…. Détruit. Trahit. Il se leva tel un automate et quitta le bureau sans un mot. Disgrâce. Il avait le choix entre la disgrâce et l’obéissance. Alors qu’il déambulait dans les rues de Rome, hagard et désemparé son téléphone émit une plainte dans sa poche.

« Via Agrippa. 12Bis, chambre 4. » L’espoir. Il y avait encore un espoir pour lui, pour eux. Il n’avait qu’elle, il n’y avait que pour elle qu’il serait capable de renaitre. Giovanni lui avait tout prit. Espoir de carrière, choix de vie. Elle était la seule « chose » qu’il avait choisie, le seul choix pour lequel il s’était battu. Elle était tout pour lui. Mais il l’avait brisé, il était brisé, et rien ne serait aussi facile que huit mois plus tôt. Il avait fait d’elle cette boule de souffrance à laquelle il avait fait l’amour des heures plus tôt. Une erreur qu’il ne pourrait jamais réparée. Ils étaient brisés. Ils avaient toujours été brisés, ensemble ils ne faisaient qu’un. Hagard il prit machinalement la direction de la via Agrippa sans même prendre le temps de lui répondre. Elle attendrait, il le savait. Ils avaient besoin l’un de l’autre pour avoir l’illusion d’être encore vivant.

(…)

L’appartement n’était pas meilleur que le précédent et serait surement pire que le suivant. Il s’en moquait, ce n’était pas le cadre de vie qu’il venait chercher ici mais bel et bien elle. La porte n’était pas fermée à clé, elle l’attendait, comment pouvait-elle être sûre qu’il viendrait, il l’ignorait, mais elle savait qu’il viendrait à en croire cette marque de confiance, ou bien se fichait-elle de qui viendrait ? Mais il ne venait pas par curiosité cette fois, mais parce qu’il en avait besoin, il ne connaissait qu’elle, son souffle de vie, son choix. Le premier baiser qu’il lui donna n’avait rien d’hésitant comme la veille, c’était un baiser torride, passionné qui frisait le désespoir. Se moquerait-elle de lui si elle soupçonnait le feu qui coulait dans ses veines, l’impérieux besoin qu’il avait d’être près d’elle ? Il préféra ne pas y penser et relégua ces interrogations dans un coin éloigné de sa mémoire. Pour l'heure, tout ce qu'il souhaitait, c'était se laisser guider par ses sens, parce que c’était ce qu’elle désirait de lui, un amant, une seconde de répit, rien de plus. Il ne pouvait demander d’elle plus qu’elle n’avait à offrir. Il lui donnait ce à quoi elle aspirait, pas de tendresse ou de regard enamouré, cette facette d’eux n’existait plus, il prenait et donnait avec la même audacieuse brutalité, ses lèvres étaient exigeante, son corps solide se pressait contre le sien, les deux amants d’autrefois s’étaient effacés au profit de quelque chose de plus primaire, un besoin lancinant de l’autre qui les poussait à s’aimer. Rien n'incitait au romantisme. Le mince croissant de lune qui éclairait les pas de Julian dans la belle citée de Rome avait disparu depuis longtemps, l’appartement était plongée dans une obscurité froide qui ne conférait à la scène rien de plus que sa réalité. Puis cédant à l'urgence de leur désir, ils roulèrent, enlacés, sur le lit. Leurs deux corps, parfaitement imbriqués l'un dans l'autre, se mouvaient au même rythme langoureux. Puis peu à peu la passion s'infiltra, les rendant impatients l'un de l'autre. Leurs doigts, leurs bouches, exploraient la moindre parcelle de chair, le moindre recoin intime. Julian enfouit son visage dans la chevelure épaisse de la jeune femme, se grisant de l'odeur animale qui s'en dégageait. Si les mains du jeune homme restaient fermes tandis qu’il ôtait son tee-shirt à Sara puis caressait sa poitrine aux courbes menues, son cœur, lui, battait la chamade. Il acceptait les règles du jeu, même si il pressentait des conséquences inévitablement néfastes. Il avait besoin d’elle, il prendrait ce qu’elle lui accorderait. Il avait besoin d’elle, qu’importe les conséquences, il avait fait un choix. Il l’avait choisi, elle et ses règles, elle et ses envies, elle et leurs folies. Leurs deux corps à l'unisson rivalisaient d'imagination et de volupté. Julian réapprenait à aimer ce corps menu, ce parfum charnel qui émanait de chaque centimètre de sa peau et dans lequel il se noyait avec un plaisir qui frisait l’indécence. Toutes ses femmes avec qui il avait fait l’amour ses huit derniers mois, aucune ne parvenait à l’envouter de la sorte, à le faire sien d’une manière aussi viscérale. Elle était tout. La passion, cette faim de l’autre qui ne cessait jamais, cette envie qui vous faisait basculer dans la douleur, dans la folie… Elle lui avait manqué. Sans elle rien n’avait de sens, mais il avait conscience désormais de sa vulnérabilité, de son incomplétude… Elle était tout, et sans elle il n’était rien. Un éclair de vulnérabilité s'abattit sur lui tandis que le corps de son amante s'arc-boutait vers plus de plaisir encore, à la recherche du sien. Jamais encore Julian ne s'était senti aussi psychologiquement nu, aussi fragile. Elle pouvait choisir de le briser un peu plus. Elle avait tout pouvoir sur lui. Ce fut un acte désespéré où amour et haine se mélangeaient étroitement. Ils avaient l'impression de se découvrir pour la première fois. Leurs mains, leurs bouches, exploraient des zones qu'ils pensaient inconnues. Les caresses qu'ils se prodiguaient faisaient frissonner un peu plus leurs corps incandescent. Leurs bouches, chaudes, avides, se cherchaient, se trouvaient, ne se lâchaient que pour mieux se reprendre. Et puis, il y eut l’après, lorsque leurs sens furent enfin apaisés et que les battements désordonnés de leurs cœurs se furent calmés, ils restèrent un moment silencieux. L’univers se déchira. Elle se détacha de lui, refusant le cocon de ses bras. Silencieusement elle se rhabilla et il lui offrit un silence identique, la laissant se rhabiller de son côté tandis qu’il procédait de même avec un certain retardement. Passion et colère se mêlaient en un sentiment unique. Il avait lu dans ses yeux alors qu’elle s’épanouissait sous lui qu’elle était aux portes de la folie, entre douleur et calme total… Il ne voulait pas la perdre, quitte à se perdre lui-même il prendrait le temps qu’elle lui accordait. Il n’y avait qu’elle qu’il avait choisi. Qu’elle seule. Elle serait sa maîtresse, mais elle s'interdirait de l'aimer, elle ne risquerait donc pas son cœur dans l'aventure une fois de plus. Il le sentait, le lisait dans ses yeux. Il serait la faire changer d’avis, cela prendrait du temps, peut-être plus qu’il n’en disposait mais, Sara Giolitti serait sienne une fois de plus.

QUELQUES JOURS PLUS TARD

« Monsieur Spinelli ? » Julian redressa le nez de ses dossiers, la mine tirée et l’air hagard, il avait passé la nuit à travailler sur le meilleur moyen de cacher à la presse les relations sexuelles de son élu avec des prostituées d’un âge bien trop tendre. Sa secrétaire lui tendit obligeamment une tasse de café fumante et obtient en retour ce sourire qui faisait la marque de fabrique de Julian.
« Merci Gina. » S’entendit-il répondre avant de fixer une fois de plus les photographies de surveillance qui s’étalaient devant lui. Il but une gorgée de café et soupira de plaisir, seigneur depuis quand n’était-il pas rentré à Pigna prendre une douche et dormir quelques heures ? Il était épuisé si bien qu’il mit quelques minutes à comprendre que sa secrétaire attendait patiemment devant son bureau, le regardant avec un petit sourire indulgent, le privilège d’être une mère de famille de quarante-cinq ans, le charme de Julian Spinelli vous touchait, sans vous ravager le cœur. « Autre chose ? » Demanda-t-il en se frottant la nuque, il espérait secrètement que Rosario Visconti, son « sénateur », ne soit pas encore rentré de Genève où il assistait à une réunion de grands chefs d’entreprises, il avait bien assez à faire pour couvrir ses frasques et corriger ses erreurs.
« Vous avez reçu ceci. Un livreur vient de l’apporter. » L’écriture sur l’enveloppe ne lui était pas inconnu. Il fronça les sourcils, décacheta le pli et un sourire éclaira son visage pour la première fois, un sourire qui remonta jusque dans ses yeux.





    baby do you understand me now, sometimes i feel a little mad but don't you know that no one alive. can always be an angel when things go wrong i seem to be bad but i'm just a soul whose intentions are good oh lord please don't let me be misunderstood baby sometimes i'm so carefree with a joy that's hard to jude and sometimes it seems that all i have do is worry then you're bound to see my other side but i'm just a soul whose intentions are good. oh lord please don't let me be misunderstood.
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Sara T. Giolitti
V.O.X P.O.P.U.L.I

AGE : 24 ans
MESSAGES : 1913
ARRIVÉE LE : 01/03/2009
EMPLOI : Pour l'instant je me consacre à ne rien faire. C'est bien aussi.
ADRESSE : 25 via s. maria sopra minerva - Parione, Palatin.
QUOTE :



Une imposture, tout ceci était une imposture, une mascarade qui se fendillait petit à petit, une fissure contre laquelle un réparateur de chez Carglass ne pouvait rien, ce n’était pas quelque chose que l’on pouvait fixer avec une petite dose de résine magique. Assit au milieu de son appartement vide désormais de tous meubles et de tous cartons qui avaient appartenus à Athéna, Julian semblait perdu, hagard, plus seul que jamais. Il avait l’impression que ces souvenirs, cette vie qu’il avait tenté de construire à nouveau s’étalait devant lui, l’absence de souvenirs véritables lui revenait en pleine tête sous la forme de traces de poussière autour des emplacements qu’occupaient les cartons de déménagement, qui marquaient la fin d’une amitié de longue date. Il avait anéantit une relation qui avait beaucoup comptée pour lui durant son adolescence et sa vie de jeune adulte, pourquoi ? Par fierté ? Parce qu’il refusait de reconnaitre qu’il avait fait une erreur ? Parce qu’il avait peur de froisser la mémoire d’un grand homme politique qui ne lui avait jamais accordé la moindre légitimité, même avant sa mort ? De là où il se trouvait il pouvait très clairement apercevoir ce à quoi se résumait sa vie depuis la mort de son grand père neuf mois plus tôt. Une bouteille de vin, victime abandonnée près de l’évier, lors de sa dernière soirée avec Thalie. Une photo de famille posée à même le bois d’une console design ultra moderne. Une serviette qui vomissait sur le sol son contenu en un joyeux et coloré pèle mêle : téléphone dernier cri, un macbook pro malmené par ses différents voyages autour du capitole, une pile de dossier rangés dans des protèges dossier aux couleurs criardes, un passe donnant accès au Capitole, son badge de sécurité, ses cartes professionnelles, un briquet en argent massif cadeau de son grand-père et héritage familial, un paquet de cigarette amputé d’une bonne partie de son contenu, un trousseau de clé. Et le silence, ce silence oppressant, cette absence de toute chaleur, de toute vie dans un appartement qu’il avait pris pour fuir Trastevere et se prouver qu’il n’était plus le Julian Spinelli d’autrefois. Mais à en croire les erreurs qu’il accumulait, les obstacles qui se mettaient au travers de sa route, il était bel et bien le même qu’autrefois. Le même homme qui portait cependant un regard moins abusé sur sa situation, le même en plus lucide, en moins docile, en plus ouvert. La peau de saucisson qu’il avait devant les yeux, la culpabilité s’étaient effacés au détriment d’une lucidité qui lui blessait l’âme et le cœur. Il avait tout quitté, tout abandonné pour se soumettre au jugement d’un vieux fou qu’il n’avait aucune confiance en lui, il avait blessé la femme qu’il avait aimé au point de s’opposer à sa famille dans sa quasi-totalité, tout cela pour ça : un appartement vide, une vie à l’état de ruine et un boulot dans lequel il ne s’épanouissait plus ou dans lequel il ne s’était peut-être jamais épanoui ? Avait-il eut vraiment le choix ? Toute sa vie il avait été conditionné dans un seul but, prendre la relève d’un parti qui était menacé de plus en plus par le libéralisme et des mœurs devenus obsolètes pour une génération désabusée au sujet de son gouvernement. Les frasques de Silvio Berlusconi et consorts entachaient la réputation d’une démocratie vieille de plus d’un demi-siècle. Etait-il si semblable que cela au Julian Spinelli qui avait débarqué un an et demi plus tôt en Italie pour reprendre la relève d’un grand-père qu’il idolâtrait ? Le jeune homme confiant et idéaliste qui croyait réellement en les valeurs qu’il défendait avait laissé place à un jeune homme bien plus proche de l’opinion des jeunes de sa génération envers le gouvernement et les politiques. A quoi se résumait sa vie si son travail ne valait même plus la peine de se sacrifier pour lui ? Il avait tout gâché par lâcheté et pour se conformer à un moule pour se découvrir des velléités de rejet envers un parti dans lequel il devait, si on se conformait au plan rédigé après sa naissance, effectuer ses premiers pas d’homme « politique ». Il avait reçu une visite aujourd’hui. Une nouvelle visite « d’inspection ». Fabrizio était passé le voir à son bureau, pour « discuter » et Julian avait dû se justifier. Une fois de plus. Pourquoi avait-il fait ceci, avec qui avait-il passé telle heure, quelle discussion avait-il eut, pourquoi avait-il choisit de justifier une action de telle façon, quel projet de loi était en cours d’examen au Sénat, envisageait-il les conséquences de ses actes ? Juste une fois, rien qu’une fois il aurait aimé pouvoir lever la main sur cet homme sans que cela porte à conséquence, l’envie le démangeait, courrait dans ses doigts, le long de ses bras d’expédier ce vieil homme au sourire suffisant et aux mœurs hautaines au tapis et de le voir perdre sa superbe. Mais il n’était pas seul dans ce bateau. Il y avait Thalie, et Sara. Surtout Sara. Thalie savait très bien se défendre seul. Un sourire effleura ses lèvres lorsqu’il repensa au SMS qu’il avait reçu un peu plus tôt dans la journée. Sa sœur lui rappelait la messe d’anniversaire du pape à laquelle ils étaient tous conviés, ils avaient convenus ensemble d’un rendez-vous afin de faire enrager le vieil homme. Ils seraient présents, comme le voulait la tradition, mais pas en robe sage et costume de cérémonie. Non. Les Spinelli étaient entrés en guerre face au fantôme de leur grand-père. Trahis ils étaient désormais sur le pied de guerre pour rendre la vie de leur « tuteur » insupportable. Car ni l’un, ni l’autre n’étaient décidés à se plier sans bronche aux directives arrière parentale afin d’accéder à leur « héritage », ils se battraient pour avoir le droit d’exister aux yeux des autres comme eux même et non pas comme on aimerait les voir. Il redressa la tête lorsque son téléphone émit un bip bref mais caractéristique d’un message en attente de lecture. Tel un chien à l’arrêt il se figea et attendit une seconde, deux, avant de tendre la main pour s’emparer du téléphone. La vie reprit son cours lorsqu’il lut le contenu du message. « Ce soir. » rien de plus, rien de moins. L’existence sembla avoir soudainement un sens nouveau et il se releva. Ce soir il aurait l’illusion de lui appartenir de nouveau, de ne pas être aussi seul qu’il le pensait, ce soir il redeviendrait l’homme comblé qu’il avait été avant de tout foutre en l’air.

(…)

« Tu es complètement folle tu en as conscience n’est-ce pas ? » Demanda Julian tandis que sa sœur se garait dans un dérapage qui n’avait rien de contrôlé entre deux voitures à l’arrêt sur le bas-côté de la route. Jamais un trajet d’une quinze de kilomètres ne lui avait paru aussi long que dans cette voiture. Il avait fini par oublié à quel point sa sœur appréciait une conduite sportive faite de coups de klaxons et d’insultes en italien ou en français. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, malheureusement il savait que la conduite de sa sœur ressemblait à la sienne, bien qu’il n’insulte personne, se contentant de conduire vite et bien dans un style plus … policé. Il sortit de la voiture l’estomac retourné et jeta son latte macchiato dans la poubelle le cœur soulevé à la simple odeur du café au lait prit chez Espressamente Illy. Il s’appuya sur le capot de la voiture de sa sœur, respira un grand coup et fit face au visage hilare de sa sœur. « Ahaha je suis mort de rire. » Souffla-t-il en lui assénant une tapette sur l’arrière du crâne. « Bon, où est-ce qu’on rencontre ton nouveau coup de cœur vestimentaire ? »
« Mon non officiel, nouveau coup de cœur vestimentaire. » Lui rappela-t-elle en l’entrainant par le bras en direction d’un bâtiment qui avait tout de l’entrepôt industriel désaffecté.
« Si c’est un plan machiavélique pour faire devenir mon patriarcat, un matriarcat, tu peux simplement me proposer d’épouser un homme tu sais, pas besoin de me trainer dans une zone industrielle déserte pour me faire tabasser par des hommes de mains. » La jeune femme leva les yeux au ciel toqua discrètement à une porte qui s’ouvrit aussitôt devant elle. Il fallait reconnaitre une chose à Thalie, elle ne manquait pas de style et savait faire ses entrées. Elle fut accueillie comme une reine, quelle était, grande prêtresse de la mode, habituée des fashion-week et modeuse accomplie. Si Julian avait horreur d’une chose c’était bien le shopping, il parlait Prada, Versace, Hugo Boss et Lagerfeld quand cela était nécessaire mais depuis toujours il laissait à Athalia toute la latitude en ce qui concernait sa garde-robe. Sa cousine avait un goût sûr, tout comme lui, mais grande différence faire les boutiques ne la dérangeait pas, tout comme fréquenter les ateliers de créateurs. Il la suivit précautionneusement, se rappelant clairement la dernière fois qu’il s’était retrouvé dans une boutique en compagnie d’une femme, ce jour-là avec Sara ils prétendaient être d’autres personnes, non plus un Spinelli et une Giolitti. On lui proposa du champagne, un café, des petits fours tandis que Thalie passait entre les mains de l’habilleur, les stylistes qui souhaitaient la voir porter une de leurs créations lors de l’anniversaire du Pape chuchotait nerveusement dans un coin de l’entrepôt tandis que la jeune femme enfilait sa première tenue. Julian s’installa confortablement, ôtant sa veste de costume qu’il posa négligemment sur le dossier du divan installé près de « la cabine improvisée », il posa sa cheville gauche sur son genou droit et desserra le nœud de sa cravate, il se préparait à la longue séance qui se préparait. Mais il tiendrait le coup car cette « épreuve » faisait partit d’un plan bien huilé préparé par les héritiers. Car selon la presse la jeune femme avait déjà fait son choix vestimentaire, quelque chose de sobre et d’approprié, une robe choisie par les soins de Julian sur l’ordre de Fabrizio, de même le jeune homme serait chic et sobre comme à son habitude. Il en était tout autre en réalité. Les tenus choisis pour Fabrizio resteraient sagement au placard tandis qu’ils sortiraient leurs costumes d’apparat provoquants. Première petite rébellion de leur part. Alors que Thalie enchainait les tenues et les créateurs Julian donnait son avis par série de petites remarques brèves, de toute évidence il appréciait leur tenue pour leur degré de provocation. Il appréciait la robe toute en transparence de chez Valentino, éclata de rire lorsque Thalie enfila une robe blanche courte à manches longues d’un blanc virginal, ses courbes éclatantes de féminité rendaient grotesque cette robe conçue pour cacher plus que révéler.

« Chanel, beaucoup trop sage. » Commenta-t-il en la voyant apparaitre vêtue d’une robe du grand couturier. « J’aime pas mal la collection d’imitation of christ. La noire que tu as essayée en dernier. Assez découverte pour provoquer une crise cardiaque à Pépé casse pied. Celle en soie et capeline de dentelle, tu vois celle dont je parle ? »
« Oui, de quoi choquer le Vatican dans son intégralité. Dans le pire des cas, s’il me demande de changer de tenue, je n’aurais qu’à y aller nue. » Julian éclata de rire et se redressa. « Ola mon grand où est ce que tu penses aller comme ça ? » Demanda-t-elle avec l’ombre d’un sourire sadique. Julian se figea, la regarda avec les yeux d’un lapin prit entre les phares d’une voiture.
« Non, non, non… Je croyais que nous étions d’accord, une chemise destroy et des chaussures tout sauf cirés… Thalie. » Il avait prononcé son nom comme un père prononçant celui d’un enfant désobéissant.
« Allez Julian, je fais venir la boutique à toi. Pas besoin de te déplacer, de subir les vendeurs… J’ai fait apporter quelques costumes, que j’ai présélectionné, je suis sure qu’on en a pour une toute petite heure... Tu me demandes de sortir quasiment le cul à l’air en pleine Basilique Saint Pierre, je ne peux pas être la seule à donner de ma personne. » L’argument fit mouche, un soupire de résignation lui échappa et à nouveau sa sœur eut l’air d’avoir cinq ans. « Seigneur. » Murmura-t-il comme une prière. Mais dieu ne pouvait rien pour lui, personne ne résistait à Athalia Spinelli. Il passa alors à son tour derrière le paravent où déjà quelques petites mains s’occupaient d’évacuer les vêtements dédaignés par les Spinelli. Alors qu’il tombait la chemise pour enfiler celle que lui tendait l’habilleuse Julian se figea.
« Attendez. » Il avait parlé à voix basse, une voix dans laquelle vibrait cependant son autorité naturelle. L’éclat rouge et argent avait attiré son attention. Il s’empara d’une robe sur un portant, la regarda et un sourire passa sur son visage aux traits sévères. Il la vit très clairement dans cette robe. Courte et rock roll, une robe bustier en cuir rouge qui semblait l’œuvre de Satan et qui la rendrait à coup sûr divine. « Balmain ? » Demanda-t-il à l’habilleuse qui sembla surprise de son coup d’œil expert, après tout avant de se trouver des partenaires de shopping à Paris Thalie l’entrainait avec Stella dans les défilés de la fashion-week.
« C’est exact, votre sœur n’a finalement pas appréciée le bustier, elle n’y était pas à son aise. » Une manière charmante de dire que les mensurations voluptueuses de sa sœur n’avaient pas trouvées leur place dans le bustier étroit de la robe.
« Je la prends. »
« Elle ne pourra pas… » Commença l’habilleuse.
« Je la prends. » Répéta-t-il d’une voix plus forte. « Trouvez-moi un livreur voulez-vous. » Ajouta-t-il en enfilant la jacket qu’on lui présentait. La couleur lui brulait déjà la rétine mais ce que Thalie voulait, Thalie l’obtenait. Cette robe lui plairait, il en était persuadé. C’était une bêtise, probablement une énorme bêtise que de lui faire livrer ce petit présent à plusieurs zéro derrière le 1 mais Julian en éprouvait l’envie. Il n’avait pas besoin de signer son présent, simplement de lui offrir. Il l’imaginait, elle le diable tentateur qui risquait de bousculer son existence une fois de plus, dans cette robe de cuir que Paolo Giolitti brûlerait surement s’il la trouvait dans la garde-robe de sa fille. Elle était faite pour elle. Il ne pouvait faire autrement que la lui acheter. Comme avant.

(…)

« Oui Thalie. » Il hocha la tête accentuant son accord par pure réflexe oubliant une fois de plus qu’elle ne pouvait pas le voir. « Bien sûr. J’irais les récupérer en passant vous prendre. » Il hocha une nouvelle fois la tête manquant de lâcher son téléphone qu’il tenait à son épaule grâce à la pression de son oreille contre le combiné pendant qu’il fouillait dans ses poches à la recherche de son portefeuille. Une vieille dame lui tendit l’objet de ses investigations qu’il avait coincé dans la poche arrière de son jean. « Merci Madame. » La remercia-t-il d’un sourire charmant. « Non pas toi Thalie. Je suis en train de faire des courses. Oui il m’arrive de la nourrir, non cela n’est apparemment pas considéré comme une intrusion excessive dans sa vie. Au rythme où les provisions descendent dans le frigo je dirais même qu’elle apprécie. » Il tendit sa carte personnelle à la caissière et sourit. Le charme de Julian Spinelli opéra auprès de la caissière, en transition entre l’adolescence et l’âge adulte, à cet âge où le cœur est le plus tendre. Un sourire de lui, lorsqu’il lui tendit sa carte bancaire suffit à lui faire imaginer être aimé de lui. Pourtant, le jeune homme la remarqua à peine, des beautés entre dix-huit et vingt-cinq ans il en voyait quotidiennement dans les couloirs du Sénat ou dans les dîners mondains. Une seule femme avait le don de le toucher profondément, pour un seul regard d’elle il aurait été prêt à tout, y compris à s’oublier lui-même et à sacrifier ces envies, ses désirs, ses attentes. Il ne remarqua pas le regard enamouré que lui jeta l’étudiante qui devait vivre de petits boulots afin de payer ses études mais, étrangement, il remarqua la vieille dame qui le suivait dans la file d’attente de l’unique comptoir de caisse de l’épicerie. Elle avait quelque chose dans les yeux, dans sa manière de sourire qui lui rappela étrangement quelqu’un sans qu’il puisse cerner celle dont il était question. La vieille dame avait effectué des achats pour tenir un bon mois, la plus grande partie de son chargement constituait en nourriture pour chat. Julian qui, sur les conseils de son « thérapeute » et qui par malheur, avait acheté un chat dans le but de comblé un vide, et qui avait eu la grande surprise d’apprendre que son chat, était en réalité une chatte, pleine qui plus est, lorsqu’elle avait mise bas en plein milieu de son dressing dans les boites de ses chaussures Prada, c’était trouvé l’heureux propriétaire de sept chatons, se trouva un point commun avec la vieille dame. « Thalie je te laisse. » Lâcha-t-il soudainement alors qu’elle lui rappelait la nécessité de ne pas ouvrir le sac de sa robe afin de ne pas abîmer la dentelle de Caudry avec l’air saturé de malhonnêteté et de sueur du Sénat. « Je peux vous aider madame ? » Proposa-t-il en dénouant le nœud de sa cravate afin d’être plus à son aise. Sa veste de costume était restée dans la Citroën DS garée dans une ruelle quelques pâtés de maisons plus loin, une folie sécuritaire frisant la paranoïa qu’il s’autorisait étant donné qu’une quelconque fuite dans la presse de ce qui se passait dans cet immeuble de l’Esquilin aurait suffi à provoquer un accident national digne d’une explosion atomique au Sénat comme à Trastavere. « Vous semblez bien chargée. » Ajouta-t-il avaec un sourire de petit fils modèle. Mais si, vous savez, celui qu’il affichait à la une des magazines lorsque pour les fêtes FORBES publiait ses photos de nouvelle année de ces familles qui ont réussi et ont encore un bel avenir devant elles. Comme toute femme entre 7 et 107 ans, la vieille dame se laissa charmer par ce jeune homme bon chic bon genre à l’air travailleur si on en croyait les cernes sous ses yeux, les manches de sa chemise de marque remontée au-dessus du coude et son sourire étincelant de sincérité. Elle se souvenait l’avoir vu dans la cage d’escalier de son immeuble. Sa compagne et lui venaient d’emménager, ils n’avaient pas encore choisi leurs meubles puisque que Simonetta n’avait vu aucun camion de déménagements devant la porte cochère, mais ils étaient souvent là, tous les soirs où presque. Bien entendu elle ne les entendait pas, ils avaient achetés au dernier étage et fautes d’ascenseur à partir du 3ème les résidents se faisaient rares. Elle savait simplement que leur boite aux lettres n’indiquait aucun nom et qu’ils partaient tôt le matin et rentraient tard le soir. Un bon petit couple bien de son temps, ah ces jeunes, ils ne prenaient plus le temps de vivre, de profiter de l’autre, leurs carrières leur prenant tout leur temps. Elle remarqua les boites de pâtés qu’il glissait dans son propre sac en fibre de bambou, encore un truc de jeune l’écologie, et lui adressa un sourire édentée mais charmant.
« On ne l’entends pas. » Laissa-t-elle échapper en tendant l’équivalent de ses achats en billets à la caissière.
« Excusez-moi ? »
« Votre chat, il ne miaule pas, pourtant Silvio, Giulio et Rocco font un ramdam pas croyable lorsqu’ils sentent qu’un nouveau locataire à quatre pattes vient d’arriver. »
« Madeleine est une créature plutôt volage, trois grands matous pour elle seule, de quoi l’enchanter. » Plaisanta Julian au sujet de sa chatte coureuse de jupe à poils. « Elle n’est pas encore avec nous. » Ajouta-t-il alors que la vieille dame laissait échapper un petit rire. Il prit ses paquets et les chargea en plus du sien dans ses bras.
« Oh je comprends, vous n’avez pas encore déménagé totalement, un chat a besoin de s’habituer à son environnement comme à ses nouveaux propriétaires, il faudra la laisser s’apprivoiser. » Julian manqua éclater de rire, le parallèle avec Sara, sa conversation avec Thalie lui sauta aux yeux. Un chat sauvage ayant besoin de temps.
« Elle aura tout le temps dont elle a besoin ne vous en fait pas. »

(…)

Il ne s’attendait pas à la trouver là. Cet appartement leur appartenait certes mais il ne s’attendait pas à la trouver là, pas en pleine journée, assise au milieu de ce qui aurait dû être le salon. Cela ne faisait pas partit du plan qu’il s’était fixé, ne pas la presser, ne pas lui imposer sa présence lorsqu’elle ne la demandait pas. Cela ne faisait pas partit du plan. Que faisait-elle là ? Qu’écrivait-elle ? Comment allait-elle réagir à sa présence ? Toutes ses questions qui supplantaient l’étonnement passager de la trouver ici. Elle semblait redouter la nuit, au crépuscule il recevait toujours un SMS lui intimant de venir, de la rejoindre avec le simple nom de leur quartier et un S en guise de signature. Elle n’aurait pas dû se trouver ici seule, pas en plein jour, il y avait quelque chose d’anormal dans sa présence en ces lieux alors que le soleil était encore à son zénith. Il découvrait pour la première fois que cet appartement était vraiment à eut. Qu’il n’y vivait pas seul. Qu’elle aussi vivait là, il n’était pas le seul à y passer pour y trouver le calme, l’apaisement quelques heures. Ils auraient dû se croiser avant, le destin une fois de plus avait choisi son moment. Qu’écrivait-elle ? Ce n’était pas la première fois qu’il la surprenait ainsi, pensive, presque en transe, prise dans une frénésie de mots. Elle avait l’air toute aussi surprise que lui, et il y avait dans ses yeux une certaine hostilité, elle n’était pas encore prête à partager, elle n’avait pas confiance. Pourtant, il était ici chez lui tout autant qu’elle. Il hésitait sur la conduite à tenir, il la sentait au bord de la panique, prête à prendre la fuite au moindre mouvement. Alors il s’immobilisa. Un animal sauvage, n’était-ce pas la comparaison qu’il avait faite tout à l’heure ? Elle fit alors un pas vers lui, littéralement parlant, elle ne prit pas la fuite, ne lui ordonna pas de partir. Elle accepta l’espace d’un instant de le laisser exister en dehors des nuits qu’ils passaient ensemble. Elle accepta de partager sa vie une fraction de seconde, comme avant. Il lui accorda tout le temps nécessaire pour qu’elle se sente suffisamment en paix avec elle-même pour s’en aller sans le blesser. Elle prenait en compte ses émotions pour la première fois. L’espoir était en train de renaitre.

(…)

Le regard de la jeune femme ne le dérangeait pas, elle l’épuisait une partie de la nuit et il n’était capable de trouver le sommeil qu’une mince partie de la nuit, souhaitant profiter de ses instants avec elle. Son regard la troublait, il sentait les regrets peser sur lui, comme si elle cherchait en lui l’homme d’autrefois, comme si elle essayait de cerner d’où provenait son mal, de comprendre comme il avait réussi à l’abuser. Il avait petit à petit apprit à ne pas la toucher, à ne pas empiéter dans son espace vital, à rester sage, à ne pas montrer le moindre signe de son affection, de ses désirs. Il restait auprès d’elle car il y était autorisé, rien de plus. Plus que tout, ces caresses, cette tendresse qu’elle lui prodiguait lorsqu’il était assoupit le perturbait plus que tout. Ne pas réagir, rester insensible, et attendre, attendre le bon moment, celui où elle lui ferrait confiance. Profiter de ces instants volés à la douleur, à la solitude. Elle était restée, plus quelques minutes, plus qu’une heure, elle était restée toute la nuit, avec lui. Rien ne troublerait le plaisir qu’il prenait à cette preuve de confiance inconsciente qu’elle lui offrait. Rien sauf le Deus Ex Machina téléphone. Le fléau de l’humanité était sans conteste le téléphone mobile, être toujours joignable, n’importe où n’importe quand. Elle bondit à une telle vitesse de leur couche qu’il ouvrit les yeux de surprises. Ses jurons à répétitions n’apaisèrent en rien son inquiétude. Et lorsqu’elle se sauva comme si elle avait le diable à ses troupes, il se demanda ce qu’il avait bien pu faire une fois de plus… et ce jusqu’à ce que son téléphone sonne à son tour. Fabrizio.

« Soit à Trastavere dans 20 minutes. Je ne saurais tolérer d’arriver en retard au Vatican. » Oh Seigneur, il avait oublié l’anniversaire du Pape et leurs tenus par la même occasion. Thalie allait le tuer.

(…)

« Derrière. A trois pas. »
« Avec joie, nous aurions des scrupules à être associé au diable en personne. » Commenta calmement Athalia en traçant le signe de croix sur sa robe pour éloigner le vilain. Thybalt éclata de rire et prit le bras de sa cousine sous le sien, Thalie maitrisait telle une professionnelle le défilé en talons hauts dans les rues pavés de Rome, cependant les Spinelli affichaient un front uni face à celui qu’il appelait « affectueusement » le « Führer ».
« Bien envoyé. J’aimerais pouvoir être aussi vindicatif en public et arriver à faire comprendre discrètement à Sara le pourquoi du comment de sa présence ici. » Soupira-t-il en ajustant sa cravate aux couleurs criardes, les chaussures en cuir assorties qu’il portait égaillaient sa tenue et la rendait absolument déplacée toute en restant résolument chic. Il tira la langue dans le dos du « tyran » en une mimique puérile mais jubilatoire. « Tu as vu la tête qu’il a fait en voyant ta robe. Quoi que j’ai aussi été surpris que tu me fasses la surprise. Il va se venger de ça tu sais. » Ajouta-t-il.
« Qu’il essaye j’en mange deux comme lui au petit déjeuner. » Répliqua-t-elle alors qu’ils le laissaient s’éloigner loin devant eux, marquant une séparation réelle entre lui et la famille Spinelli.
« Il doit normalement partir à la fin de la semaine prochaine. Il se rend à Paris, dans les pattes de maman et papa. Apparemment il va fouiner dans les notes de frais de Dante, autant dire qu’il en a pour minimum six mois s’il persévère. J’ai eu un mystérieux appel à ce sujet. Un rendez-vous pour parler de mon plan de carrière. » Thalie haussa un sourcil, son expression « dit moi en plus ou tais-toi à jamais. ». « Je n’en sais pas plus. Une femme. Pas ce genre de femme. » Ajouta-t-il. « Je commence à y songer sérieusement. Qui sait je pourrais je ne sais pas, renouer avec ma carrière d’avocat, devenir procureur. »
« Le sénat c’est tout ce pourquoi tu as travaillés Julian. »
« Oui et je me demande si tout ceci n’a pas été une immense manipulation, une de plus. » Il n’ajouta rien de plus puisqu’ils avaient rattrapés Fabrizio devant la Basilique. L’apparat commençait.

(…)

Elle s’était approchée de lui, l’espace d’un instant il avait vu ce que cela aurait pu être, d’être une famille, de ne pas se haire, de ne pas voir chacun d’entre eux détester qui ils auraient été, leur amour. Elle ne lui avait pas souri, elle ne l’avait même pas regardé, elle ne lui avait même pas accordé un regard. Thalie avait pressé son bras, il ne savait pas ce que sa « sœur » avait en tête, mais il se crispa lorsqu’il le vit arriver à leur hauteur. « Seigneur. » Marmonna-t-il entre ses dents en serrant la main de sa sœur dans la sienne.
« JULIAN ! » Ce dernier se força à sourire, un sourire faux et aigu qui lui entamait le visage en une grimace douloureuse. « Alors comment va mon meilleur chef de cabinet ? Vous devez-être Athalia, nous avons jamais été présenté je crois. Alors Julian me présentez-vous votre charmante cousine ? » Charmante, c’était le mot qu’il employait d’ordinaire pour désigner ses prostituées mineures.
« Athalia, le Sénateur Andréas Bartolini, le successeur de Giovanni. » S’exécuta Julian avec un sourire crispé. Il le sentait, Andréas avait trouvé une nouvelle proie, malheureusement il ne savait pas à qui il s’attaquait. Alors qu’Andréas entamait sa parade de l’amour, une tentative vouée à l’échec bien entendu, pour la première fois Julian bénit l’intervention de Fabrizio. Mais, en relevant les yeux, il écarquilla légèrement les yeux, il était auprès d’elle, auprès d’elle et de son père.
« Viens. » Lui souffla Thalie. « J’ai une idée pour faire passer ton message. » Jamais il n’avait été aussi heureux d’avoir une sœur et aussi angoissé à l’idée d’affronter les Giolitti.

(…)

« On pourrait le tuer. » Julian tourna soudainement ses yeux vers sa cousine. « Quoi ? Avoues que tu y as pensé lorsque le Garde Suisse à parler de ce qui arriverait si on décédait tous, je ne savais pas moi, dans un crash d’avions. S’il meurt, au moins nos biens iront à une association caritative pas à un vieux crétin croisement entre Hitler et Cerbère. » Julian se permit un sourire, il savait qu’elle cherchait à le détendre alors que chacun des pores de sa peau réagissait à la proximité immédiate de Sara.
« Je dois dire que j’apprécie pour une fois de le voir se faire rabattre son claquet, remettre à sa place. Le grand héritier prend soudainement conscience que tout prendra fin un jour. »
« Cela pourrait prendre fin plus tôt si tu le décides. » Lui souffla-t-elle alors que Sara interrogeait son père sur sa place.

(…)

Elle était mariée. Son père le détestait. Son héritage était en danger. Elle était mariée à un autre homme. Son père appréciait cet homme. Son père le détestait. Avait-il le droit de pénétrer une nouvelle fois sa vie, de tout ravager pour la faire sienne ? En avait-il le droit ? Pouvait-il violer son intimité, lire ce qu’elle confiait à son ordinateur, la comprendre enfin pour ensuite lui imposer une nouvelle épreuve ? L’étreinte dans laquelle ils s’étaient abandonnés sur ce balcon lui avait confirmée que la femme qu’il aimait était encore là, qu’il n’était pas qu’un moyen de se ramener à la vie. Il avait une responsabilité envers elle, il s’était engagé à ne plus la blesser mais avait-il les moyens de tenir cette promesse. Il jouait machinalement avec l’étui de son iphone, se demandant qu’elle était la marche à suivre. Elle n’avait pas changée son mot de passe. Il avait été curieux, il ne pouvait même pas prétendre être poussé par la jalousie, ni vouloir évaluer les liens de Sara avec Milo, c’était stupide et puéril, et il n’était en rien stupide et puéril, il savait qu’il lui appartenait au même titre qu’elle n’aimait que lui de cette façon, même si elle n’en avait pas actuellement conscience. Il voulait savoir ce qu’elle écrivait, ce qui lui trottait dans la tête, il voulait comprendre entièrement la folie qu’il avait fait naitre en elle. Mais il hésitait, bien entendu pour être honnête avec lui-même il savait qu’il finirait par ouvrir ce fichier et par le lire, c’était simplement vingt-cinq années d’éducation catholique qui se rappelaient à lui, mais dans le cas de Sara la notion de bien distincte du mal était très flou. Il aurait été prêt à tout pour connaitre ses pensées. Elle n’avait pas changé de mot de passe. Elle laissait son ordinateur allumé. Sa décision fut prise dans l’instant. Il posa son iphone sur le socle le reliant à son ordinateur et transféra le dossier « pensées » sur son bureau. Ce soir on jouait Aïda à l’Opéra. Elle serait là. Ce soir il avait peut-être la chance que tout redevienne comme avant. Il joua avec les clés que Thalie lui avaient remises alors que le fichier se déroulait sous ses yeux. Il n’aurait jamais imaginé l’ampleur de ce qu’il avait provoqué. Thalie avait raison, ce qu’il avait vu jusque-là n’était que la partie immergée de l’iceberg.

(…)


« Merci Thalie. » Souffla Julian en déposant un baiser sur sa joue légèrement fardée. « Tu devrais envisager d’accepter de bosser pour l’Osservatore, tu es la meilleure informatrice qui soit. » Ajouta-t-il en abandonnant sa veste sur le dossier du fauteuil de la loge, espérant que si quelqu’un se tournait vers eux durant la représentation, il penserait que le jeune Spinelli s’était simplement absenté pour fumer une cigarette ou se rendre aux toilettes.
« Soit de retour pour la fin de l’Opéra, je doute de trouver une raison convaincante à ta présence dans la loge des Giolitti si quelqu’un t’y trouves, l’excuse du verre de contact perdu c’est éculé et plus personne n’y croit. » Il leva les yeux au ciel et attendit que les lumières de la salle se soient éteints avant de se lever. Il retira ses chaussures au grand étonnement de Thalie. Il mina Edgard des Aristochat pour lui faire comprendre que ces souliers grinçaient et elle retint un éclat de rire alors qu’il se glissait discrètement dans les couloirs desservant les loges des différentes grandes familles de Rome avec des airs de James Bond. L’activité dans les coulisses du théâtre était encore importante, éviter les quelques employés encore en plein rush pour s’occuper de la réception après la représentation fut aisé, il portait un smoking noir et une chemise blanche une tenue qui le différenciait à peine des employés de l’Opéra aussi se fondit-il dans le décor sans éveiller les soupçons. La loge des Giolitti se situait sur la droite de celle des Spinelli, deux couloirs les séparaient, une distance qui lui sembla rapidement comblée. Discrètement il ouvrit la porte de la loge et se glissa à l’intérieur, refermant le battant derrière lui sans un bruit mais, elle savait qu’il était là, il l’avait vu se redresser légèrement lorsqu’il s’était adossé au battant. Il se surprit à éprouver une once de soulagement en constatant qu’elle était bel et bien seule malgré qu’elle ait passé la nuit avec l’homme auquel elle appartenait. Hier, elle ne l’avait pas appelé, son téléphone était resté désespérément muet. Le fauteuil près du sien était libre, il s’installa sans un mot auprès d’elle. Sa main ouverte, paume tournée vers le ciel. Elle y logea sa main alors que le premier tableau prenait fin. Il n’avait pas envie de sexe, pas à présent, pas encore. Il avait envie d’elle, de se présence, de partager autre chose comme l’autre soir, sur le balcon, plus que du sexe, plus qu’un oubli éphémère. Il voulait exister dans son monde, être celui qu’elle appellerait en pleine nuit un soir de spleen.

« Je n’ai pas envie de bouger. » Souffla-t-il lorsque le premier acte prit fin. Message à double tranchant, il en avait conscience. Sa pressa la sienne avec douceur et il croisa pour la première fois de la soirée son regard. Il n’avait rien suivit du premier acte, l’observant observer l’Opéra avec une certaine fascination dans le regard. Il adorait la regarder, guetter sur son visage les signes d’une émotion. Il avait chassé de son esprit ce mari dont il ne voulait rien savoir, cet héritage dont il ne voulait plus. Elle était là. C’était ce qui comptait. Il voulait l’inviter à la campagne, se retrouver seul avec elle une partie de la semaine, sans coupures, sans fuites, sans possible drame comme ils l’avaient fait autrefois après que Giovanni eut tout découvert. Mais, il ne savait pas comment s’y prendre, ce qu’il avait lu, ce qu’il avait vu d’elle l’avait effrayé, il avait peur de la perdre bien plus que lorsqu’ils avaient fait l’amour pour la première fois ce jour-là, une fois qu’elle l’avait sortie de cellule. Il avait conscience qu’au moindre faux pas, elle pourrait se donner la mort, il l’avait lu, les pensées suicidaires semblaient être devenues de compagnes de solitude. Il avait peur. Peur de la perdre à tout jamais à cause d’une simple initiative. Il ne voulait pas la manipuler, il ne voulait pas la brusquer, il ne voulait pas lui faire du mal. Il la considérait comme le plus fragile des matériaux, comme du cristal, il voulait la ménager. Il savait que tout cela était une erreur, qu’elle ne l’aurait pas supporté si elle l’avait appris. Il ne savait pas comment agir, se comporter. Elle n’était plus la même, elle n’était plus cette fille avec qui il avait fait l’amour sur le toit d’une boîte de nuit, celle avec qui il avait dansé un tango effréné, celle qu’il avait serré dans ses bras au bal black and white, cette fille qui lui tenait tête par deux fois lors de leurs premières rencontres. Il était perdu face à cette jeune femme douloureusement à vif, cette jeune femme qu’il avait « créée » de toutes pièces en lui brisant le cœur, en piétinant ses serments. Il sortit une clé de sa poche et la déposa dans la paume de sa compagne, entre leurs deux mains. Elle avait le choix.






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Sara T. Giolitti
V.O.X P.O.P.U.L.I

AGE : 24 ans
MESSAGES : 1913
ARRIVÉE LE : 01/03/2009
EMPLOI : Pour l'instant je me consacre à ne rien faire. C'est bien aussi.
ADRESSE : 25 via s. maria sopra minerva - Parione, Palatin.
QUOTE :


Assis en tailleur devant son ordinateur en chemise et boxer, sa cravate gisant depuis plusieurs heures dans l’entrée subissait les assauts répétés de Madeleine. Julian se tenait immobile s’est à peine si on l’aurait cru éveillé. Julian fixait calmement la page ouverte sur l’écran de son MacBook Pro. Il avait bien sur finit par lire le « journal » de Sara, la tentation de comprendre enfin l’ampleur des dégâts qu’il avait causé avait été trop forte mais ce n’était pas les écris de son amante qu’il fixait avec tant d’obstination comme si la réponse, à force de contemplation, allait finalement lui apparaitre. Il hésitait, son index en suspension au-dessus de la touche entrée. Il savait que cette décision pourrait lui coûter cher mais il savait aussi que c’était un pas nécessaire à franchir, afficher sa sincérité aux yeux de tous. La fin d’une énorme supercherie reposait sur le fait qu’il valide ou non ce changement. Aussi cherchait-il sur le profil de sa page Facebook une réponse à ses questions. Jamais un changement de statut ne lui avait semblé aussi important. Il savait qu’elle aurait une réaction disproportionnée, qu’elle le rejetterait, qu’elle prendrait peur là où toute autre femme se serait sentie rassurée. Elle ne fonctionnait pas comme une femme lambda, elle était Sara Giolitti, la plus grande cocue de Rome par sa faute, la femme dont on s’était moqué des mois durant pour sa naïveté par sa faute. Elle croyait être amoureuse d’un homme qui n’avait existé que dans sa tête, elle n’avait aucune confiance en lui, aussi ce changement de statut n’avait rien d’anodin. Cependant, comme l’avait si bien dit Carolina ainsi il afficherait clairement son jeu, il se rendait disponible tant aux yeux de sa famille qu’à ceux des médias, il avait fait un choix. Ne plus être un menteur, assumer ses véritables sentiments et arrêter de se chercher des excuses en s’abritant derrière des fiançailles factices. Il arrêtait ses conneries. Bien sûr Sara ne percevrait pas la chose de la sorte, il en était persuadé. S’il changeait son statut pour « en couple » à la place de « fiancé » elle penserait qu’il cherchait une nouvelle fois à se moquer d’elle, a attiré le regard des médias sur eux. Pareillement relation libre laissait entendre qu’il pouvait à la fois faire l’amour avec elle et fréquenter d’autres femmes, ce qui n’était pas le cas et ne le serait jamais plus. Il restait alors « célibataire » et « c’est compliqué ». Certes leur relation pouvait sembler compliquée mais aux yeux de la jeune femme elle était simple, elle reposait sur le besoin, la demande et la satisfaction immédiate, l’apaisement, l’anesthésiant nécessaire pour calmer la douleur. Ce n’était pas compliqué pour elle. Aussi avait-il choisit la mention « célibataire », un statut qu’il peinait à afficher sur son mur sachant qu’il pourrait être la cause d’un violent rejet la veille de leur « première sortie » non officielle. Il avait peur qu’elle prenne ce changement comme une entorse à leur accord tacite, il ne se remettait nullement sur le marché, il abaissait simplement le masque. Il ne supportait plus le poids de ses fiançailles fictives qui avaient détruit sa plus vieille amitié. Mais il savait que ce changement lui rappellerait de douloureux souvenir. Il se souvenait parfaitement de la dernière fois où il était passé de « en couple » à « célibataire », il venait de la quitter et pour faire en sorte qu’elle le déteste suffisamment pour ne pas l’entrainer avec lui dans sa chute il avait actualisé son statut dès lors qu’il s’était retrouvé seul dans le hall de leur résidence. Il savait qu’il commettait peut être une erreur en affichant clairement la couleur car pour elle, pour son esprit « malade » ce changement pourrait ne pas être interprété comme une profession de foi, un repentit sincère. Il soupira et passa une main dans ses cheveux puis, il appuya sur la touche entrée espérant une fois de plus ne pas avoir accentué les dégâts qu’il avait déjà causés.

(…)

« Alors ? » La question de Thalie ne le surprit pas, elle savait toujours ce qu’il tramait avant même que l’idée ne lui traverse l’esprit, parfois l’idée venait même d’elle, comme ce soir. Elle lui avait offert un coup de pouce, un moyen d’offrir à Sara, de s’offrir également, un moment d’intimité, de liberté loin de l’oppression médiatique et familial. « Comment l’as-tu joués ? Direct genre Roméo et Juliette … ‘’Part avec moi, enfuyons nous loin de cette ville maudite ?’’ Ou alors plus thriller psychologique, clé mystérieuse délivrée avec un message tout aussi sibyllin ? » Elle haussa un sourcil lorsqu’il l’aida à passer sa légère veste en cachemire, l’air avait fraichit ses derniers jours, le gros temps n’allait pas tarder à gagner l’Italie comme partout en Europe. « Je vois, thriller psychologique, quand je t’ai dit de la jouer fine avec elle, d’y aller doucement je n’entendais pas lui faire un remake de souviens-toi l’été dernier. » Il lui laboura les côtes de son coude, petite vengeance digne d’un enfant de trois ans, alors qu’ils rejoignaient le hall d’entrée de l’Opéra.
« Très drôle. » Marmonna-t-il en récupérant ses clés auprès du voiturier, ce soir il avait eu gain de cause, Thalie restant seule à l’opéra il lui avait grassement offert une bouteille de champagne millésimée pour passer la soirée agréablement, il conduirait donc pour la nuit. « Mais j’ai opté pour la solution qui lui offrirait le plus de temps pour se faire à l’idée de partir avec moi. »
« Tu la manipules, toi Monsieur Grand Sens Moral ? » Elle le taquinait, il en avait conscience.
« Je lui laisse du temps, c’est toi qui m’a dit qu’il ne fallait pas la brusquer, y aller pas à pas, ne pas la bousculer et ne surtout pas croire qu’elle me suivrait avec la même fois que dans le passé. Alors je l’ai joué mystérieux. Je le conçois je prends un risque important en nous lui donnant pas toutes les cartes d’un coup. Mais je la connais, je la connais bien mieux à présent que j’ai lu son journal. » Thalie le dévisagea un instant et il lui adressa un sourire triste. « J’avais déjà lu le journal de Calypso quand elle sortait avec ce gars un peu trop parfais à mon goût au lycée. Comparée aux pensées de Sara c’est un peu comme si le monde des petits poneys rencontrait celui de Sauron du Mordor. Elle est suicidaire … au bord de la folie. Je l’ai poussé au bord de la folie. » Il s’interrompit quelques secondes le temps pour eux de franchir les portes du hall, de récupérer les clés de leur voiture et de poser pour les photographes. Ils avaient à nouveau opté pour des tenus excentriques qui cadraient avec leur choix de provoquer le vieil homme qui avait pris ses quartiers à Trastavere. Un sourire faux qui ne cadrait pas vraiment avec l’état d’esprit de Julian sur l’instant. Il savait que sa décision pouvait tout faire basculer entre lui et Sara, il savait à quel point elle était fragile, à quel point sa vie dépendait des choix qu’il ferait, des décisions qu’il prendrait. Il tint galamment la portière à sa cousine avant de contourner la voiture et de s’installer derrière le volant. « J’ai peur de commettre une erreur en tentant de la convaincre de prendre ses vacances avec moi. J’ai peur qu’elle n’y voit une énième manipulation, j’ai peur de trop la pousser. Je sais que si je pars cinq jours, dix sans elle, si elle ne me rejoint pas… Je ne pourrais pas contenir mon inquiétude, pas après ce que j’ai lu. C’est pire que ce que j’imaginais. Ce n’est pas à moi qu’elle fait l’amour, c’est avec le Julian que j’étais avant l’assassinat de Giovanni, elle pense être amoureuse d’un fantôme. Qui le lui reprocherait au vu de mon comportement, je le conçois. » Il passa brusquement la quatrième et slaloma sans même ralentir entre les véhicules plus ou moins à l’arrêt qui gênaient sa progression. Parler avec Thalie, parler à Thalie lui faisait du bien, il se sentait plus serein après chacune de leurs conversations, sa sœur avait un regard extérieur sur la situation, de plus elle n’hésitait jamais à être désobligeante avec lui, toujours honnête, parfois même brutale, elle savait exactement quoi dire à quel moment. « Je ne suis pas certains de faire le bon choix, d’employer la bonne tactique. J’ai peur de l’effrayer, de la voir reculer ou de la pousser à aller trop vite trop soudainement… Chaque décision que je prends pourrait entrainer sa perte. » Il soupira, dégagea quelques mèches qui ombrageaient ses yeux et effleura la pédale de frein consentant enfin à ralentir alors qu’il frôlait depuis longtemps le retrait de permis en conduisant aussi rapidement. Immunité quand tu nous tiens. « J’ai senti son regard sur nous lorsque nous avons quitté le théâtre, ne pas me retourner m’a demandé une force que je n’imaginais pas posséder, alors prendre le risque de m’éloigner pour nous rapprocher si mon plan fonctionne. Je ne sais pas si je suis capable de prendre ce risque. Je ne suis pas un joueur, je ne l’ai jamais été, je n’aime pas la fantaisie, je ne prends que des risques calculés… C’est un saut dans l’inconnu et j’ai peur qu’elle y perdre encore un peu plus d’elle-même. J’ai peur que choisir entre moi et Rome soit trop dur. Elle a son mari, son père ici et avec ce qui se déroule en ce moment dans le Monde … Je ne veux pas qu’elle fasse un choix qui la briserait. » Il amorça délicatement le virage menant à Trastavere, la route défilait sous ses yeux par automatisme, il était encore avec elle, dans cet opéra, un moment de calme, de partage loin de la dureté de leurs rapports quotidiens, du sexe, voilà en quoi se résumait leur interaction même si son comportement avait changé, même si elle admettait désormais avoir besoin de lui. Il ne partageait avec elle qu’un simple appartement qu’elle avait meublé sans lui, un appartement qu’elle avait conçu comme un décor de théâtre destiné à abriter leur drame. « Mais égoïstement je veux qu’elle parte avec moi… J’ai besoin de plus. De plus que ce qu’elle m’offre déjà. J’ai besoin qu’elle me fasse confiance, qu’elle me prouve qu’elle a confiance en moi, suffisamment pour partir avec moi à nouveau, pour sortir de cette roue infernale… Je suis égoïste Thalie ? »
« Simplement humain. »

(…)

La quitter avant qu’elle ne s’éveille fut difficile, un véritablement déchirement et aussi un effroyable cas de conscience. Elle s’abandonnait enfin à lui, lui faisant subtilement confiance, s’accordant le droit de s’endormir auprès de lui, de ne pas s’enfuir avant le lever du jour. La quitter alors qu’elle dormait encore fut une de choses les plus dures qu’il avait eu à faire depuis son retour à Rome, il avait vu sa réaction l’autre nuit, lorsqu’il était simplement sortit fumer sur le balcon alors qu’elle dormait profondément dans leur lit. Il avait pensé qu’elle ne se réveillerait pas, il avait simplement voulu éteindre l’écran de son mac qui illuminait la chambre d’une lueur bleuté. Bien sûr il s’était absenté plus de quelques minutes, il avait volé son journal dans son ordinateur, il avait fait une copie et avait allumé une cigarette pour atténué sa culpabilité en la noyant sous la fumé et le sentiment de bien-être post coït. Il ne s’était pas attendu à cette réaction viscérale, à ce besoin qu’elle avait eu de lui, ce besoin qu’elle n’avait pas caché et cette peur, cette peur qu’elle avait eue qu’il soit parti en l’abandonnant. Il avait fait de cette femme qu’il aimait une petite fille perdue qui craignait plus que tout qu’il s’en aille, qu’il l’abandonne dans le noir avec ses démons. La laisser alors qu’il la savait vulnérable, effrayée à l’idée qu’il la quitta lui donna l’impression de s’arracher le cœur. Il fallait qu’il l’aide à se décider, qu’il la convainque de partir avec lui en lui donnant le choix, en lui montrant ce que serait ce départ, en lui faisant réaliser qu’elle devait partir avec lui, qu’ils en avaient besoin. Il lui avait laissé la clé la veille au soir. Il avait cuisiné, disposé à son attention dans la cuisine de quoi se nourrir pour la matinée, il avait gratouillé le chien entre les oreilles, disposé la carte avec précaution sur le bar et avait entouré sa destination. Il prenait un risque. Un risque non calculé qui pourrait avoir de graves conséquences. Il jeta un dernier coup d’œil sur la carte et noua sa cravate en examinant son reflet dans la glace de l’entrée, il vérifia que son Macbook était rangé dans sa serviette avec ces clés, son portable et ses dossiers avant de se rendre à pas de loup dans la chambre. Elle remua dans son sommeil et tendit le bras de son côté, vide, du lit. Il s’agenouilla à la tête du lit et déposa un baiser sur ses lèvres en murmurant.

« Je dois partir bosser, Ova a mangé, le petit-déjeuner est près. » Il se retint de justesse de lui avouer qu’il l’aimait. Les mots ne franchirent pas ses lèvres mais en silence il articula les mots qu’il rêvait de pouvoir à nouveau lui offrir. Il laissa ses lèvres s’attarder sur son front et reçu en guise de réponse un grognement de la part d’Ova lorsqu’il lui ordonna de veiller sur sa maitresse. Il hésita sur le seuil de l’appartement, quelques secondes son pied resta en suspension entre l’intérieur et l’extérieur de l’appartement. Il devait y aller, l’habituer au manque, faire qu’elle le rejoigne. Il inspira fermement et referma doucement la porte derrière lui. Il fallait qu’il rentre nourrir Madeleine avant de partir au Sénat. Il fallait aussi qu’il achète un panier à chat, quelque chose de masculin mais qui lui permette de se promener avec Madeleine sans risque qu’elle ne se sauve ou n’éborgne quelqu’un. Il passerait demander conseil à sa voisine du dessous, elle devait savoir ce qui conviendrait. Normalement Julian n’était pas un homme à chat, il n’aimait pas les chats, enfin il ne les aimait pas jusqu’à ce qu’Athéna craque sur cette boule de fourrure, un chat, il avait accepté de prendre un chat sous son toit. Il s’était occupé d’elle, il l’avait aimé, il avait choisi lui-même les familles qui avaient pris en charge les petits de Madeleine. Madeleine faisait partit de sa vie, chien et chat devraient cohabités si cet appartement devenait son lieu principal de résidence. Les vacances… Les vacances seraient peut être le moyen de savoir s’ils étaient fait pour cohabiter. Lui et Sara, Ova et Madeleine. Il leur faudrait des efforts, de grands efforts, il savait que si elle se rendait avec lui dans la maison de Thalie rien n’était encore gagné. Il savait qu’elle viendrait, de force, elle viendrait. Elle viendrait il le savait, ce qui l’inquiétait c’était les séquelles que ce choix causerait. Car il y aurait des conséquences.

(…)

Il l’avait laissé. Il l’avait laissé passer la nuit sans lui. Et sa nuit avait été aussi hanté que d’ordinaire lorsqu’il se trouvait loin d’elle. Sa mine de papier mâché et les poches qui alourdissaient son regard affirmaient au monde entier à quel point sa nuit avait été mauvaise. Il passa une main dans ses cheveux, cherchant à se maintenir éveillé tandis qu’il fixait le bout de la rue avec l’impatience d’un chiot attendant le retour de sa maitresse. Il espérait qu’elle viendrait, il attendait ici depuis deux heures déjà, incapable de rester immobile, allongé, il imaginait tout un tas de chose aussi avait-il décidé de quitter son appartement, de l’attendre dans cette rue. Il n’avait eu de cesse de l’imaginer avec son mari dès lors que l’heure habituelle de son arrivée avait été largement dépassée. Rongé, il avait littéralement été rongé par la jalousie, la peur, l’angoisse de la voir fuir et de devoir prétendre qu’il avait passé d’excellentes vacances alors qu’il se planquerait dans son appartement en attendant que les cinq jours annoncés s’écoulent. Il n’avait eu de cesse de l’imaginer dans les bras d’un autre, un autre qui avait plus de légitimité que lui, un autre qui ne l’avait jamais blessé, un autre qui lui faisait du bien, un autre qui était autorisé à la prendre dans ses bras lorsqu’elle l’éloignait … lui. Il passa une nouvelle fois sa main dans ses cheveux achevant de se décoiffer un peu plus. Il tendit la main à l’arrière de sa Citroën pour caresser la chatte qui s’impatientait d’être enfermée. Peut-être ne viendrait-elle pas. Julian avait appris que son père comptait se rendre en Angleterre, il n’était pas sans ignorer que le premier ministre britannique était un ami intime des Giolitti. Sara se rendrait peut être avec lui à Londres, puisque son amant n’avait pas daigné passer la dernière nuit qu’il lui restait à Rome avec elle. Il pianotait nerveusement sur le volant agaçant la chatte enfermée dans sa cage, Madeleine sentait la nervosité de son maitre et n’avait pas réellement appréciée être fourrée sans ménagement dans son catbag. Alors que les minutes défilaient et que sa nervosité allait en augmentant, il la vit soudainement apparaitre au coin de la rue, d’abord vague silhouette alourdie par le poids de ce qu’elle portait à bout de bras, puis de plus en plus sa silhouette se découpa dans la nuit. Elle était venue. Elle était là. Son attitude alerta Julian avant même qu’il n’eut pu distinguer clairement son visage. Elle ne marchait pas droit et ce n’était pas dû au chien qu’elle tractait plus qu’il ne la tirait, en laisse. Quelque chose n’allait pas, elle semblait rire et pleurer à la fois et son regard avait tout de celui d’une folle. L’inquiétude remplaça le doute dans son cœur. Avait-il bien fait de lui faire frôler ainsi les bords du précipice ? Il se pencha et ouvrit la portière et son cœur se serra à la vue de son visage défait, rougi par les émotions contradictoires qui l’habitait. Elle semblait être une autre. Une Sara aux portes de l’enfer, son visage pâle était creusé par le souci et ravagé par les larmes, des larmes de soulagement ? De joie ? De colère ? Il n’aurait su le dire, surement un peu de chaque probablement. A peine eut-elle claqué la porte de la l’habitacle que la violence qui l’habitait se déchaina sur lui, soulagement, rancœur, souffrance se déversèrent sur lui au travers de ses poings qui l’attaquaient de toute part. Elle ne lui faisait pas mal, ses coups portaient à peine, elle était trop épuisée pour réellement le blesser. Plus pour son bien que pour le sien il l’emprisonna contre lui, l’empêchant de faire le moindre mouvement sans pour autant l’immobiliser violemment. Il comprit que jamais il n’arriverait à la guérir totalement de ce qui lui avait fait subir. Elle devait l’accepter tel qu’il était réellement, réapprendre à lui faire confiance, de son côté il fallait qu’il apprenne à vivre avec cette folie qu’il avait implanté en elle, à l’accepter avec ses doutes, sa colère et cette relation qui ne ressemblerait jamais à l’ancienne.

(…)

Il l’avait retrouvée prostrée dans un coin de la maison, non loin de la piscine. Il s’était inquiété en ne la trouvant pas dans le lit où il s’apprêtait à la rejoindre. Un appel du Sénat l’avait distrait de sa première tentative pour se glisser silencieusement sur le matelas sans la réveiller. A nouveau le Sénateur avait fait des siennes, profitant de l’absence de son conseiller pour retrouver sa maitresse dans le lit conjugal, sa femme l’avait à nouveau découvert et il avait fallu tout le doigté de Julian pour la convaincre de se calmer et de ne pas contacter la presse. Les femmes bafouées il commençait à connaitre, pour avoir cocufié parfois sans le vouloir quelques maris, il savait comment raisonner une femme trompée par son mari. Son travail se résumait désormais plus à celui d’un simple attaché de presse qu’à son réel statut de chef de cabinet. Il passait désormais son temps à jouer à cache-cache avec les journalistes de la presse à scandale ou à régler les factures d’hôtel et de room-service du sénateur qu’à préparer les projets de lois, intrigué pour découvrir les intentions de votes des autres membres du parti. Il avait dû la quitter pour régler ce problème, l’assistant à qui il avait délégué ses charges était le seul à avoir le numéro de son portable personnel, il ne devait déranger Julian qu’en cas de force majeure. De toute évidence un nouveau scandale sexuel alors que le Sénateur envisageait de se présenter aux primaires du parti n’était pas du meilleur goût, l’Italie craignait désormais plus les frasques de ses dirigeants qu’un potentiel attentat à l’approche du dixième anniversaire du 11 septembre. Il avait géré la crise avec le sang-froid d’un avocat, bénissant ses deux années de travail en tant que membre du barreau de Rome. Il avait trouvé un compromis avec l’épouse hystérique qui cette fois ne comptait pas laisser passer cette infidélité avec l’ancienne baby-sitter de son fils, et oui le syndrome Jude Law touchait aussi l’Italie. Julian avait fait valoir qu’un scandale réduirait l’importance de la pension alimentaire si la carrière du Sénateur était entachée, alors que s’il était vainqueur aux primaires, elle pourrait vivre bien plus confortablement avec son fils, que seule si il perdait son siège de sénateur. Il l’avait calmé en lui faisant miroiter une pension alimentaire indécente alors que l’italien moyen peinait à maintenir son compte en créditeur. Il avait haït, une fois de plus, son employé, ce travail dans lequel il ne trouvait plus aucun épanouissement. Et il avait passé de longues minutes seul au bord de la piscine extérieure à tenter de retrouver son sang-froid. L’équilibre de sa relation avec Sara dépendait également de ce travail, de la stabilité de sa vie professionnel et familial alors que sa vie sentimentale pouvait à tout moment prendre fin. Elle avait besoin de croire que sa vie ne dépendait pas d’elle, qu’il pouvait se passer d’elle, qu’il était sans cœur, sans pitié, que le Julian qu’elle avait aimé n’existait que dans sa tête, que celui aux côtés duquel elle vivait dans un appartement en dessous des toits n’était pas ce Julian mais uniquement l’être qui s’était moqué d’elle et lui avait brisé le cœur pour le simple plaisir. Elle avait assez a gérer avec ses propres émotions pour lui imposer son propre tumulte. Il s’était attardé au bord de la piscine et elle avait paniqué. Pendant qu’il cherchait à la préserver il l’avait blessé sans en avoir l’intention. Il avait cru qu’elle dormirait encore un peu, qu’elle ne se réveillerait pas en une quinzaine de minutes. Il s’était absenté et il l’avait blessé. Elle était désespérée, prostrée contre le sol de marbre, incapable de bouger, ne réagissant pas à son appel tel un animal craintif replié sur lui-même. Il avait emporté avec lui chien et chat en dehors de la maison afin que les deux animaux ne réveillent pas la dormeuse, elle s’était retrouvée seule dans une maison qu’elle ne connaissait pas… sans lui. Il n’avait pas réalisé, et peut être était-ce là son erreur récurrente, qu’elle souffrirait à ce point de son absence. Il voyait encore en elle la Sara qu’il avait connu, refusant de la voir tel qu’il l’avait créé. Elle était désespérée, il avait vu les bandages sur ses bras, il s’était souvenu des cicatrices blanchâtres qu’il avait autrefois vu. Des cicatrices qu’on ne voyait sur sa peau qu’en la détaillant du bout des doigts comme seul peut le faire un amant. Il avait deviné l’état dans lequel son choix l’avait mis, il avait cerné la souffrance qui l’avait poussé à se mutiler afin d’atténuer la souffrance en la remplaçant par quelque chose de plus vivant, une douleur sourde qu’elle pouvait maitriser au rythme de son cœur qui propulsait le sang dans ses veines. Il s’était détesté de l’avoir imaginée avec lui, de ne pas avoir compris qu’il comptait peut être trop pour qu’elle partage sa douleur avec un autre qu’elle-même. Lorsqu’il l’avait déshabillé afin qu’elle ne souffre pas de la chaleur qui progressivement grimpait le long des murs il avait effleuré ses pieds meurtris par des coupures superficielles mais ô combien douloureuse pour lui-même. Il s’en était voulu, il avait haït son égoïsme qui l’avait emporté sur la raison lorsque Thalie lui avait proposé de lui prêter la maison. Et cet appel l’avait éloigné d’elle alors qu’il s’apprêtait à lui faire comprendre qu’il ne serait jamais partit sans elle, si la clé n’avait pas suffit à le lui confirmer. Cet appel, le Sénat. Le sénat l’éloignait d’elle une fois de plus. Elle était insécure, il avait du mal à inscrire cette donnée dans son tableau personnel, elle avait peur, peur d’un nouveau rejet, peur de voir s’écrouler le fragile équilibre qu’il avait réinstauré dans sa vie. Et tandis qu’elle lui avouait sa faiblesse il se rendait compte que jamais il ne serait amène de ne pas la décevoir, de ne pas la blesser, il l’avait trahit, meurtrie, souillée et désormais il faudrait constamment assumer ses anciens choix. Il la serra fortement contre son torse, oubliant ses bras et ses pieds meurtris, ses paroles de désespoir. Elle avait besoin d’être rassuré, elle avait aussi besoin de comprendre qu’il ne partirait pas, que s’il quittait son champ de vision cela ne signifiait pas qu’il allait fuir, qu’il ne reviendrait pas, qu’il l’abandonnait. Il fallait qu’elle apprenne à lui faire confiance, à ne pas redouter chacune de ses disparitions car il était désormais certain qu’il serait amené à disparaitre du paysage quelques heures, ne serait-ce que pour son travail, et il faudrait qu’elle apprenne à rester seule sans attenter à sa santé. Des progrès étaient encore à faire de ce côté-là puisqu’elle avait passé la nuit à se mutiler pour expier sa souffrance. Il se rappela ce que lui avait dit Thalie au sujet de la maison. Fort Knox version italienne. Il la souleva dans ses bras soudainement, cela ne représenta pas un réel effort, elle pesait à peine plus lourd que le chiot qu’elle trimbalait partout avec elle. Si ce brusque changement de position la gêna elle n’en dit mot, se laissant transporter d’une pièce à l’autre sans mot dire. Pelotonnée contre lui, respirant son odeur en cherchant à reprendre son souffle elle semblait aussi vulnérable qu’une enfant. Elle n’était plus la femme qu’il avait aimé autrefois, ce qui était étrange était probablement qu’il tenait à elle encore plus qu’un an auparavant. Il aurait tout donné pour assurer son bonheur avec un autre qui ne l’aurait pas fait souffrir. Tout. Mais il n’était pas capable de la laisser. Il ne connaissait pas encore particulièrement bien la maison pourtant il trouva la salle sans réellement se perdre, Thalie lui ayant expliqué qu’il devrait peut être avoir a surveillé les abords de la propriété de temps à autre, la maison attisant l’intérêt des curieux depuis que le panneau à vendre avait quitté le bord de la route. Le local n’était pas immense, cependant les différentes caméras qui surveillaient sous tous les angles la maison et ses alentours disposaient chacune d’un écran sur lequel, en dessous de l’image figurait le nom de la pièce qui apparaissait sur l’écran. On aurait pu aisément tourner une téléréalité dans la maison, pourtant les caméras étaient suffisamment discrète pour qu’on ne les remarque pas, la nouvelle technologie fournissant des dispositifs de vidéo surveillance de la taille d’une bille en verre que l’on fichait dans un mur, finit les imposantes caméras que l’on trouvait désormais uniquement dans les musées. Il la déposa sur la chaise qui faisait face à ce mur de petites télévisions. Hébétée elle contempla quelques instants ce mur sans comprendre.

« Si je m’éloigne de toi l’espace d’un instant, si je me réveille avant toi et que je disparais … Cela ne veux pas dire que je m’en irais pour toujours. Si tu te réveilles et que je ne suis pas là, je suis pourtant là, non loin. Je ne te laisserais pas. Je ne le veux pas. Tant que nous serrons ici, si jamais je m’éloigne, que tu as besoin de moi. Tu n’auras qu’a venir ici, et me chercher sur l’une des caméras, la maison et le jardin en sont équipés, le moindre m² est affiché sur ces écrans. Si tu as besoin de moi, tu me trouveras rapidement en me cherchant ici. Je ne te quitterais pas, je ne t’aurais pas amené ici pour t’abandonner deux heures après… Je ne serais jamais loin…. » Il était difficile de lui expliquer les choses tout en sachant qu’elle ne croirait pas un mot de ce qu’il dirait s’il se livrait trop à lui révéler ce qu’il éprouvait réellement, l’impossibilité de s’éloigner d’elle, de la quitter car elle lui était trop précieuse. Elle croirait que chaque je t’aime, chaque promesse serait un mensonge. Alors comment la rassurer quand elle remettait en cause chacune de ses paroles ? Il avait du mal à s’habituer à devoir taire tout ce qu’il ressentait, éprouvait, a étouffer sa passion comme sa colère, son malaise ou sa gêne pour être neutre, suffisamment détaché pour ne pas l’effrayer. Trop peu d’intérêt et elle penserait qu’il était bien le salop qu’elle imaginait, trop sentimentale et elle s’enfuirait flairant un piège qui n’existant pas. Il fallait trouver le juste milieu, le point d’équilibre dans leur relation. Ne rien promettre, ne rien projeter. Vivre l’instant présent jusqu’à ce qu’enfin elle réalise qu’il avait toujours été le même, qu’il avait fait une énorme erreur.


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JULIAN & SARA ☂ l'alcool noit la raison, pas les souvenirs

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